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Ali Ghediri : « Abdelkader Bensalah ne fait pas consensus »

Ali Ghediri : « Abdelkader Bensalah ne fait pas consensus »

Il existe, selon Ali Ghediri, des résistances à la désignation d’Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, comme président intérimaire dans le cas de l’application de l’article 102 de la Constitution.

« D’après les uns et les autres, la personne de Abdelkader Bensalah ne fait pas consensus. Donc, le président de la République, tant qu’il est en poste, doit désigner une autre personne qui fait consensus à la tête du Sénat. Bensalah est du RND. Il a été partie prenante dans la gestion du pays depuis le premier mandat de Bouteflika. Il n’est plus crédible. Il faut désigner un autre responsable pour faire émousser un peu la contestation populaire », a soutenu l’ex-candidat à l’élection présidentielle, dans une déclaration à TSA, ce mercredi 27 mars.

Ali Ghediri appelle à la désignation d’une instance indépendante de surveillance des élections dont les membres « auront été librement choisis par le peuple et de préférence parmi ceux du «hirak ». « Elle aura à s’assurer de l’organisation d’une élection présidentielle libre. Cela permettra d’élire un président de la République sur la base d’un programme qui doit répondre aux doléances et aux demandes populaires. A charge au nouveau président d’engager des réformes profondes dans le pays. Il y a risque de dérapage surtout que la contestation actuelle commence à s’étaler dans le temps. Il existe des possibilités de récupération et d’infiltrations du mouvement y compris d’ONG et de puissances étrangères. Si l’on met l’intérêt du pays en premier, on doit comprendre que l’Etat est une chose, le système en est une autre. Oui pour le départ du système, non pour la casse de l’Etat. Si l’Etat part, c’est le chaos », a-t-il prévenu.

« Le Conseil constitutionnel a toujours agi sur coup de téléphone »

Selon Ali Ghedir, le président Bouteflika ne pourra plus nommer un autre gouvernement. « D’ailleurs il en a été incapable. Il ne faut pas qu’on s’obstine à ramener un gouvernement qui serait très difficile à mettre en place. Nous considérons que le gouvernement en place qui s’est décrédibilisé par son parti-pris pour le cinquième mandat ne saurait en aucune manière être impliqué – si ce n’est dans les aspects techniques – dans la préparation et le déroulement des élections à venir. Il faut donc qu’on trouve un autre mécanisme », a-t-il proposé.

L’ex-candidat à la présidentielle a critiqué le Conseil Constitutionnel qui est présidé actuellement par Tayeb Bélaïz. « Le Conseil constitutionnel a toujours agi sur coup de téléphone. On lui a ordonné de prendre les dossiers de vingt candidats à l’élection présidentielle et de les mettre dans les archives sans aucun appui légal, il s’est exécuté. On lui a ramené un faux certificat médical d’un président que tout le monde sait malade, il a pris acte. Puisqu’il a tout accepté, qu’il agisse alors dans le bon sens », a-t-il relevé.

Il a rappelé avoir demandé la tenue de la présidentielle dans les délais légaux, il y a quelque mois. « Le processus électoral a été arrêté par Bouteflika. Le même Bouteflika avait condamné l’arrêt du processus électoral en 1992. En 2019, Il a lui-même arrêté le processus électoral de la présidentielle. On doit retenir cela. En 1999, six candidats se sont retirés de la course à la présidentielle et lui a continué pour être président. En 2019, il se retire en entrainant les autres candidats avec lui », a observé Ali Ghediri.

« L’application de l’article 102 de la Constitution, l’unique issue pour une sortie de crise »

L’application de l’article 102 de la Constitution offre, selon M. Ghediri, un cadre légal et constitutionnel pour éviter à l’Algérie les dérapages.

« Nous nous réjouissons que la sagesse et la clairvoyance aient fini par l’emporter sur toute autre considération et que l’intérêt suprême de la nation a été mis en avant pour abréger l’étendue d’un entêtement du pouvoir qui aurait pu mener le pays à l’impasse. L’application de l’article 102 de la constitution, quoique tardive, n’en demeure pas moins l’unique issue pour une sortie de crise dans un cadre strictement constitutionnel. Il appartient, de notre vue, aux institutions encore agissantes, de mettre en place les mécanismes d’accompagnement pour, d’une part, réduire les délais de mise en œuvre des actions devant déboucher sur de nouvelles élections présidentielles et, d’autre part, permettre à la société civile d’être partie prenante dans le processus », a, par ailleurs, estimé Ali Ghediri dans un communiqué rendu public à Alger, ce mercredi 27 mars.

« Le retour à la légalité constitutionnelle, dont l’application de l’article 102 en constitue l’amorce, doit être saisi comme une opportunité aussi bien par le pouvoir que par l’opposition pour dégager, au plus vite, un consensus qui tiendrait compte de la demande populaire et qui serait à même d’éviter au pays de balancer dans le chaos. La voie constitutionnelle, à notre sens, demeure la seule à même de garantir au pays un retour à la normalité et d’amorcer l’édification de la nouvelle ère dans les meilleures conditions possibles. Il appartient à tout un chacun d’apprécier la situation et d’agir à l’aune de l’intérêt suprême de la nation, de faire les concessions qui s’imposent, lorsque c’est nécessaire et éviter la surenchère et les calculs politiciens…», a-t-il ajouté.

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