Économie

Blocage des projets de Cevital : la Coordination des comités de soutien accuse

La Coordination nationale des comités de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques s’est saisie de la symbolique du 600ème jour du blocage de l’usine de trituration des graines oléagineuses de Béjaia pour dénoncer, pour la énième fois, l’« acharnement concerté, organisé, synchronisé et minutieusement exécuté » dont est victime le groupe de Issad Rebrab.

« Le sabotage de l’économie nationale par les blocages des projets de Cevital et de ceux de l’Algérie qui produit, constitue aujourd’hui une réelle menace à la stabilité nationale et à la sécurité alimentaire de notre pays. Cevital, est aujourd’hui, la cible d’un acharnement concerté, organisé, synchronisé et minutieusement exécuté au nom de l’État algérien », s’est élevée la coordination dans un communiqué, publié ce samedi 17 novembre, en s’écriant « trop c’est trop ! ».

Et de rappeler : « Nous avons saisi par écrit, voici 600 jours, l’actuel Premier ministre ainsi que les deux Premiers ministres qui l’ont précédé et adressé trois lettres au Président de la République, pour attirer leur attention sur les blocages injustes dont fait l’objet le projet de l’usine de trituration de Cevital à Béjaia. À ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse. La situation n’a pas évolué. Au contraire tout s’est aggravée ».

De l’exagération? Que nenni ! Un petit tableau pour s’en convaincre : À Sétif, les deux usines d’électroménager, Samha et Brandt Algérie, sont « carrément à l’arrêt » car, précise la Coordination, « bloquées par les services des douanes qui réclament, tenez-vous bien, une amende de 250 milliards de centimes ». À Tizi-Ouzou, le projet Oxxo qui ambitionne de créer plus de 2 000 emplois, « risque de ne jamais voir le jour », selon la même source.

À Boumerdès, le méga projet du hub portuaire de Cap Djinet, qui devait créer un million d’emplois directs et indirects, « est bloqué », mettant ainsi en péril « la pérennité de 3 500 emplois ».

À Blida, dernièrement c’est le projet d’EvCon de production de l’eau ultra pure, qui a vu « ses équipements bloqués au niveau des ports Algériens ».

À Béjaia, en plus de l’usine de trituration, un méga projet touristique qui devait être implanté sur la côte est de la wilaya et créer plusieurs milliers d’emploi, « est bloqué ».

Question : pourquoi inflige-t-on en Algérie un tel traitement à Issad Rebrab alors qu’à l’étranger on lui déroule le tapis rouge ? « Une main invisible qui profite de sa proximité avec les décideurs, travaille de jour comme de nuit, au sabotage de ses projets d’investissement », accuse la Coordination.

Qui est cette main invisible qui a un bras aussi long pour bloquer des projets d’une importance stratégique pour le pays ? Réponse de la Coordination dirigée par Mourad Bouzidi : « De nombreuses sources médiatiques, citent Réda Kouninef, qui, d’après elles, utilise ses liens privilégiés avec Saïd Bouteflika et les autres décideurs, pour bloquer les projets de Cevital. Cette situation est à la fois scandaleuse et très inquiétante ».

Pis, Cevital et Béjaia ont été victimes d’une « discrimination » de la part du Conseil national du développement de l’investissement qui, selon la Coordination des comités de soutiens, « dans ses résolutions du 30 octobre dernier, validé, contre toute attente, une liste de 25 wilayas où l’activité de trituration de graines oléagineuses est éligible aux avantages accordées à l’investissement, excluant la wilaya de Béjaia où la demande est pourtant réelle voir même populaire ».

Et à la Coordination de dénoncer « le silence des plus hautes autorités de notre pays qui nous inquiète au plus haut point » face à un tel « crime économique ».

Devant tant d’adversités, les animateurs de la Coordination refusent d’abdiquer et décident de renouer avec l’action revendicative en appelant à la tenue , le 24 novembre au siège de Cevital d’une réunion « élargie aux représentants de la communauté universitaire, à l’ensemble de la société civile, de la classe politique, tous les élus ainsi qu’aux opérateurs économiques » pour « débattre de ces blocages tout azimut et décider ensemble des éventuelles actions à entreprendre pour la sauvegarde de Cevital ».

Par cette action, la Coordination compte aussi mettre en avant pas moins de cinq revendications, à savoir : l’arrêt immédiat de l’acharnement contre Cevital et le déblocage de tous ses projets, l’ intégration de Béjaia dans la liste des wilayas où l’activité de trituration de graines oléagineuses est éligible aux avantages accordées à l’investissement, l’accostage des bateaux au port de Béjaia, le débarquement des équipements, et la réalisation de l’usine de trituration de graines oléagineuses de Cevital ; une répartition juste et équilibrée des investissements et de la richesse dans notre pays et enfin une gestion transparente et juste de l’économie nationale.

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