
Nouveau grave dérapage sur les étrangers en France. Sur CNews, l’avocat pro-israélien et membre du Conseil d’État, Arno Klarsfeld, a appelé ouvertement à mener des “rafles” contre les personnes sous OQTF dont de nombreux ressortissants algériens.
Bien que graves, ces propos n’ont pas fait réagir la justice ou les autorités de régulation. Pourtant, pour moins que ça, des sanctions sévères ont été prononcées.
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Le mot “rafle” est en effet lourd de sens et tout le monde croyait qu’il appartenait à une période sombre et révolue de l’histoire de France, celle de l’occupation nazie.
Arno Klarsfeld l’a utilisé d’une manière décomplexée sur le plateau de CNews en évoquant l’exécution des OQTF, prenant comme exemple ce que fait Donald Trump aux États-Unis.
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Surtout, il a préconisé de copier le président des États-Unis Donald Trump à la lettre même s’il faut reproduire les crimes que commet sa police de l’immigration (ICE) américaine. Il s’agit d’un véritable appel à tuer les sans-papiers en France.
Un député LFI saisit la justice
“Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser, comme fait Donald Trump avec ICE (police de l’immigration, Ndlr) des sortes de grandes rafles un peu partout”, a préconisé l’avocat franco-israélien.
Celui-ci veut reproduire en France le modèle américain, quitte à ce que des gens soient tués. “Ça nécessite une stratégie politique avec l’intention même de commettre parfois des injustices”, a-t-il insisté.
C’est désormais une habitude en France, les dérapages de l’extrême droite sur les étrangers ou les personnes d’origine immigrée ne font réagir que la gauche, sans les autres composantes de la classe politique ou les autorités. Les propos d’Arno Klarsfeld n’échappent pas à cette règle.
Le député de La France Insoumise (LFI), Thomas Portes, a annoncé qu’il saisit “immédiatement” l’Arcom (autorité de régulation de l’audiovisuel) et la procureure de la République de Paris au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale. “Face aux racistes nous ne laisserons rien passer”, a-t-il promis sur X.
Des “rafles” contre les OQTF en France comme le fait Trump aux États-Unis
“En France, sur un plateau de télévision, un avocat médiatique peut aujourd’hui parler de ‘rafles’ à propos de personnes visées par une OQTF, sans être immédiatement contredit, sans que le plateau ne s’arrête, sans que l’alarme morale ne sonne. Ce silence n’est pas neutre. Il est une forme de consentement”, s’est indigné pour sa part le sénateur écologiste Akli Mellouli.
« Il faut organiser des grandes rafles un peu partout »
Tranquillement sur CNEWS la haine raciste se déverse sans aucune réaction sur le plateau.
Je saisi immédiatement l’arcom et la procureure de la République de Paris au titre de l’article 40.
Face aux racistes nous ne… pic.twitter.com/RnxpTfs6EZ
— Thomas Portes (@Portes_Thomas) January 25, 2026
“La France n’est pas l’Amérique de Trump”, “mais elle risque de le devenir”, met-il en garde en soulignant que “laisser passer ces paroles sans réaction, c’est contribuer à leur normalisation”.
Toujours à gauche de l’échiquier politique, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée, Mathilde Panot, a noté qu’un “descendant de personnes raflées et déportées” appelle “à la rafle et à la capture d’étrangers présents sur le territoire français”.
Hadrien Clouet, du même parti, a estimé que “le goût du sang derrière les fourgons de l’ICE fait sortir du bois les trumpistes français”.
Deux poids, deux mesures
Pour le moment, les propos de l’avocat franco-israélien, qui s’apparentent à un véritable appel au meurtre, n’ont pas fait réagir le gouvernement ni l’autorité de régulation. La justice ne s’est pas non plus prononcée sur les suites réservées à la plainte du député LFI.
Pour moins que ça, notamment lorsque ce sont les crimes d’Israël en Palestine qui sont dénoncés, les sanctions tombent avec une grande célérité ainsi que les accusations d’ “antisémitisme” et d’ “apologie du terrorisme”. Plusieurs députés LFI justement, dont Mathilde Panot, ont été trainés dans les commissariats pour avoir appelé à mettre fin au génocide de Gaza. Le deux poids, deux mesures continue en France.