Politique

Bensalah accueille favorablement la proposition du Forum civil pour le changement

Le chef de l’État par intérim Abdelkader Bensalah a accueilli favorablement l’initiative du Forum civil pour le changement qui a proposé mercredi un panel de treize personnalités pour une médiation dans le cadre du dialogue national, indique un communiqué de la présidence rendu public ce jeudi 19 juillet. « Le chef de l’État, M. Abdelkader Bensalah assure que le contenu de la proposition faite par Forum civil pour le changement constitue un pas positif allant dans le sens de la concrétisation de la démarche proposée par l’État », indique le communiqué repris par la télévision publique.

Le chef de l’État a également annoncé le début des consultations en vue de constituer un panel de personnalités nationales auxquelles sera assignée la mission de mener le processus du dialogue national, précisant que la composante finale du panel sera dévoilée incessamment.

Le Forum civil pour le changement, une des dynamiques qui ont participé à la conférence de la société civile en juin, a proposé, mercredi 17 juillet, treize personnalités nationales pour figurer dans l’instance de médiation qui dirigera le processus du dialogue. Le panel est composé de treize personnalités nationales sans attache partisane, parmi lesquelles les deux anciens chefs de gouvernement Mouloud Hamrouche et Mokdad Sifi, l’ancien président de l’APN Karim Younès et l’ancien ministre et candidat à l’élection présidentielle de 1999 Ahmed Taleb Ibrahimi.

Figurent également la moudjahida Djamila Bouhired, la constitutionnaliste Fatiha Benabou, le sociologue Nacer Djabi, l’avocat Mustapha Bouchachi ainsi que plusieurs intellectuels et acteurs de la société civile que sont Islam Benattia, Lyes Merabet, Nafissa Lahrèche, Smaaïl Lalmas et Aïcha Zenaï.

Petit coup de théâtre dans l’après-midi, Djamila Bouhired a nié avoir été contactée, encore moins avoir donné son accord. « Alors que des patriotes sont jetés en prison pour délit d’opinion, dont un officier de l’ALN, le frère Lakhdar Bouregaa, il ne peut y avoir de dialogue avec ceux qui nous menacent et nous accusent de trahison. Je réaffirme ma solidarité avec le peuple en lutte pour son émancipation citoyenne, dans la liberté, la dignité et la démocratie », a indiqué la célèbre moudjahida.

Ce jeudi, le forum a tenu à tirer les choses au clair pour éteindre le début de polémique, précisant dans un communiqué que Djamila Bouhired, Mouloud Hamrouche et Ahmed Taleb Ibrahimi n’ont pas été dûment contactés pour faire partie de l’instance de médiation et que « leurs noms ont été directement inclus dans la liste pour la symbolique qu’ils représentent, leur popularité, leur passé militant et leur poids politique ».

Mouloud Hamrouche et Ahmed Taleb n’ont pas encore réagi, mais d’autres personnalités ont fait part de leur disponibilité à jouer un rôle si certains préalables sont satisfaits, à l’image de Karim Younès, Mustapha Bouchachi et Nacer Djabi. Les initiateurs de la proposition avaient fixé un certain nombre de critères, parmi lesquels avoir un prolongement dans le Hirak, être accepté par la population et le pouvoir, ne pas être impliqué dans les affaires de corruption, ne pas être lié au régime de Bouteflika et n’avoir aucune ambition politique. Beaucoup avaient estimé, au vu de la composante du panel qui en est sorti, qu’il sera difficile au pouvoir d’ignorer cette main tendue et à la classe politique de trouver à redire.

On notera que c’est la première fois que le pouvoir accueille favorablement, sans équivoques, une proposition de sortie de crise émanant de la société civile. Une lueur d’espoir pour un déblocage de la situation ? Beaucoup veulent bien y croire, même si cette célérité avec laquelle le pouvoir a réagi est de nature à renforcer les doutes émis par certains acteurs de l’opposition sur la paternité, donc les objectifs, de l’initiative.

Des conjectures que le pouvoir peut facilement dissiper en mettant en œuvre dès maintenant les mesures d’apaisement unanimement réclamées, dont l’élargissement des détenus du hirak, l’arrêt du harcèlement des manifestants et la libération des champs médiatique et politique. Ne pas le faire, c’est condamner inévitablement la nouvelle initiative à l’échec et le pays à continuer à tourner en rond.

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