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Conflit au Sahara occidental : l’Arabie saoudite est-elle en train de changer de position ?

Conflit au Sahara occidental : l’Arabie saoudite est-elle en train de changer de position ?

Dans le conflit au Sahara occidental, le Maroc est en train de perdre un allié de poids. L’Arabie saoudite montre depuis quelques mois en effet des signes peu rassurants à l’égard du royaume de Mohamed VI.

Jeudi dernier, un court reportage diffusé par Al-Arabiya sur la dernière colonie en Afrique, a donné un aperçu sur un changement d’attitude de Riyad vis-à-vis de Rabat, sur le conflit au Sahara occidental, même officiellement rien n’a changé.

 

Dans ce court reportage, la chaîne saoudienne a présenté ce conflit d’une façon neutre, en rappelant que le Front Polisario, est reconnu par l’ONU comme le représentant légitime du peuple sahraoui. Rien d’anormal, mais dit par une chaîne appartenant à l’Arabie saoudite, qui a toujours soutenu le Maroc sur la question du Sahara occidental, cela change tout.

Des journaux marocains et arabes ont interprété le reportage d’Al-Arabiya comme une riposte de Riyad à l’interview accordée par le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita à Al-Jazzera, la chaîne du Qatar, grand rival de l’Arabie saoudite dans la région du Golfe.

Le chef de la diplomatie marocaine a laissé entendre que son pays n’était pas disposé à recevoir le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane, qui a effectué une tournée dans plusieurs pays, dont l’Algérie, début décembre 2018. Il a confirmé l’arrêt de la participation des forces armées de son pays à la guerre au Yémen, que mène depuis 2015, la coalition arabo-islamique dirigée par l’Arabie saoudite. « Al-Jazzera, envoie des messages « cryptés » aux saoudiens », titrait le 24 janvier dernier le site marocain 360.ma, réputé prochain du Palais royal.

Des déclarations, qui n’ont pas plu à Riyad, selon le Rai Al-Youm (L’opinion d’aujourd’hui) de l’ancien directeur d’Al-Quds Alarabi, Abdel Bari Atwan. « L’Arabie saoudite présente le Front Polisario comme un État et le représentant légitime du peuple du Sahara occidental en réponse au refus du Maroc de recevoir le prince héritier Mohamed Ben Salmane et de se retirer de la guerre au Yémen », écrit le journal paraissant à Londres. Al-Quds Al-Arabi abonde dans le même sens : « L’Arabie saoudite utilise le Sahara occidental pour répondre au Maroc ».

Le site marocain Ya Biladi fait la même lecture : « Mohammed Ben Salmane riposte indirectement aux déclarations de Bourita sur Al Jazeera ».

Commentant le reportage d’Al-Arabiya, ce site écrit : « La courte vidéo présentant le conflit a même mis sur un même pied d’égalité le royaume et le Front Polisario, n’hésitant pas à évoquer la « République arabe sahraouie démocratique ».

Outre les répercussions sur le conflit au Sahara occidental, le coup de froid dans les relations entre Riyad et Rabat a aussi un coût économique pour le Maroc, qui a vu les dons en provenance des pays du Conseil de coopération du Golfe, baisser significativement en 2018, à 2,8 milliards de dirhams (300 millions de dollars) contre 9,5 milliards en 2017 (plus d’un milliard de dollars), selon les chiffres officiels.

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