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Maroc, Israël, Émirats : les nouveaux contours de l’axe du mal

Amar Belani décrypte les contours de l’axe du mal formé par le trio Maroc, les Émirats et Israël, qui est dirigé notamment contre l’Algérie.

Maroc, Israël, Émirats : les nouveaux contours de l’axe du mal
Maroc – Israël – Émirats est un axe du mal dirigé contre l’Algérie / Source image : DR pour TSA
Amar Belani
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Six ans après leur lancement, les Accords d’Abraham servent désormais d’accélérateur à la normalisation totale entre Israël et plusieurs États arabes. La célébration organisée à New York pour le sixième anniversaire de ces accords en a fourni une démonstration particulièrement claire.

En effet, la cérémonie commémorative organisée à New York le 15 septembre 2026, réunissant des représentants d’Israël, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc, du Kazakhstan et des États-Unis, a mis en évidence la transformation progressive de ces accords en un réseau structuré de convergences diplomatiques, économiques et sécuritaires.

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Accords d’Abraham : le Maroc et Israël franchissent une nouvelle étape

Dès le lendemain de cette cérémonie, Rabat et Tel-Aviv ont franchi une étape supplémentaire dans le renforcement de leurs relations bilatérales. Les deux parties ont annoncé la transformation de leurs représentations diplomatiques en ambassades, l’échange d’ambassadeurs, la reprise des liaisons aériennes directes ainsi que le renforcement de leurs relations économiques.

Des accords relatifs à la protection des investissements et à l’élimination de la double imposition doivent, par ailleurs, être finalisés avant la fin de l’année 2026.

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Cette accélération intervient pourtant dans un contexte tragique, marqué par la poursuite du génocide à Gaza et l’exacerbation des violences contre les civils innocents palestiniens en Cisjordanie.

Elle confère à la position marocaine une dimension particulière, dans la mesure où Mohammed VI préside le Comité Al-Qods et revendique un rôle (fictif) dans la défense de Jérusalem. Le contraste entre les déclarations de solidarité envers les Palestiniens et l’institutionnalisation croissante des relations avec Israël constitue ainsi l’un des traits distinctifs de la diplomatie marocaine contemporaine. La normalisation ne connaît pas de recul sous l’effet de la guerre, mais se poursuit au contraire de manière continue et accélérée.

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Il convient de souligner que la coopération maroco-israélienne ne se limite plus au registre strictement diplomatique. Elle englobe désormais les domaines de la défense, des drones, du renseignement et des technologies militaires.

L’Algérie ciblée par le partenariat stratégique Maroc – Israël

Cette évolution témoigne d’un partenariat stratégique dont la dimension sécuritaire s’inscrit directement dans les dynamiques d’équilibre de puissance au Maghreb, où l’Algérie n’est jamais loin des visées hostiles.

Le marchandage avec l’Administration Trump pour arracher la reconnaissance de la prétendue marocanité du territoire occupé du Sahara occidental et les coups de poignard dans le dos du peuple palestinien constituent les deux hauts faits d’armes de la diplomatie marocaine et de celui qui donne les « hautes orientations ».

L’autre complice dans la trahison de la cause palestinienne sont les Émirats arabes unis, qui avaient décidé, bien avant les Accords d’Abraham, par choix stratégique, de se placer sous la protection d’Israël pour faire face aux menaces de l’Iran. Les officiels émiratis l’affirmaient déjà, eux pour qui la question palestinienne n’a jamais figuré parmi les priorités existentielles.

D’un autre côté, Abu Dhabi soutient le Maroc en le finançant, en l’armant et en consolidant le triangle Rabat-Abu Dhabi-Tel-Aviv, dans ce qui s’apparente à un pacte militaire tripartite, encore non formalisé, qui vise la sécurité, la stabilité et l’intégrité de l’Algérie.

L’axe du mal

Cette dynamique des Accords d’Abraham dépasse donc largement le cadre du Moyen-Orient pour s’étendre à l’Afrique du Nord et au Sahel. Dans ces régions, les trois acteurs de l’axe du mal cherchent à renforcer leur influence respective, au prix de la déstabilisation des pays de la région.

La rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie, d’une part, le Maroc et les Émirats d’autre part, procède d’une posture d’ajustement anticipé et réfléchi à une recomposition régionale dont les visées hostiles à l’égard de notre pays ne sont plus à démontrer.

L’Afrique du Nord et le Sahel deviennent un nouvel espace de confrontation des influences. S’y combinent l’expansionnisme territorial marocain, la projection économique et sécuritaire émiratie et l’implantation israélienne dans les domaines des armes sophistiquées, du renseignement et de l’intelligence artificielle.

Cette convergence ne se limite plus à des coopérations bilatérales dispersées. Elle tend à créer des interdépendances entre les trois acteurs, dans les secteurs de la défense, des investissements, des technologies et de la sécurité.

Le Maroc cherche ainsi à consolider son influence régionale, les Émirats à étendre leur présence toxique économique et sécuritaire, tandis qu’Israël renforce ses partenariats technologiques et militaires pour construire un réseau d’influence et gagner des relais diplomatiques susceptibles de le sortir de l’isolement.

Le Maghreb et le Sahel deviennent dès lors le théâtre d’une compétition d’influences où ces convergences structurées pourraient modifier progressivement les équilibres régionaux.

*Ancien Ambassadeur algérien

Lien permanent : https://tsadz.co/gecf4

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