
Elle était footballeuse et rêvait d’un avenir meilleur. Mais elle meurt à 20 ans dans les eaux chaudes de la Méditerranée en cet été 2026. Faten Ben Amar El-Azizi fait partie des dizaines de harraga marocains décédés lors de la tentative d’évasion collective vers Ceuta, mercredi 29 juillet. La détresse et la mal-vie de la jeunesse marocaine ont désormais un visage.
La nouvelle du décès de la footballeuse circulait depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux et a été confirmée dimanche 2 août par son club, le Moghreb Athletico de Tétouan.
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Le rêve « brisé » de Faten Ben Amar El-Azizi
“Son rêve s’est brisé avant même d’avoir commencé”, a écrit le club à propos de sa joueuse qui “ne recherchait ni la gloire ni l’aventure”, juste “une vie meilleure de l’autre côté de la frontière”.
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Le club a en outre déploré “le prix élevé” payé par les jeunes qui tentent de rejoindre l’Europe et qui voient leurs rêves se transformer en “cauchemars” et leur joie en “larmes”.
Faten est morte en tentant de rejoindre l’enclave espagnole à la nage. Elle n’est pas la seule à échouer à atteindre le rivage. Les autorités espagnoles ont recensé 72 décès, tandis que les autorités marocaines ne livrent aucun bilan.
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Comme le laisse entendre la teneur du communiqué du club de Tétouan, il ne s’agit pas du drame d’une seule sportive à la fleur de l’âge mais de toute une jeunesse qui se jette dans la mer de désespoir.
“Pourquoi ont-ils ouvert la porte de Ceuta pour que nos enfants se fassent tuer ?”, s’est écriée la mère de la défunte, insinuant que ce qui s’est passé n’est pas innocent.
Situation sociale au Maroc : le symptôme de trop
Beaucoup d’observateurs étrangers accusent les autorités marocaines d’avoir orchestré cet assaut sur l’enclave espagnole, du moins d’avoir laissé faire, pour faire pression sur le gouvernement espagnol. Si beaucoup d’éléments accréditent cette thèse, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit avant tout de l’expression du ras-le-bol de la jeunesse marocaine d’une situation sociale intenable.
Dans les images de l’assaut partagées sur les réseaux sociaux, on a vu beaucoup de femmes, des familles entières, des enfants. Mais sans doute que personne ne pouvait soupçonner qu’une jeune footballeuse de 20 ans faisait partie de ces contingents de désespérés.
La mort de Faten Ben Amar est le symptôme de trop qui dévoile la profonde déchéance sociale de l’écrasante majorité des Marocains.
Même ceux qui, en apparence, ont des raisons d’entrevoir un meilleur avenir, tentent de quitter le royaume au péril de leur vie.
L’assaut sur Ceuta s’est produit quelques heures après un discours du roi Mohamed VI qui a présenté un bilan élogieux de ses 27 ans sur le trône. Les grappes humaines qui ont afflué sur l’enclave espagnole constituent un démenti retentissant à l’auto-glorification royale. La nouvelle de la présence d’une footballeuse parmi les victimes est un coup supplémentaire à l’image de la monarchie.