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Caricatures : la France lance un « message de paix au monde musulman »

Une nouvelle attaque meurtrière au couteau a été perpétrée ce jeudi en France. Trois personnes ont été tuées à la basilique Notre-Dame de Nice sur la Côte-d’Azur (Sud-est) par un jeune de 21 ans qui se dit tunisien, et être arrivé en Europe par Lampedusa en Italie fin septembre et en France début octobre, selon les informations de l’Agence France-Presse (AFP). Dans la même journée, à Lyon, un agent de sécurité a été blessé au couteau devant le consulat de France à Djeddah en Arabie saoudite.

L’attaque de Nice, qualifiée de terroriste par les autorités françaises, survient près deux semaines après la décapitation d’un enseignant vendredi 16 octobre dans la région parisienne, par un jeune tchétchène, qui a été ensuite abattu par la police. L’enseignant décapité avait montré des caricatures du Prophète Mohamed. Pour réaffirmer leur attachement à la liberté d’expression et à la liberté de blasphémer, des municipalités françaises ont autorisé la diffusion des caricatures controversées sur des tableaux d’affichage, et le président français Emmanuel Macron, a dit qu’il n’allait pas reculer.

« Rien ne nous fera reculer. Jamais. Nous respectons tous les avis avec un esprit de paix. Nous refusons le discours de la haine et nous défendons le débat rationnel. Nous serons toujours aux côtés de la dignité humaine et des valeurs universelles », avait écrit le président français dans un tweet, alors que dans le monde musulman la colère grondait, et les appels au boycott des produits français se multipliaient en signe de protestation contre la publication des caricatures controversées.

Dans ce contexte de tensions extrêmes, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a lancé ce jeudi 29 octobre un «message de paix au monde musulman ». Il a assuré que la France était le « pays de la tolérance », pas du «mépris ou du rejet ». « N’écoutez pas les voix qui cherchent à attiser la défiance. Ne nous laissons pas enfermer dans les outrances d’une minorité de manipulateurs », a-t-il dit lors de l’examen du budget de son ministère à l’Assemblée nationale.

« La religion et la culture musulmanes font partie de notre histoire française et européenne, nous la respectons », a dit M. Le Drian. Avant d’ajouter : «les musulmans appartiennent de plein droit à notre communauté nationale », qui leur garantit la liberté de culte.

« Nous ne saurions accepter ces campagnes de désinformation et de manipulation parce qu’elles visent à dénaturer et à travestir ces réalités », a-t-il dit, en réponse aux critiques relatives à la discrimination des musulmans en France, selon le compte rendu du Figaro.

M. Le Drian a rappelé que la France n’oubliera jamais ceux qui l’attaquent aujourd’hui : « Les propos et les actes ont des conséquences, qui engagent leurs auteurs en responsabilité ». Il fait allusion au président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a vivement critiqué la France sur l’affaire des caricatures, en se prenant à son homologue Emmanuel Macron, en interrogeant sa santé mentale. Des déclarations qui ont provoqué la colère de Paris.

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