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Aïd-el-Adha : pourquoi le mouton local coûte toujours aussi cher en Algérie

En Algérie, le mouton local coûte toujours cher. Pour freiner la spéculation, le gouvernement a décidé d’importer un million de moutons pour l’Aïd-el-Adha 2026.

Aïd-el-Adha : pourquoi le mouton local coûte toujours aussi cher en Algérie
Le mouton importé est plafonné à 50.000 DA en Algérie / Par Dmitrii Pichugin | Dreamstime.com pour TSA
Djamel Belaid
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Cette année encore, le mouton de l’Aïd pourrait être chèrement payé par le consommateur en Algérie. Le recours à l’importation pourrait cependant faire obstacle à la spéculation. Le consommateur est-il voué à se sacrifier pour arriver à acquérir un mouton pour l’Aïd ?

Le 7 avril dernier au niveau du marché aux bestiaux de Bougtob, un mouton de 7 mois était proposé à la vente à 8,5 millions de centimes (85.000 dinars).

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Un montant exagéré pour les ménages à revenu modeste, et cela malgré la revalorisation du salaire national minimum garanti en janvier 2026, dont le montant a été porté de 20.000 DA à 24.000 DA.

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Le mouton importé plafonné à 50.000 DA

Face à cette spirale des prix, à partir de 2025, les pouvoirs publics ont pris la décision de procéder à l’importation d’un million de moutons. Pour 2026, le prix du mouton importé ne devra pas dépasser 50.000 DA. Pour arriver à ce prix, le gouvernement a décidé de détaxer les moutons importés afin de permettre à un plus grand nombre d’Algériens d’effectuer le rituel du sacrifice de l’Aïd.

Ces dernières années, les moutons importés proviennent de différentes origines : pays du Sahel (sous forme de troc), Roumanie, Espagne, Uruguay, Mauritanie ou Kenya.

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Des importations réalisées tant pour l’Aïd-el-Adha que tout au long de l’année. Parmi ces origines, les consommateurs ont leur préférence. C’est le cas des moutons espagnols particulièrement prisés selon un observateur local. Cette préférence pourrait s’expliquer par la pratique d’un élevage sur des pâturages à la flore méditerranéenne d’Espagne proche de celle de l’Algérie.

Des éleveurs pour « fêtes religieuses »

L’élevage du mouton pour l’Aïd reste particulièrement rémunérateur en Algérie. La typologie dressée par des universitaires révèle l’existence d’éleveurs spécialisés en « fêtes religieuses ».

En 2025, l’annonce d’importations a entraîné une brusque chute des prix. Le 30 décembre 2025, lors de son intervention devant le Parlement, le président de la République a fait remarquer qu’à la suite de cette décision « les prix ont baissé de dix millions ».

« Ce n’est pas de la spéculation ça ? », s’était alors interrogé le président Abdelmadjid Tebboune.

Politique de l’offre et de la demande

La demande dépasse l’offre, ce qui encourage la spirale des prix. En conditions irriguées, ces dernières années, la production de maïs ensilage conditionné en balles rondes enrubannées a constitué une véritable révolution technique.

Cependant, en matière de fourrages en sec, les pratiques restent anciennes : un élevage de cueillette. Sur les jachères pâturées ou sur les parcours steppiques, l’éleveur se satisfait de la seule pousse naturelle de la végétation.

À cela, s’ajoute la difficulté de recruter des bergers. Récemment, un éleveur déclarait sur un marché hebdomadaire : « Nos enfants ne vont pas à l’école pour garder les moutons ».

Il faut également compter avec la réduction des parcours steppiques. À la désertification causée par un surpâturage endémique vient s’ajouter la transformation d’une partie de ces parcours en vergers depuis le développement de la pratique du rootage.

Un passage double d’un bulldozer muni d’une dent profonde permet de briser la dalle calcaire du sol. L’utilisation de géomembranes a révolutionné la construction de réservoirs d’eau, dont certains présentent une surface semblable à un terrain de football, voire plus.

Ces aménagements permettent la plantation d’oliveraies et de vergers assurant des revenus bien plus rémunérateurs que ceux tirés de l’élevage du mouton.

Dans ces conditions, l’importation devient la variable d’ajustement et différents pays s’intéressent au marché algérien. La Mauritanie présente l’avantage de posséder un cheptel ovin estimé à 21 millions de têtes pour une population n’excédant pas 5 millions d’habitants.

Quant au Kenya, ses vastes plaines aux hautes herbes s’avèrent un atout en période de sécheresse. En période de sécheresse, les éleveurs en quête de pâturages envahissent réserves naturelles et ranchs privés aux dépens de l’activité touristique.

Les importations et le développement des ressources fourragères locales pourraient assurer une meilleure offre. Une équation qui amène en économie à se poser la question de « l’élasticité de la demande ».

À l’heure de la famille urbaine, serait-il envisageable de revenir à la tradition d’antan : le sacrifice d’un mouton au niveau de la seule famille élargie à la place de la famille « nucléaire » établie en milieu urbain ?

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