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C’est quoi le SKD, le CKD et le taux d’intégration ?

C’est quoi le SKD, le CKD et le taux d’intégration ?

TSA Algérie
À l'intérieur de l'usine TMC de Tahkout

Le transfert de technologie dans l’industrie automobile passe par l’application d’un programme de fabrication par étapes suivi par l’entreprise destinataire. Dans le cas de l’usine Hyundai de Tiaret gérée par TMC (Tahkout Manufacturing Company), les responsables ont précisé que le processus d’assemblage se fera d’abord via le système SKD puis passera en CKD pour atteindre un meilleur taux d’intégration, d’ici les prochaines années.

Premier véhicule en CKD en avril 2018

La phase de SKD, ou Semi Knocked Down, n’est pas censée se prolonger dans le temps. Le procédé consiste à monter des véhicules dont les pièces sont déjà reçues, partiellement assemblées. Pour une entreprise, ici un constructeur automobile sud-coréen, cela consiste « à exporter des produits assemblés partiellement soit à ses licenciés-partenaires, soit à ses filiales industrielles ». C’est une phase sur laquelle  « les concessionnaires ne doivent pas compter très longtemps puisque le taux d’intégration est toujours en deçà des attentes locales recommandées », expliquait Mokhtar Chahboub, expert industriel et ex-PDG de la Société nationale de véhicules industriels (SNVI), cité par El Moudjahid. Dans le cas de l’usine Hyundai de Tiaret, les kits comprennent la carrosserie, le moteur, les roues et différentes pièces automobiles, indiquaient les responsables lors d’une visite organisée pour la presse.

Ces mêmes responsables faisaient aussi savoir que le procédé CKD serait rapidement mis en place. « Lorsque nous entrerons en CKD avec la fabrication de la tôle, coque du véhicule, et peinture de la carrosserie, Hyundai entrera en 51/49 », promettait ainsi Mahieddine Tahkout, patron de TMC. Selon les déclarations de son directeur sud-coréen, le premier véhicule Hyundai assemblé à Tiaret, selon ce procédé, sortira d’usine en avril 2018.

Le CKD, ou Completely Knocked Down, est une technique qui consiste à exporter des produits entièrement démontés et dont l’assemblage final est opéré par un acteur local. À ces lots de pièces réceptionnées depuis l’étranger peuvent s’ajouter des éléments produits localement afin d’atteindre une intégration plus poussée. Selon plusieurs sources, cette méthode constitue un avantage pour les grands constructeurs automobiles qui profitent ainsi de droits de douanes plus faibles et d’une main-d’œuvre qui est généralement moins chère sur les marchés visés.

Le constructeur local peut aussi bénéficier de facilités lorsque les autorités souhaitent développer une industrie particulière comme c’est le cas actuellement pour l’automobile en Algérie.

| LIRE AUSSI : Reportage : au cœur de l’unité de montage Hyundai de Tiaret

Régime fiscal préférentiel pour l’intégration industrielle

Selon l’art. 88 de la loi de Finance 2017, « les entreprises activant dans les activités d’assemblage et de montage bénéficient du régime fiscal préférentiel selon la législation régissant le CKD, sous la condition de réalisation d’investissements, de création d’emplois et d’un taux d’intégration ».

Au niveau de l’usine TMC, on se targue déjà d’avoir créé 400 emplois dans la zone industrielle de Tiaret. En matière de taux d’intégration, celui de l’usine Hyundai a atteint 5 à 6%, affirmaient les responsables à TSA. Selon le cahier des charges, il devra s’établir à 15% dans les trois ans suivant la mise en place du projet. Un objectif que le directeur de l’usine estime à la portée de l’entreprise.

Une fois que le système CKD est en marche, « l’intégration doit être portée à 30% », a néanmoins prévenu Abdelmalek Sellal qui s’exprimait samedi sur les différents projets dans l’industrie automobile.

Si l’intégration industrielle atteint un meilleur taux, alors c’est tout un tissu d’entreprises locales qui pourraient voir le jour. Des entreprises locales pourraient être chargées de la fabrication de pièces détachées, du câblage, des sièges ou encore de l’habillage textile des véhicules.

Pour l’heure, Tahkout a annoncé que des sous-traitants locaux sont en cours d’homologation par le constructeur sud-coréen. Lors de notre visite à Tiaret, celui-ci s’était empressé de nous montrer quelques pièces, construites dans une usine de Oued Smar, et qui seraient actuellement en phase d’homologation.

(Pièces de rechange fabriquées à Oued Smar. Crédit photo : ZR ©)

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