
À Ceuta, Felipe VI n’a laissé aucune place à l’ambiguïté. Devant quelque 300 habitants, le roi d’Espagne a rappelé que la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla n’était pas négociable. Il a toutefois réaffirmé sa volonté de maintenir de bonnes relations de voisinage avec le Maroc.
Le souverain a également demandé le retour rapide des personnes entrées illégalement sur le territoire espagnol à la fin du mois de juillet, tout en insistant sur la nécessité de les traiter avec dignité.
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À Ceuta, le roi d’Espagne Felipe VI rappelle la règle
Le quotidien El Español considère cette intervention comme l’une des prises de parole politiques les plus marquantes du roi depuis son discours sur la Catalogne, en 2017.
Felipe VI a clairement lié la qualité des relations avec Rabat au respect de la souveraineté espagnole.
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Le ton était déjà donné le 29 septembre, lors d’une rencontre avec le président français Emmanuel Macron. Felipe VI avait alors évoqué une « intrusion massive » et rappelé que la frontière espagnole était aussi une frontière européenne.
À Rabat, la réaction officielle se fait toujours attendre. Aucun communiqué, aucun rappel d’ambassadeur. Le contraste avec 2007, lorsque la visite du roi à Ceuta et Melilla avait provoqué une crise diplomatique, est notable.
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Les autorités marocaines bottent en touche et appellent confidentiellement à une mobilisation populaire à Fnideq, face à Ceuta.
Visite de Felipe VI à Ceuta : pourquoi Rabat garde le silence
Du côté des autorités, le geste le plus visible reste le boycott de la réception organisée lundi à Rabat pour la fête nationale espagnole par plusieurs hauts responsables marocains.
Cette retenue diplomatique risque toutefois de devenir plus difficile à maintenir. Réaffirmer le caractère non négociable de la souveraineté espagnole n’a rien de nouveau. Le faire à Ceuta, en tant que chef de l’État, devant les caméras et à quelques kilomètres de la frontière marocaine, donne au message une portée politique particulière.
Pour l’instant, Rabat préfère déplacer le débat vers la question migratoire plutôt que d’ouvrir une confrontation directe sur la question de la souveraineté.
Ce choix répond aussi à un calcul politique. À l’approche des prochaines échéances électorales en Espagne, le gouvernement marocain n’a aucun intérêt à alimenter une polémique susceptible de renforcer le Parti populaire et Vox, deux formations susceptibles de tirer profit d’un durcissement du discours sur Ceuta et Melilla.
Rabat espère toujours le maintien au pouvoir de Pedro Sánchez et de son camp, une hypothèse de moins en moins probable, mais qu’il considère plus favorable à ses intérêts.
À signaler que parmi les images fortes de la visite, il y a celle du couple royal Felipe VI et Letizia Audi qui se sont recueillis devant les tombes de migrants morts les 30 et 31 juillet en tentant de gagner Ceuta.
Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero a tweeté que les souverains espagnols « ont fait ce que les plus hautes autorités marocaines n’ont pas fait, à commencer par le roi Mohammed VI. Elle n’ont pas présenté leurs condoléances aux familles marocaines et elles empêchent également que les jeunes noyés soient enterrés sur leur terre natale »