
La crise entre l’Algérie et la France, qui dure fin juillet 2024, impacte les liens économiques entre les deux pays. Les échanges commerciaux algéro-français ont plongé de 12,3% durant le premier semestre 2025 par rapport à la même période de 2024 pour s’établir à 4,8 milliards d’euros, selon les chiffres des Douanes françaises.
Le blé et le lait français sont particulièrement touchés, puisque l’Algérie a réduit considérablement les achats des produits agricoles et agroalimentaires de France, pour différentes raisons : tensions politiques, diversification des partenaires étrangers, réduction drastique des importations et encouragement de la production locale.
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Dans ce contexte, l’activité du port de Marseille vers l’Algérie est particulièrement impacté par la baisse des échanges commerciaux entre les deux pays.
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Pour expliquer cette baisse, le président du Grand port maritime de Marseille, Christophe Castaner a rappelé la genèse de la crise entre la France et l’Algérie, à savoir la décision du président français Emmanuel Macron de reconnaître la marocanité du Sahara occidental.
« La relation avec l’Algérie a toujours été compliquée »
« La relation avec l’Algérie a toujours été compliquée. Comme tous les présidents de la Ve République, Emmanuel Macron a pensé qu’il pouvait renouer un lien avec l’Algérie. On a tourné le dos au Maroc (…) », a expliqué l’ex-ministre de l’Intérieur sur le plateau de BFMTV.
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Annoncée fin juillet 2024, la reconnaissance par la France de la marocanité du Sahara occidental a plongé les relations algéro-françaises dans une crise inédite. L’Algérie a aussitôt rappelé son ambassadeur à Paris qui depuis n’est pas revenu.
La crise s’est ensuite aggravée avec l’arrivée de Bruno Retailleau ministère de l’Intérieur en septembre 2024, l’arrestation en novembre de la même année de l’écrivain Boualem Sansal, l’affaire des influenceurs algériens en janvier 2025 et les expulsions par Alger d’agents français en avril 2025.
Pour le port de Marseille, « il y a des conséquences notamment sur le flux » avec la France, précise Castaner. « Il y a un corridor de l’Algérie vers la France qui porte l’Afrique vers la France sur le transport de marchandises, celui-ci est atteint, il fonctionne moins bien, nous avons une baisse d’activité sur l’Algérie », a-t-il développé, sans donner de chiffre précis sur ce recul.
Sur les passagers, Castaner n’a pas fait état de baisse, en dépit des restrictions sur les visas qui touchent les ressortissants algériens. « Sur le flux passagers, les choses se passent plutôt bien », a-t-il dit, en précisant que 4,5 millions de voyageurs transitent par le deuxième plus grand port de France via toutes les directions, notamment la Corse et le Maghreb.