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Algérie : fin des importations groupées de voitures, quel impact sur l’euro ?

La décision d’interdire les importations groupées de voitures d’occasion va-t-elle impacter les cours de l’euro et du dollar sur le marché noir des devises en Algérie ?

Algérie : fin des importations groupées de voitures, quel impact sur l’euro ?
L’euro n’a pas cessé de pulvériser les records ces derniers mois jusqu’à dépasser le seuil des 280 dinars et enfoncer tout droit vers la barre des 300 dinars l’unité / Par Mikhailov Studio / Adobe Stock
Merzouk A
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L’Algérie a décidé d’interdire les importations collectives des voitures d’occasion de moins de trois ans. Annoncée lundi soir, cette décision va-t-elle impacter le marché automobile et les cours des devises sur le marché noir des devises ?

Dans un communiqué publié lundi soir, le ministre du Commerce extérieur et la direction générale de la douane algérienne (DGD) ont rappelé les conditions d’importation des voitures de moins de trois ans d’âge.

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Cette mesure « va certainement impacter le marché informel des devises »

L’importation de ces voitures d’occasion concerne exclusivement « les citoyens résidents, de manière individuelle et non collective », a souligné le département de Kamel Rezig, mettant ainsi définitivement fin aux importations groupées.

De plus, les importations des véhicules de trois ans ne concernent « en aucun cas les entreprises, quelle que soit la nature de leur activité ou leur forme juridique », ajoute la même source, précisant que leur commercialisation dans les espaces de vente en dehors du cadre légal prévu par la réglementation en vigueur est « strictement interdite ».

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Cette mesure intervient au moment où les importations des voitures d’occasion depuis la Chine explosent, grâce à des achats collectifs effectués par des importateurs improvisés à l’occasion. La forte demande sur les véhicules chinois serait également à l’origine de la flambée des devises sur le marché parallèle.

Dans une déclaration à TSA ce mardi 25 novembre, l’économiste et professeur universitaire Brahim Guendouzi estime que la décision d’interdire les importations groupées de voitures « va certainement impacter le marché informel des devises, qui s’est emballé ces dernières semaines ».

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« Une régulation du marché est peut-être devenue nécessaire »

Selon lui, la demande a été tellement forte que l’offre de devises n’a pas pu suivre sur le marché de l’importation collective des véhicules d’occasion, « d’où la flambée de l’euro ». L’euro n’a pas cessé de pulvériser les records ces derniers mois jusqu’à dépasser le seuil des 280 dinars et enfoncer tout droit vers la barre des 300 dinars l’unité. Cette folle hausse s’est arrêtée ce mercredi. Au Square Port-Saïd d’Alger, la monnaie unique est proposée à 282,5 dinars, soit le même niveau d’hier.

« D’ailleurs, l’on se demande si cette décision n’a pas été prise pour freiner indirectement cette hausse des cours dans l’informel », ajoute notre interlocuteur.

À propos de l’éventuel impact de la décision des autorités sur le marché automobile algérien, M. Guendouzi n’y voit pas de grands changements à l’horizon, compte tenu notamment des prix élevés des voitures. « Quant à l’impact sur le marché de l’automobile, ce n’est pas évident du fait des prix très élevés qui y sont pratiqués », dit-il.

Après le succès de l’alternative du véhicule chinois sur le marché automobile algérien, une puissante filière s’est développée à vue d’œil et les voitures importées sont aussitôt revendues au marché noir, loin de tout contrôle. Il était donc nécessaire pour l’État d’intervenir pour réguler la situation.

Concernant la nécessité et l’intérêt de l’arrêt des importations collectives des voitures de moins de trois ans, l’économiste estime en effet que face à l’ampleur prise par l’importation collective et la prolifération des sites de vente des voitures chinoises, « une régulation du marché est peut-être devenue nécessaire ».

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