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Après l’annulation de la présidentielle du 4 juillet : que va faire le pouvoir ?

Après l’annulation de la présidentielle du 4 juillet : que va faire le pouvoir ?

L’annonce, ce dimanche 2 juin, par le Conseil constitutionnel de l’impossibilité de tenir les élections présidentielles le 4 juillet prochain, ne constitue pas une surprise, s’accordent des analystes politiques.

L’annonce était même attendue. Après son rejet massif par la population, les partis politiques se sont retirés les uns après les autres de la course, convaincus que les conditions de la tenue d’un scrutin juste et transparent n’étaient tout simplement pas réunies. A la fin du délai légal pour le dépôt des candidatures, le Conseil constitutionnel n’avait reçu que deux dossiers émanant de candidats inconnus.

« L’annulation des deux dossiers de candidatures n’est pas une surprise dans la mesure où des informations circulaient déjà sur l’absence de signatures », constate la politologue Louisa Ait Hamadouche.

A présent, deux options sont sur la table. « Soit le pouvoir politique continue sur sa démarche constitutionnelle, bien que l’annulation du scrutin du 4 juillet nous place ipso facto dans l’inconstitutionnalité du fait que l’annulation n’est pas prévue par la Constitution. Malgré le fait que nous rentrions dans ce processus non constitutionnel, il est possible que le pouvoir politique décide de reporter les élections. S’il y a report dans les mêmes conditions, c’est-à-dire avec le même gouvernement, le même chef d’Etat et les mêmes lois, il est fort probable que la prochaine élection se termine comme celle-ci. Sauf qu’entretemps on aura perdu beaucoup de temps », expose l’enseignante de sciences politiques qui prévient que prendre ce chemin comporte aussi son lot de risques « dès lors que la contestation risque de continuer avec une radicalisation possible des revendications et de probables dérapages ».

L’autre possibilité, selon la politologue, c’est que la proposition d’ouvrir un dialogue soit réellement suivie d’actes concrets. Notamment que « le prochain dialogue s’installe entre les représentants du pouvoir réel et les représentants de l’opposition et du soulèvement populaire ».

Il faudra aussi, d’après Louisa Ait Hamadouche, instaurer un climat « d’apaisement et de confiance » pour que ces partenaires acceptent d’aller vers le dialogue. « Ce climat d’apaisement pourrait être résumé dans l’application de certaines mesures comme la levée des restrictions sur les libertés individuelles et collectives (de rassemblement et de réunion), l’amendement des lois sur les partis et les associations, autant de mesures qui peuvent instaurer un climat qui rassure et permette un vrai dialogue », énonce la politologue.

Quid de Bensalah ? « Si le pouvoir politique choisit l’option du report, Bensalah pourrait rester. En revanche, s’il se place dans la deuxième option, là Bensalah ne peut pas rester », pointe-t-elle.

Pour sa part, l’enseignant de sciences politiques, Toufik Bougaâda, affirme que l’impossibilité de tenir ces élections était déjà acquise dès l’annonce qui en a été faite.

Avec l’annonce du Conseil constitutionnel, « nous entrons automatiquement dans le non-constitutionnel », souligne M. Bougaada précisant que le pouvoir politique veut maintenir le processus constitutionnel seulement comme une formalité.

« L’enjeu pour le pouvoir politique c’est de préparer les conditions pour aller vers les élections. Le pouvoir politique ne va pas répéter la même erreur consistant à accélérer la tenue du scrutin sans que les conditions garantissant sa transparence ne soient réunies. Le Conseil constitutionnel a donné la prérogative au président de l’Etat pour convoquer le corps électoral. Dans ce cas, Bensalah ne devrait pas hâter cette convocation, une nouvelle fois, à partir du moment que les mêmes raisons ayant entraîné l’annulation du scrutin sont encore de mise jusqu’à maintenant », expose le politologue qui attire l’attention sur le fait que la mission du chef de l’Etat est de lever les obstacles qui font que les élections n’ont pas eu lieu, pour ensuite convoquer le corps électoral.

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