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Au Maroc, la photo d’une députée islamiste à Paris suscite la controverse

Au Maroc, la photo d’une députée islamiste à Paris suscite la controverse

Amina Maelainine, députée de Casablanca du Parti de la Justice et du Développement (PJD, islamiste), a retiré son voile, lors d’une récente visite à Paris.

Ses photos prises devant le cabaret Moulin Rouge – un célèbre cabaret parisien – et Place Vendôme sont partagées sur les réseaux sociaux depuis le début janvier 2019. Ce qui a donné lieu à une vive polémique dans le pays.

« Comment une femme, militante d’un parti islamiste, peut-elle se dévoiler ? », s’est interrogé un podcaster. « La religion pour eux n’est qu’un moyen pour faire fortune », a attaqué Jihad Chihab sur Facebook. Un autre internaute a reproché à la députée d’avoir une « double-vie » en s’habillant différemment à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc.

Un site d’information a rapporté qu’Amina Maelainine a été « influencée » par son nouvel ami pour changer de mode vestimentaire. Ahmed Agountif, ex-époux de la députée, a, lui, défendu Amina Maelainine, « la militante victorieuse dans tous les combats démocratiques ».

« Le hidjab n’est pas une tenue de travail »

Interpellé par les journalistes, samedi 12 janvier 2019, Abdelilah Benkirane, ex-secrétaire général du PJD et ancien chef du gouvernement, a parlé, en termes diplomatiques, « d’évolution ».

« Il est naturel que nous évoluons. C’est le temps et la vie qui nous l’imposent. Au début, les enfants (les hommes) du mouvement islamistes ne seraient pas la main des femmes et les femmes ne tendaient pas leurs mains aux hommes. Aujourd’hui, les femmes serrent la main des hommes. Idem pour les hommes. L’être humain évolue dans l’âge et dans le savoir, relativise les choses, fait la part des choses. C’est une affaire ordinaire. Le plus grave est de retourner la veste et de vendre le match, comme certains l’ont fait, certains révolutionnaires devenus des mercenaires. Nous sommes les adversaires politiques de l’extrême gauche. Ils exagèrent », a-t-il déclaré comme pour situer l’origine des attaques contre la députée.

Avant de s’interroger : « Qui est donc cette personne qui suit notre sœur Amina Maelainine à Paris pour la prendre en photo ? N’a-t-il pas autre chose à faire ? Ne parlez-vous pas de liberté individuelle ? D’ailleurs, ce n’est pas une liberté individuelle, mais une décision personnelle ».

Pour lui, le hidjab est une histoire entre la personne et Dieu, ce n’est pas une question de droit. « C’est entre elle et Dieu. En tant que parti politique, on n’a pas à se mêler. Elle est suffisamment capable de se défendre, les frères qui l’ont soutenue ont eu tort. Elle est libre de porter ou de ne pas porter le hidjab. Certains diablotins ont parlé de « tenue de travail ». Le hidjab n’est pas une tenue de travail », a-t-il tranché.

Le voile est, selon lui, porté par conviction. Et, il a souligné que le PJD est ouvert aux femmes voilées et non voilées. Selon lui, Amina Maelainine n’avait pas à répondre à ceux « qui ont mené une campagne contre elle ». Il lui a reproché le peu de clarté.

« Guerre politique »

Sur sa page Facebook, Amina Maelainine s’est défendue en parlant de « photos préfabriquées ». « Ces photos ne sont pas nouvelles. Elles ont été déjà envoyées par le passé à des ministres du parti et à des membres du secrétariat général (du PJD). Ils me les ont montrées, il y a quelques mois. Je n’ai pas voulu ni démentir ni justifier car personne n’a le droit de me demander des comptes en dehors de mes responsabilités publiques et de ce qu’impose le contrôle populaire », a-t-elle écrit.

La députée a annoncé avoir saisi la justice pour défendre sa réputation et celle de sa famille. Elle a parlé également « d’une véritable guerre politique et immorale » qui lui est livrée depuis longtemps.

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