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Aérien, tourisme, carburants : le Maroc compte ses pertes

Le Maroc fait partie des pays les plus durement touchés économiquement par les conséquences de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. Des secteurs clés commencent à souffrir

Aérien, tourisme, carburants : le Maroc compte ses pertes
Le Maroc subit de plein fouet l'impact de la guerre en Iran. | Par BirgitKorber / Adobe Stock
Ali Idir
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Le Maroc subit de plein fouet l’impact de la guerre au Moyen-Orient. Fortement dépendant des importations d’hydrocarbures, le royaume est confronté à une hausse des prix des carburants, avec des craintes que l’inflation atteigne les autres produits, notamment alimentaires.

Les premières conséquences sont visibles sur le secteur du transport aérien et l’activité touristique. L’agriculture aussi n’est pas à l’abri, les observateurs prévoyant une pénurie et une flambée des engrais.

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En 2022, le Maroc fut l’un des pays les plus touchés par les retombées économiques de la guerre en Ukraine, qui a fait suite à une crise sanitaire particulièrement contraignante pour le royaume. L’inflation avait dépassé 10%, portée particulièrement par la hausse des prix des carburants et des produits alimentaires.

Bien que géographiquement éloigné du Moyen-Orient, le royaume de Mohammed VI subit directement les premiers impacts de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février dernier.

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Forte hausse des prix des carburants

La fermeture du détroit d’Ormuz a fait flamber les prix du pétrole et du gaz. L’impact sur le Maroc est instantané. Le 16 mars, une hausse de 2 dirhams a été appliquée sur les prix des carburants à la pompe. Le litre de gasoil a atteint 12,80 dirham (1,18 euros) et celui d’essence 13,93 dirham (1,28).

L’approvisionnement en carburants au Maroc est très précaire. Avant même la guerre en Iran, la filière a subi d’importantes perturbations à cause des inondations de début février. La direction de l’aviation civile avait demandé aux compagnies aériennes opérant vers le Maroc de faire le plein de carburant avant de décoller à destination des aéroports marocains, afin de ne pas solliciter les réserves locales de kérosène.

Le stock de produits pétroliers du pays était de 617 000 tonnes au 5 février, soit 20 jours de consommation alors que la consommation annuelle tourne autour de 12 millions de tonnes.

La Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC) est montée au créneau, dénonçant des augmentations qui se répercutent directement sur le budget des consommateurs.

Au-delà du coût de l’essence et du gasoil à la pompe, l’impact de la hausse se fait sentir sur l’ensemble des prix des biens et services, notamment le transport et les produits de première nécessité, ce qui pourrait accentuer davantage la pression sur les ménages, a dénoncé l’organisation.

L’augmentation simultanée des prix, effective depuis le 16 mars à minuit à travers tout le royaume, “pourrait s’apparenter à une pratique concertée entre opérateurs”, a-t-elle encore accusé. 

Le tourisme, secteur clé de l’économie marocaine, ébranlé

L’autre impact direct est sur le transport aérien et le tourisme. La Royal Air Maroc (RAM) a annoncé l’annulation de l’ensemble de ses vols à destination et au départ de Doha et Dubaï jusqu’au 31 mars. 

Dans le même temps, la plateforme spécialisée Destinia a constaté une baisse de la demande pour les destinations phares dont le Maroc, la Turquie, la Jordanie, les Émirats arabes unis, la Tunisie et Chypre.

En France, les réservations vers le Maroc ont reculé de 15,1 % du 1er au 10 mars.

Le tourisme représente 7,3 % du PIB (chiffre de 2024), avec une valeur de  116,2 milliards de dirhams (10,72 milliards d’euros). En 2025, le royaume a enregistré une affluence record de plus de 19 millions de touristes. 

L’agriculture, qui représente une part encore plus importante du PIB (jusqu’à 14% et 39% de l’emploi total) n’est pas à l’abri. Le Maroc est un producteur et exportateur d’engrais phosphatés, mais il dépend du soufre du Golfe pour son industrie de fertilisants. En somme, le royaume est face à un cocktail explosif pour sa stabilité sociale. 

 

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