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Accord d’association avec l’UE : « L’Algérie ne peut pas faire machine arrière »

Dans cet entretien, le président de l’Anexal Ali Bey Nasri revient sur l’accord d’association avec l’UE, en estimant que « l’Algérie ne peut faire machine arrière ».

Accord d’association avec l’UE : « L’Algérie ne peut pas faire machine arrière »
Chabi Ouardia
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Peut-on dire que le bilan de l’accord d’association avec l’Union européenne a été négatif pour l’Algérie ?

Ali Bey Nasri, président de l’association Nationale des exportateurs algériens (Anexal) : Il est vrai que l’accord d’association nous coûte en matière de pertes fiscales. Ça tourne autour de 2 milliards de dollars, selon les estimations. Mais pour l’UE, c’est des gains, c’est l’inverse de ce qui se passe chez nous. Quand ils nous achètent nos hydrocarbures, c’est pour eux une matière première qui sera valorisée en produisant par exemple du kérosène qu’ils nous vendent. Aussi, c’est une source très importante de fiscalité, compte tenu du fait que les carburants font l’objet d’une taxe spécifique importante.

Pour le bilan global, on ne peut pas dire qu’il a été négatif. Quand on analyse en hors hydrocarbures, c’est vrai qu’on est déficitaires. Mais pour les Européens, le pétrole ou le gaz sont des produits comme les autres. En incluant donc les hydrocarbures, on a toujours eu une balance excédentaire jusqu’en 2014. À partir de 2015, elle a commencé à être en déficit à cause de la chute des prix du pétrole. Et c’est à partir de cette année-là qu’on a commencé à prendre des mesures de défense commerciale conformément à l’article 40 de l’accord d’association.

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Quand on parle du bilan global, il ne faut pas oublier que c’est un accord d’abord éminemment politique et englobe toutes les dimensions : économique, commerciale, sécuritaire, sociale, culturelle, droits de l’Homme…

Ce que l’Algérie peut se reprocher, c’est de n’avoir pas su construire les conditions d’attractivité pour attirer les investissements, parce qu’il y a un volet important sur cet aspect-là. Pis, on a parfois tout fait pour les repousser à travers par exemple la règle 51/49.

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La zone de libre-échange devrait en principe entrer en vigueur le 1er septembre prochain. L’Algérie peut-elle encore faire machine arrière ?

Pour la zone de libre-échange, on y était déjà. L’accord de démantèlement a commencé le 1er septembre 2005 et devait aller crescendo pour que les barrières soient éliminées en 2017. On a demandé en 2010 un réaménagement qui a été effectif en 2012. Le démantèlement dans le sens des importations de l’Europe, c’est 10 % par an sur dix ans. En 2018, on était à 98 % de démantèlement.

Et pour l’accord d’association ?

Il est clair que l’Algérie ne peut pas faire machine arrière. Parce que d’abord, l’Union européenne est le premier partenaire de l’Algérie, ensuite, il s’agit d’un accord global qui est éminemment important pour l’Algérie puisqu’il aborde les questions politiques, sécuritaires, économiques… Se retirer, c’est-à-dire actionner l’article 107 de l’accord qui stipule que pour se retirer on donne six mois, je pense que ce n’est même pas envisageable pour l’Algérie, ni pour l’UE. Je pense que la sagesse va prévaloir. Dans l’accord, il y a l’article 40 qui permet à l’Algérie d’appliquer des mesures de défense commerciale quand sa balance de paiement est déficitaire. L’UE doit prendre en considération l’article précité, s’agissant de mesures de sauvegarde de la production nationale.

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Que faut-il donc faire ?

Maintenant il faut chercher comment tirer parti de ce partenariat. L’accord d’association parle de zone de prospérité, c’est son objectif ultime. Il faut donc dépasser l’aspect purement commercial. Je pense que le plus important maintenant c’est de se tourner vers l’avenir en œuvrant pour l’intégration de l’Algérie dans la chaîne de valeurs européenne et de lui permettre de bénéficier du transfert de technologie et d’investissements.

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