Consommation

Baisse de prix des fruits et légumes : la bonne affaire ?

En vous baladant au marché Réda Houhou ou sur la Place des Martyrs, à Alger, vous avez sans doute constaté que les prix des fruits et des légumes ont sensiblement baissé comparé à ces dernières semaines.

Prenez les oranges : 85 dinars le kilo en moyenne. Les pommes de terre ? 50 da/kg. Les tomates sont vendues entre 60 et 70 da/kg. Les nectarines, elles, sont proposées sur les étales autour de 120 da le kilo.

« Bon, ce n’est pas vraiment différent de l’habitude », pointe un Algérois. Le président de l’Association de défense des consommateurs (Apoce), Mustapha Zebdi, relativise lui aussi cette diminution. « Pour un pays de deux millions de km², je pense que l’abondance et l’accessibilité sont deux choses qui doivent être impératives. Ce qui n’est pas normal, c’est de parler de hausse. Ce qui n’est pas normal, c’est la différence de prix entre le grossiste et le détaillant. C’est vrai que c’est à la portée de tous mais ce sont des prix qui demeurent loin de la réalité de la chose. Les prix devraient être encore plus bas. »

Il y a quelques jours, le ministre du Commerce Saïd Djellab considérait que ces baisses étaient « le résultat des efforts déployés par le gouvernement pour rendre ces produits plus disponibles et mieux régulés », promettant même que ces efforts « n’étaient pas conjoncturels et qu’ils allaient s’inscrire dans la durée », rapportait l’agence officielle.

Pour El Hadj Tahar Boulenouar, le président de l’Association nationale des commerçants et des artisans, deux facteurs justifient cette baisse de prix sur les marchés. En tête, la période estivale, propice à la récolte.

« Cette année a été bonne pour les producteurs, le climat a été favorable, pointe-t-il. Mais il y a aussi une nette baisse de la demande. Les Algériens ont beaucoup dépensé pendant la période du mois de Ramadhan alors maintenant ils contrôlent un peu plus leur budget. Aussi, on entre dans une période de célébrations type mariages, baptêmes. Alors les ménages pensent à investir ailleurs. Enfin, certaines familles sont déjà en train de préparer l’Aïd El Kebir et à économiser pour acheter un mouton. »

Pour lui, cette baisse des prix est naturellement une bonne nouvelle pour le consommateur mais présente aussi un risque pour les producteurs. « En Algérie chacun fait comme il veut. Il n’y a pas de politique agricole qui assure la stabilité de la production et donc des prix. On ne pourra jamais réguler tant que le marché parallèle persiste », critique-t-il.

« Le vrai gagnant dans tout ça, c’est le commerçant qui se fait une véritable marge », commente Mustapha Zebdi. Un grossiste interrogé par TSA affirme d’ailleurs que plusieurs denrées alimentaires sont revendues jusqu’au double du prix d’achat…

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