
Jusqu’où ira le courant xénophobe en France dans le harcèlement des musulmans de ce pays ? Un député du Rassemblement national (RN) a utilisé l’intelligence artificielle pour “retirer” le voile d’une femme musulmane.
Cet énième dérapage a suscité une vive indignation. La député écologiste Sabrina Sebaihi a saisi la justice.
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Un député RN transforme l’image d’une femme voilée avec l’IA
Dans un signalement à la procureure de la République près le tribunal de Paris, la parlementaire d’origine algérienne a signalé des faits susceptibles de constituer une qualification pénale.
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Julien Odoul, député et porte-parole du parti de Marine Le Pen, a pris une photo d’une femme voilée sur internet et l’a retouchée avec l’IA. Il a publié la parodie sur son compte X et l’a accompagné de l’expression : “Liberté française.”
« Sur l’image ainsi générée, la même jeune femme apparaît transformée : son voile a été supprimé, ses cheveux ont été artificiellement dévoilés et sa longue tenue a été remplacée en débardeur blanc et un pantalon », décrit Mme Sebaihi pour qui “la liberté ne consiste pas à désigner des femmes en raison de leur religion” mais “à garantir à chacune et chacun les mêmes droits.”
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La députée des Hauts-de-Seine explique dans son signalement que la transformation porte précisément sur les vêtements et le signe religieux portés par la femme, “afin de proposer publiquement une représentation artificielle de ce que serait, selon l’auteur de la publication, une femme correspondant à la liberté française”.
Sabrina Sebaihi fait un signalement à la justice
Elle souligne en outre le contexte politique de cette publication marquée d’une campagne publique visant à interdire et sanctionner le port du voile dans l’espace public en France.
Le RN a en effet exprimé son intention de sanctionner le port du foulard islamique dans l’espace public s’il accède au pouvoir.
Au regard de ce contexte, Sabrina Sebaihi estime qu’il appartient au parquet d’apprécier si cette publication est susceptible de “caractériser une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence” au sens de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, ainsi que si les faits sont “susceptibles de recevoir toute autre qualification pénale ou civile, notamment au regard de l’utilisation et de la transformation algorithmique de l’image d’une personne réelle” sans son consentement.
LIBERTÉ FRANÇAISE ! https://t.co/M1qJmqQ8Yq pic.twitter.com/yh7OFG8Lpr
— Julien ODOUL (@JulienOdoul) September 5, 2026