
C’est par une dépêche extrêmement laconique que l’Agence officielle a annoncé jeudi soir la nomination d’un nouveau Gouverneur de la Banque d’Algérie. « Le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah a nommé, jeudi, M. Benabderrahmane Aymane au poste de Gouverneur de la Banque d’Algérie (BA), indique un communiqué de la Présidence de la République ». On n’en saura certainement pas plus si on se contente de la version officielle.
La tentation est cependant très forte d’interpréter la nomination d’un nouveau Gouverneur, en remplacement de M. Amar Hiouani qui n’était que Gouverneur par intérim, comme une conséquence immédiate des derniers cafouillages sur les règles de gestion et d’alimentation des comptes devises.
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La Banque d’Algérie avait demandé aux banques dans une correspondance datée du 27 octobre écoulé, que « toute alimentation d’un compte devises pour un montant égal ou supérieur à l’équivalent de mille (1.000 euros) doit être appuyée, préalablement, par une déclaration douanière d’importation de ce montant ».
Mais cette semaine le ministre des Finances Mohamed Loukal avait pris le contre pied de cette annonce en indiquant devant les députés qu’il « est clair que la dernière note de la BA faisant obligation de justifier de l’origine des fonds en devises, est destinée exclusivement aux étrangers, comme exigé par l’article 72 de la Loi de finances 2016 ».
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Pour appuyer son point de vue et bien montrer qui tient les rênes, le ministre des Finances avait rappelé qu’il avait personnellement exempté les citoyens, en juin 2018, lorsqu’il était Gouverneur de la BA, de déclarer la source d’alimentation en monnaie nationale et en devises.
« Cette mesure incitative a permis de drainer environ 500 millions de dollars en nouveaux dépôts en seulement sept (7) mois », avait ajouté Mohamed Loukal, mettant l’accent sur l’impératif d’asseoir « la confiance entre le client, l’administration et les banques ».
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Au-delà de cette interprétation immédiate, le profil du nouveau Gouverneur renseigne certainement sur la nouvelle hiérarchie des responsabilités dans le domaine de la gestion des finances nationales. Selon nos sources, le nouveau Gouverneur, Benabderrahmane Aymane, occupait jusqu’ici le poste de Censeur au sein de la Banque d’Algérie. Une fonction qui est considérée au sein de l’institution comme l’« œil du ministère des Finances » d’autant plus que son titulaire est désigné officiellement par le ministère.
Dans le prolongement de l’adoption de la Loi de finances 2020 et au cours d’une période ou le gouvernement va avoir besoin de recourir à l’assistance très active de la Banque d’Algérie pour financer un déficit budgétaire d’un montant considérable, la nomination d’un Gouverneur au profil très coopératif est donc certainement apparue comme une précaution nécessaire.