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Accord Algérie-UE : ce qu’Alger doit exiger selon un ex-ministre du Commerce

Mustapha Benbada, ancien ministre du Commerce, explique comment l’Algérie doit renégocier l’accord d’association avec l’UE

Accord Algérie-UE : ce qu’Alger doit exiger selon un ex-ministre du Commerce
Algérie Union Européenne. Par Fly Of Swallow. AdobeStock
Lynda Hanna
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L’Algérie veut la révision de l’accord d’association qui la lie à l’Union européenne. Un ancien ministre du Commerce explique que les négociateurs algériens doivent obtenir.

Les négociations devraient axer sur les failles contenues dans l’accord signé en 2002 et entré en vigueur en 2005 et qui le rendent très défavorable à l’Algérie.

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Les négociateurs algériens devront se montrer intransigeants sur certains points particulièrement, préconise l’ancien ministre du Commerce, Mustapha Benbada (mai 2010 – mai 2014).

Les Algériens se sont rendus compte du caractère déséquilibré des clauses du texte dès son entrée en vigueur, indique l’ancien ministre du Commerce dans des déclarations au quotidien arabophone Echorouk.

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Les failles sont dues au fait que l’Algérie, qui voulait à l’époque sortir de son isolement politique, n’avait pas accordé un grand intérêt aux aspects économiques ainsi qu’au manque d’expérience des négociateurs algériens, contrairement à leurs vis-à-vis européens qui avaient négocié plusieurs accords similaires avec d’autre pays, explique-t-il.

De plus, l’UE s’est élargie à dix nouveaux membres par rapport à 2002, ce qui fait que l’Algérie a dû ouvrir son marché à un plus grand nombre de pays. 

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Benbada assure qu’il a signalé dès 2011 que le tissu économique algérien n’était pas en mesure de faire face à la concurrence des entreprises européennes avec le démantèlement tarifaire total prévu l’année suivante. A la demande de l’Algérie, le démantèlement a été repoussé à 2017.

L’Algérie a beaucoup perdu à cause du déséquilibre de cet accord, déplore l’ancien ministre du Commerce qui souligne que même les clauses protectionnistes prévues dans l’accord ont été soumises à des entraves.

La Commission européenne a en effet protesté publiquement et engagé en juin 2024 une procédure d’arbitrage contre l’Algérie qui a pris des mesures concernant la rationalisation des importations. 

Révision de l’accord d’association avec l’UE : ce qui attend les négociateurs algériens

En plus du déséquilibre dans les échanges hors hydrocarbures, l’UE n’a pas respecté ses engagements en matière d’investissement et d’accompagnement des entreprises algériennes.

Par-dessus tout, signale encore l’ancien ministre du Commerce, l’UE utilise les barrières normatives pour entraver l’entrée de marchandises étrangères.

Dans le cas de l’Algérie, il cite l’exemple de la pâte à tartiner El Mordjene. L’Europe perçoit l’Algérie, qui aspire à devenir un pays émergent, comme une source de menace pour ses marchandises, estime-t-il.

Forts de l’expérience passée et de la nouvelle position de force de l’Algérie, les négociateurs algériens devront insister lors des futures négociations avec l’UE sur le rééquilibrage du système des quotas, en valeur ou en volume, et sur la révision des dispositions protectionnistes et normatives, préconise Mustapha Benbada. Il est aussi temps pour l’Algérie de revoir son arsenal normatif et l’imposer à l’Europe, ajoute-t-il. 

L’autre demande de l’Algérie devra être de disposer d’une échéance plus longue pour le démantèlement tarifaire total afin de permettre à ses entreprises d’être plus compétitives.  

Pour l’ancien ministre du Commerce, le succès des futures négociations reposera sur la compétence des négociateurs algériens, même s’il souligne que la France pourrait être tentée d’entraver l’Algérie. Cela dit, l’Algérie tient aussi dans l’énergie une carte importante dans ses négociations avec l’UE.

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