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Béatification des moines de Tibhirine : de quoi s’agit-il ?

Béatification des moines de Tibhirine : de quoi s’agit-il ?

Le Pape François 1er a reconnu ce samedi les sept moines de Tibhirine et douze autres chrétiens dont l’évêque d’Oran, Pierre Claverie, assassinés durant la décennie noire en Algérie comme étant martyrs, ouvrant ainsi la voie à leur béatification. Le lieu et la date de la cérémonie de béatification n’ont pour l’heure pas encore été fixés.

« La béatification est l’acte solennel par lequel le pape déclare qu’un culte public peut être accordé à un serviteur de Dieu », définit le site chrétien Liturgie Catholique. Ceux qui sont béatifiés sont appelés les bienheureux. « La béatification est un acte solennel par laquelle l’Église déclare la vie et l’action d’une personne authentiquement chrétienne. Elle la donne ainsi en exemple à tous », explique pour sa part le quotidien chrétien français La Croix.

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Une définition qui semble s’appliquer parfaitement aux actions des 19 chrétiens assassinés durant la décennie noire, estiment les évêques d’Alger. « Devant le danger d’une mort qui était omniprésent dans le pays, ils ont fait le choix, au risque de leur vie, de vivre jusqu’au bout les liens de fraternité et d’amitié qu’ils avaient tissés avec leurs frères et sœurs algériens par amour. Les liens de fraternité et d’amitié ont ainsi été plus forts que la peur de la mort », ont affirmé les évêques au décret publié par le Vatican.

« Cette béatification montre que nos frères ont donné leur vie par amour pour ce peuple algérien dont ils étaient les hôtes. On s’y attendait mais c’est quand même extraordinaire. Cela montre qu’il est possible de vivre avec les autres et même de s’aimer avec des croyances différentes », a affirmé pour sa part le père Jean-Pierre Flachaire, responsable du monastère Notre-Dame de l’Atlas, cité par le journal régional français Le Progrès.

Il s’agit là de la communauté héritière de Tibhirine implantée depuis dix-sept ans dans le Haut-Atlas marocain, à Midelt, précise la même source. C’est notamment où réside le père Jean-Pierre Schumacher, bientôt 92 ans et dernier survivant du monastère de Tibhirine, qui avait échappé à l’enlèvement en 1996. Les 19 martyrs « transmettent le même message : celui d’un amour qui est plus grand que les différences. C’est l’Évangile vécu jusqu’au bout. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime », estime en outre le père Flachaire.

« La béatification n’aboutit qu’au terme d’une longue quête de la vérité qui prend la forme d’un procès où s’affrontent le promoteur de la béatification (le postulateur) et son adversaire, l’avocat du diable », souligne par ailleurs La Croix. L’introduction de la cause de béatification des 19 religieuses et religieux morts en Algérie a eu lieu il y a treize ans, en 2005, le procès en béatification ayant quant à lui été introduit en octobre 2013.

La béatification des 19 chrétiens est ainsi jugée par le quotidien chrétien comme étant exceptionnelle par sa rapidité. « Il n’aura fallu qu’un peu plus de dix ans à l’Église universelle pour désigner ces dix-neuf obscurs – ou en tout cas discrets – prêtres, religieux et religieuses comme modèles d’une vie évangélique. Une durée extrêmement courte, signe d’un soutien constant des papes Benoît XVI, mais aussi François », affirme le journal.

La béatification est considérée comme une étape nécessaire mais pas suffisante vers la canonisation, c’est-à-dire la sainteté. « Pour devenir saint, il faut avoir réalisé deux miracles : un pour être béatifié, et un second pour être canonisé », expliquait France info en 2014.

« La canonisation est l’acte solennel par lequel le pape décrète qu’un serviteur de Dieu, déjà compté parmi les bienheureux, doit être inscrit au catalogue des saints et vénéré dans l’Église universelle », explique Liturgie Catholique.

« On voit immédiatement ce qui différencie béatification et canonisation. Avec la première, le culte d’un nouveau bienheureux est concédé à une cité, un diocèse, une région ou une famille religieuse : avec la canonisation, la sentence est définitive, et le culte étendu à toute l’Église. Ainsi entendue, la canonisation est l’aboutissement d’une longue histoire », conclut le site chrétien.

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