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De grands médias internationaux commentent l’annonce du report des élections

Plusieurs médias internationaux ont commenté ce lundi et mardi la décision du président Bouteflika d’annuler les élections présidentielles prévues le 18 avril prochain et les reporter à une date ultérieure non fixée.

« Lorsque Bouteflika a retiré sa candidature, des manifestations ont eu lieu dans la capitale algérienne, tout comme des appels à plus de manifestations. Certains ont accusé le président de 82 ans d’utiliser le report des élections pour prolonger son mandat de manière furtive, plutôt que de démissionner et de remettre le pouvoir », explique le journal américain le Washington Post.

« Les gens ont été mécontent qu’aucune nouvelle date n’ait été fixée pour la tenue des élections. D’autres ont déclaré qu’ils étaient frustrés par le fait que c’était la vieille garde qui prendra les décisions concernant le futur paysage politique », ajoute le Post.

« L’euphorie initiale provoquée par la décision du président algérien de renoncer à sa candidature à un cinquième mandat a rapidement cédé la place au scepticisme et à la colère des opposants qui ont qualifié la démarche de ‘’manœuvre’’ pour sauver son gouvernement troublé », affirme pour sa part le journal américain le New York Times, dans un article intitulé « Le message des manifestants au président algérien : Tu ne peux pas nous duper ».

« Aucun calendrier n’a été établi pour la conférence nationale, ni pour les futures élections. Le nombre croissant d’opposants de M. Bouteflika a laissé entendre que le président – ou le cercle derrière lui au pouvoir dirigé par l’armée – cherchait simplement à prolonger son mandat », indique le Times, décrivant la réaction des Algériens aux décisions prises par Bouteflika comme étant « hostiles ».

« Le vice-Premier ministre fraîchement nommé, Ramtane Lamamra, un ancien ministre des Affaires étrangères, a fait des promesses dans une interview », écrit le journal américain. « Les Algériens ont déjà entendu cela par le passé. Il n’est pas sûr que quiconque soit en train d’écouter cette fois-ci », conclut le New York Times.

« Le président algérien de longue date a cédé aux demandes populaires de retirer sa candidature pour sa réélection après trois semaines de manifestations massives qui ont secoué le pays. Mais un point d’interrogation géant plane désormais sur la suite des évènements, laissant les Algériens et les investisseurs – en particulier ceux du secteur du pétrole et du gaz – plongés dans l’incertitude », estime quant à lui CNBC, média américain dédié à l’économie et au monde de la finance.

« L’incertitude reste grande car la concession du président ne garantit pas de réformes, ni un calendrier pour de nouvelles élections ni de changements de politique destinés à élargir les opportunités d’investissement dans le pétrole et le gaz pour les entreprises internationales », indique CNBC.

« Le gouvernement algérien était en train de rédiger une nouvelle loi sur les hydrocarbures, plus favorable aux investisseurs, et devait être adoptée par le Parlement après les élections du 18 avril, qui ont désormais été reportées », rappelle le média américain, précise que « la perspective de troubles politiques prolongés signifie que l’adoption du projet de loi sur les hydrocarbures comportant de nouvelles mesures incitatives pour encourager l’exploration et la production sera mise en veilleuse », prédit CNBC.

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