
La hausse des prix du pétrole s’accélère, ce qui représente une aubaine pour les pays producteurs, dont l’Algérie.
Le baril de Brent de la mer du Nord a grimpé de 7,5 % ce mercredi matin pour franchir la barre des 125 dollars, pulvérisant son record de 119 dollars atteint le 31 mars dernier, en pleine guerre américano-israélienne contre l’Iran.
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En séance, il a même dépassé les 126 dollars. C’est son plus haut niveau depuis le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne en février 2022.
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Cette nouvelle vague de flambée de l’or noir est liée à ce conflit. Les cours s’affolent après les menaces de la Maison Blanche d’un blocus prolongé du détroit d’Ormuz par lequel transite 20 % de la consommation mondiale de gaz et de pétrole. Un haut responsable américain a confié mercredi que les États-Unis envisageaient de « poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire ».
Les États-Unis retournent l’arme du détroit d’Ormuz contre l’Iran
« Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements », a assumé le président américain Donald Trump dans un entretien avec le site américain Axios.
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Après avoir bombardé l’Iran d’une façon intensive entre le 28 février et le 8 avril, les États-Unis ont décidé de sanctionner économiquement l’Iran, en bloquant le détroit d’Ormuz pour l’empêcher d’exporter son brut. L’armée américaine a intercepté 42 bateaux alors que 41 tankers iraniens sont immobilisés et ne peuvent transiter par le détroit.
Alors que le pétrole peinait à franchir les 70 dollars avant le début de la guerre contre l’Iran, ses cours ont rapidement bondi après les premières frappes américano-israéliennes sur ce pays.
Le 31 mars, le Brent a atteint son plus haut niveau en 2026 à 119 dollars, avant d’entamer une décrue jusqu’à toucher la barre des 90 dollars le 17 avril dernier.
Puis, il a repris le chemin de la hausse, porté par les menaces américaines d’imposer un blocus prolongé du détroit d’Ormuz et les négociations qui n’avancent pas, jusqu’à dépasser le seuil des 125 dollars ce mercredi matin.
Une aubaine pour l’Algérie
Cette flambée est une aubaine pour les pays producteurs, pour l’Algérie qui tire l’essentiel de ses sources en devises des hydrocarbures, tout en menant une vaste politique pour développer les exportations hors pétrole et gaz, avant l’objectif de réduire fortement la dépendance du pays aux hydrocarbures.
Lors de la hausse des cours de 2022 à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine, ses exportations de pétrole et de gaz ont fortement augmenté pour atteindre un niveau record de 9.871 milliards de dinars (65 milliards $), avant de baisser à 7.945 milliards de dinars en 2023 et à 6.605,8 milliards de dinars en 2024.
L’Algérie produit près d’un million de barils par jour, et exporte d’importantes quantités de gaz, notamment vers l’Europe du Sud.
Cette hausse des prix du pétrole devrait lui permettre de reconstituer ses réserves de change, et de poursuivre le financement des grands projets d’infrastructures de base, notamment les chemins de fer, ainsi que les investissements lancés pour l’exploitation des gisements de minerai de fer, de phosphate et de zinc.