Société

Bilan du BAC 2018 : les bons et les mauvais points

Dans son premier bilan du BAC 2018, le syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST) s’est dit ce mardi satisfait des conditions dans lesquelles s’est déroulé cet examen.

« À comparer avec l’année dernière et les années précédentes, le bac de cette année s’est déroulé dans de bonnes conditions. Pour preuve, il y a eu moins d’absents et moins de retardataires que l’année dernière. Mais il est difficile de dire que l’organisation est satisfaisante et sans faille dans la mesure où il y a eu coupure d’internet qui a pénalisé de nombreuses entreprises. Car pour réussir l’organisation du bac, il faut une réforme globale de cet examen et une sensibilisation pour lutter contre la fraude sous toutes ses formes », soutient Meziane Meriane président du Snapest.

Au Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire (CNAPEST), le constat est en revanche mitigé. Messaoud Boudiba, porte-parole du syndicat, déplore « l’ambiance très pesante dans laquelle s’est déroulé cet examen. »

« Il y a avait une forte pression sur les élèves, les parents, les enseignants et les chefs des centres d’examen. C’est devenu presque une obsession pour la société algérienne toute entière qui appréhende l’arrivé du bac et elle est tellement pressée d’en finir. Ce sont des mesures exagérées, inapropriées pour un examen d’évaluation pédagogique », liste M. Boudiba.

Parmi les points noirs soulevés par les deux syndicats figure le retard observé dans la distribution des copies dès le deuxième jour d’examen.

« Selon la réglementation, le centre d’examen s’ouvre à 7h 30 et ferme à 8h. Mais l’enveloppe des sujets n’est ouverte qu’à partir de 8h 30. Ce n’est pas normal de retarder l’ouverture des enveloppes de 45 mn, alors que dans d’autres centres de la même wilaya les sujets ont été déjà distribués. Certains élèves viennent en retard pour profiter de ce temps et avoir le contenu du sujet à l’extérieur avant de rentrer en classe d’examen », regrette M. Meriane.

Même son de cloche chez le Cnapest. Pour M. Boudiba, « la décision de retarder la distribution des sujets a été à l’origine de la colère des élèves et des enseignants surveillants qui avait du mal à contenir leurs classes après des retards qui ont atteint dans certains cas une heure de temps. C’était une ambiance cauchemardesque pour de nombreux candidats et chefs de centres qui n’arrivaient pas à trouver les mots pour justifier ce retard car ils n’en savaient rien. ».

Évoquant les violences et les menaces dont ont été victime certains enseignants à la sortie des centres d’examen, M. Meriane appelle l’administration à soutenir les surveillants.

« Les enseignants ne devrait plus affronter seuls leurs agresseurs. Ils doivent être accompagnés par l’administration car c’est un cas pénal », plaide M. Meriane.

Le choix des responsables des centres d’examen est également remis en cause par le Snapest. « Le choix est souvent aléatoire. Il est fait sur la base de critères de tribalisme et de favoritisme. Il n’est donc pas étonnant de voir un chef de centre d’examen ne pas faire la différence entre une calculatrice programmable et une calculatrice non programmable. Il y a un manque de formation de ces personnes», regrette M. Meriane.

Pour ce qui est de la qualité des sujets proposés lors de cette session, il affirme que les candidats étaient en face de sujets « d’un niveau du bac ».

« Un élève d’un niveau réellement moyen pourrait facilement avoir son 10. On demande à ce que les sujets soient consistants pour qu’ils deviennent un repère pour les futurs candidats. C’est de cette façon qu’on peut relever le niveau des élèves. À titre d’exemple, le sujet de mathématique n’a rien à envier au sujet proposé à l’étranger », explique M. Meriane.

Le Cnapest a, cependant, relevé en matière de sujet la présence de questions puisées du programme du troisième trimestre. « Ces leçons n’ont pas été dispensées dans toutes les wilayas pour cause de grève. Ce qui a poussé de nombreux candidats à courir jusqu’à la dernière minute derrière les cours particuliers », regrette M. Boudiba qui tient toutefois, à mettre en relief les points positifs observés lors de cet examen.

Il salue notamment « la gestion bien maitrisée des retards observés chez certains candidats comparativement à l’année passée. Les chefs de centres d’examen avaient cette année les prérogatives de décider de la réintégration ou non des retardataires. Cette mesure a permis d’éviter les incidents de l’année dernière où nous avions assisté à des scènes de cri et d’évanouissement par dizaines devant les centres d’examen parfois pour un retard d’à peine deux minutes ».

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