
Nouvelle hausse du salaire mensuel minimum garanti (SNMG) en Algérie. A partir du 1er janvier 2026, le SNMG passera à 24.000 DA au lieu de 20.000 dinars actuellement.
La décision, qui a été actée dimanche 30 novembre en Conseil des ministres, va profiter à de nombreux travailleurs dans les secteurs publics et privés qui sont payés au SNMG. L’allocation chômage a été également revalorisée. Elle passe de 15.000 DA à 18.000 dinars par mois, soit une hausse de 20%.
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« Les mesures liées à l’augmentation du SNMG, l’allocation chômage et la revalorisation des pensions de retraite, s’inscrivent dans le cadre des engagements des plus hautes autorités de l’État à prendre en charge la dimension sociale », explique l’économiste Brahim Guendouzi.
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Cette revalorisation de 20% est la « première de cette importance depuis le début des augmentations du SNMG sur des décennies, la dernière étant l’augmentation de 2.000 DA, décidée par Monsieur le président en 2020 », a indiqué la Présidence de la République. La dernière hausse du SMIG a été actée en avril 2021 avec la publication du décret présidentiel fixant le salaire national minimum garanti à 20.000 DA.
Ce que la hausse de l’allocation chômage va coûter à l’Etat
Les hausses conséquentes du salaire minimum et de l’allocation chômage posent la question du financement de ces deux mesures sociales. Selon l’économiste Brahim Guendouzi, la hausse du salaireminimum fait planer des risques sur les finances publiques et les PME.
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« Les mesures annoncées qui vont être budgétisées dans la loi de finance 2026, posent évidemment la problématique du financement du déficit budgétaire, d’une part, mais aussi des contraintes financières qui seront occasionnées pour les entreprises qui auront à faire face à l’augmentation du SNMG, d’autre part », souligne Brahim Guendouzi.
Pour cet économiste, les PME risquent d’être « fragilisées par rapport à la hausse des charges salariales, notamment celles qui rencontrent des contraintes sur le marché ». Brahim Guendouzi pointe aussi les risques liés à ces mesures concernant le « retour d’une poussée inflationniste générée par les coûts de main d’œuvre » qui vont augmenter.
Brahim Guendouzi note toutefois une nouveauté concernant l’allocation chômage, et qui réside dans sa « limitation dans le temps pour les primo demandeurs d’emplois ».
Double pression sur les entreprises
« Il s’agit d’une année renouvelable. Ce qui n’était pas le cas jusqu’à aujourd’hui », souligne-t-il. Plus de 2,3 millions de personnes perçoivent l’allocation chômage en Algérie. La hausse devrait coûter à l’Etat plus de 4,6 milliards de dinars, soit 35 millions de dollars au taux officiel actuel.
Pour le SNMG, sa hausse devrait accentuer la pression sur les salaires dans le secteur privé notamment afin de les tirer vers le haut. Selon une enquête de l’ONS publiée, le salaire moyen en Algérie en 2022 était de 43.500 dinars algériens : 61.300 dinars dans le public et 35.200 dinars dans le secteur privé où concentre 80% des emplois dans le pays.
La hausse du salaire minimum et de l’allocation chômage met une double pression sur les entreprises qui seront obligées de revoir à la hausse les bas salaires. Les salariés qui sont payés aujourd’hui à 24.000 seront forcément augmentés parce qu’ils n’accepteront pas d’être payés au SNMG.
D’autant que la hausse de l’allocation chômage à 18.000 dinars va accentuer les tensions sur le marché du travail, et obliger les entreprises à augmenter les salaires pour recruter. Les secteurs tertiaires où se trouvent les salaires les plus bas du marché seront particulièrement touchés.