Politique

Alger : des avocats tiennent un rassemblement en soutien à Me Arslane

À l’appel de l’Union nationale des ordres des avocats (UNOA), des robes noires ont tenu des rassemblements ce lundi 7 juin en soutien avec leur confrère, Me Abderraouf Arslane, en détention préventive à Tébessa.

À Alger, les avocats ont tenu leur rassemblement devant le siège de la Cour d’Alger au Ruisseau. Ils ont réclamé la libération immédiate de leur confrère dont l’emprisonnement, estiment-ils, « n’a aucune justification dès lors qu’il présente toutes les garanties pour se présenter devant la justice ».

« Notre confrère n’a commis aucun crime »

Les avocats du barreau d’Alger ont dénoncé la « violation du secret de l’instruction après les propos tenus par le procureur général adjoint près le tribunal de Tébessa ». Les protestataires ont également appelé au « respect du code des procédures pénales notamment l’article 123 qui dispose que la détention provisoire est une exception si les engagements du contrôle judiciaire ne sont pas suffisants ». À cette occasion, les robes noires menacent d’entamer des rassemblements quotidiens devant les différentes juridictions du pays, dans l’éventualité où leurs demandes ne sont pas satisfaites.

« Me Arslane est poursuivi pour ses positions politiques et pour ses opinions », a indiqué Me Saïd Zahi, du barreau d’Alger, précisant que son confrère « n’a commis aucun crime ». « Son dossier est vide », a poursuivi Me Zahi qui a dénoncé la violation de la présomption d’innocence dans le cas de Me Arslane.

Me Badi dénonce des attaques contre la profession d’avocat

Pour Me Abdelghani Badi, ce rassemblement de soutien et de solidarité avec Me Arslane est aussi une action de dénonciation des attaques contre la profession d’avocat. « Nous sommes en colère contre la poursuite dont a fait l’objet mon confrère Me Arslane. Après avoir pris connaissance du dossier, nous n’avons rien trouvé qui puisse justifier une poursuite », a abondé Me Mostefa Bouchachi.

Il a ajouté que durant la guerre de libération nationale jamais un avocat français qui plaidait la cause des résistants algériens n’avait fait l’objet de poursuites. « En 2020, le système politique veut semer la terreur chez les Algériens avec des poursuites contre des journalistes, des activistes. Il restreint l’activisme de la classe politique et des associations. Aujourd’hui, il veut passer une autre étape en portant atteinte aux avocats », a dénoncé Me Bouchachi.

Me Abderraouf Arslane, membre du comité de défense des détenus du Hirak, a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près du tribunal de Tébessa le 26 mai dernier. Le mandat de dépôt a été confirmé le 1er juin par la chambre d’accusation de la Cour de la même ville.

Trois autres personnes ont été incarcérées en compagnie de l’avocat : Aziz Bekakria, Redouane Hamidi, Azeddine Mansouri. Dans un communiqué, publié samedi 5 juin, l’Union nationale des ordres des avocats a annoncé un boycott des activités judiciaires pour ce lundi 7 juin en signe de protestation contre l’emprisonnement de l’avocat accusé d’appartenir à une organisation terroriste.

Cette dernière n’est autre que l’association Rachad que le Conseil supérieur de sécurité a classé comme « organisation terroriste » au même titre que le MAK de Ferhat Mehenni.

L’accusation d’appartenance à Rachad portée à l’encontre de Me Arslane est contestée par l’Union des avocats qui affirmé « l’inexistence de preuves ou de présomption même minime de son adhésion à une organisation terroriste. »

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