Politique

Ali Ghediri est candidat à l’élection présidentielle du 4 juillet

Le général à la retraite Ali Ghediri a annoncé son intention de se porter candidat à l’élection présidentielle du 4 juillet. « Bien sûr que je serai candidat et plus que ça, mon dossier est déjà au niveau du Conseil constitutionnel », a-t-il annoncé hier sur la chaîne Dzair News.

L’ancien militaire avait exprimé à plusieurs reprises son adhésion au principe d’une transition dans le cadre constitutionnel. Hier, il a affirmé que « plus la révolution dure, plus il y aura de dangers, surtout sécuritaires ». Pour lui, « il y a des forces de l’intérieur et de l’extérieur qui essaient d’infiltrer le mouvement populaire ».

« Si elle (la révolution) dure encore, il pourrait y avoir de la violence et nous allons gâcher l’image d’une révolution qui peut, jusqu’à aujourd’hui, être un exemple pour des États amis ou lointains », a-t-il ajouté.

En plus du risque sécuritaire, Ali Ghediri a avancé des arguments économiques. « Nous ne vivons pas sur une île isolée au milieu de l’océan, nous vivons dans un environnement avec des États partenaires qui peuvent perdre confiance en un État où il y a des perturbations et ils pourraient finir par nous demander de payer en cash et refuser de nous accorder des prêts », a-t-il dit.

Bensalah partira « s’il le faut »

« L’équilibre des forces a changé, il ne reste plus qu’une seule force qui n’est plus celle des administrations, des institutions ou des partis mais celle du peuple », a affirmé Ali Ghediri pour qui « le peuple qui a pu mobiliser 20 millions (de manifestants), aucune force ne peut l’abattre et il peut imposer son existence et les règles du jeu, notamment en ce qui concerne les prochaines élections pour surveiller les urnes du début à la fin du processus ». Par-là, il explique que le maintien de Bensalah à la tête du pays pour une durée de 90 jours n’est pas un problème car « il n’a aucun poids ».

« Il n’y a aucune force, y compris l’armée qui peut intervenir pour truquer les élections et c’est ce dont parle le chef d’état-major lorsqu’il dit que l’armée accompagnera l’opération », a ajouté Ghediri. « Il ne faut pas casser l’État et il ne faut pas demander au peuple de casser l’État », a-t-il insisté.

« S’il s’avère que Bensalah est un frein ou que son maintien à son poste peut créer des problèmes pour le pays, les intérêts du pays et du peuple passeront en premier (il partira) », a-t-il dit à propos de la revendication des manifestants demandant le départ de « tout le pouvoir ». Des « indices » sur la possibilité du départ de Bensalah existent même dans le derniers discours de Gaïd-Salah a affirmé Ghediri.

La révolution en cours a fait des Algériens des « naufragés », selon Ghediri qui voit en l’armée « notre dernier radeau ». « Elle (l’armée) s’est engagée à accompagner le processus électoral de façon transparente et à veiller à ce qu’il n’y ait pas de fraude et à respecter la Constitution », a-t-il rappelé, assurant qu’« après les élections, chacun reprendra sa place, à commencer par l’armée ».

Les plus lus