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Après l’euphorie de la nomination de Bouchareb, le FLN replonge dans le flou

Après l’euphorie de la nomination de Bouchareb, le FLN replonge dans le flou

A l’approche des élections sénatoriales du 29 décembre, les six membres de l’instance dirigeante du FLN ont programmé une série de déplacements dans les wilayas à la rencontre des militants du parti.

Mardi, Saida Bounab est attendue à Bordj Bou Arreridj pour une réunion avec les 199 élus locaux de la wilaya. L’occasion pour le membre de l’instance de rencontrer le président de l’APW, Abdelkrim Mebarki, candidat du parti pour les sénatoriales.

A peine lancée, cette action est déjà contestée en interne. Les militants jugent que la démarche arrive trop tard, car la campagne pour les élections du 29 décembre est pratiquement bouclée.

« La campagne pour les sénatoriales est pratiquement terminée. Je ne vois pas à quoi riment ces déplacements », se demande un élu local de Bordj Bou Arreridj.

Installée le 25 novembre, l’instance dirigeante du FLN, marque le pas, après l’euphorie des retrouvailles entre le nouvel homme fort du parti, Mouad Bouchareb et des personnalités en rupture de ban avec le parti. Comme Abdelkrim Abada, Belayat et Belkhadem.

Retrouvailles

Depuis les retrouvailles le 4 décembre entre l’ancien chef du gouvernement et la direction du FLN, l’initiative lancée par Bouchareb pour réunifier les rangs du parti, est au point mort. Pour preuve, la rencontre prévue avec l’ancien secrétaire général Boualem Benhamouda n’est pas encore programmée. Aucune autre rencontre n’est annoncée pour les prochains jours.

Autre chantier lancé par Bouchareb, la mise sur pied d’une instance exécutive du parti, dont la composition n’a pas encore été annoncée. La direction aurait décidé l’installation de cette instance après les sénatoriales du 29 décembre.

« C’est le flou total. On est dans le noir », critique un ancien membre du Bureau politique du parti. « On se demande ce que fait cette instance dirigeante. A part, les rencontres et les contacts pour ressouder les rangs du parti, son action n’est pas claire, alors que les échéances électorales approchent. Après les sénatoriales, il y a la présidentielle », s’inquiète un membre de la direction unifiée du FLN qui se garde bien de s’avancer sur les deux options, le plus souvent évoquée par les médias : un 5ème mandat pour Bouteflika ou une prolongation du bail présidentiel.

Flou total

« On ne sait plus quoi penser. Une semaine, on ne parle que de la prolongation du mandat du président et la semaine suivante on évoque la tenue de l’élection présidentielle », déplore-t-il.

Au parti, la déclaration de Mouad Bouchareb lors du congrès du parti TAJ vendredi et samedi derniers, a fait grincer des dents. La référence religieuse visant à donner un caractère sacré au président et à son œuvre a été jugée inappropriée. « Son amour pour l’Algérie est une épreuve de dieu. Son invocation était comme celle du prophète Ibrahim », a-t-il déclaré.

Une « sortie » qui rappelle pour certains les envolées lyriques de l’ancien secrétaire général Djamel Ould Abbès quand il s’agissait d’évoquer le président Bouteflika. Pour ceux qui pensaient que l’ère Ould Abbès est révolue, ils sont déçus. « C’est scandaleux et honteux. On a cru s’être débarrassé de la bêtise de Djamel Ould Abbès et on se retrouve avec un chef qui emprunte la même voie quand il s’agit de parler du président », se lamente un cadre du parti sous couvert de l’anonymat. Au FLN, la période de grâce de Bouchareb touche à sa fin.

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