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Des députés analysent le Plan d’action du gouvernement Ouyahia

Ramdane Tazibt (Parti des Travailleurs) « L'évasion fiscale est criminalisée par la Constitution mais c'est un sport national ! » « Nous attendons du gouvernement qu'il prenne des décisions à la hauteur de…

Des députés analysent le Plan d’action du gouvernement Ouyahia
newpress
Aicha Merabet
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Ramdane Tazibt (Parti des Travailleurs)

« L’évasion fiscale est criminalisée par la Constitution mais c’est un sport national ! »

« Nous attendons du gouvernement qu’il prenne des décisions à la hauteur de la gravité de la situation. Aujourd’hui, tous les Algériens se posent la question. Comment en est-on arrivé là ? L’Algérie est un pays riche. Il y a des richesses humaines et naturelles. On parle de préférence nationale, mais aucune mesure n’est prise par le gouvernement pour protéger la production nationale. Le gouvernement s’engage encore une fois à respecter l’Accord d’association avec l’Union européenne alors que tout le monde sait que c’est un accord qui n’apporte rien de positif à notre pays. Il y a un déséquilibre criard dans les échanges entre l’Algérie et l’Union européenne », a déclaré Ramdane Tazibt, député du Parti des Travailleurs (PT). Il faut, selon lui, arrêter les politiques qui ont montré leur caractère destructeur pour l’économie nationale. « Le Premier ministre se désole que la facture de l’importation reste élevée à 60 milliards de dollars. Mais, un gouvernement ne se désole pas, n’exprime pas d’état d’âme, il prend des décisions. Pourquoi ne pas revenir, même momentanément, au monopole de l’État sur le commerce extérieur parce que la situation est grave ? Tous les opérateurs économiques souffrent de la concurrence déloyale de la contrefaçon », a-t-il souligné. Ramdane Tazibt reproche à Ahmed Ouyahia de n’avoir pas expliqué les raisons du « transfert financier » de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnas) vers la Caisse nationale des retraites (CNR). « Ouyahia a parlé de 700 milliards de dinars transférés vers la CNR mais il n’a pas dit pourquoi. La CNR est déficitaire parce que nous avons 5 millions de travailleurs qui ne sont pas déclaré à la sécurité sociale et parce que les patrons sous-déclarent leurs salariés. L’évasion fiscale est criminalisée par la Constitution mais c’est un sport national. Il y a 12.000 milliards de dinars d’impôts qui n’ont pas été recouverts. Il y a la fuite des capitaux dans le commerce extérieur. On organise légalement la fuite de la devise à travers la surfacturation. Tout le monde connaît ces problèmes mais personne n’agit », a regretté le député du PT.

Lakhdar Benkhelaf (Union El Adala, El Bina et Ennahda)

« Une seule ligne est consacrée à la lutte contre la corruption dans le Plan d’action du gouvernement ! »

« C’est la première fois dans l’histoire du Parlement que nous terminons une session en votant pour un plan d’action du gouvernement et que nous entamons une nouvelle en votant pour un autre plan ! », a constaté Lakhdar Benkhelaf, député de l’Union El Adala, El Bina et Ennahda. Analysant les chiffres fournis par le gouvernement, il a relevé qu’entre 2000 et 2017 (depuis l’arrivée du président Bouteflika au pouvoir), les gouvernements successifs ont dépensé plus de 619 milliards de dollars. « C’est 37 fois les fonds consacrés par les États-Unis à la reconstruction après la Deuxième Guerre mondiale ! Est-ce que les 619 milliards de dollars ont contribué à l’amélioration du système de santé ou du secteur de l’éducation ? Une seule ligne est consacrée à la lutte contre la corruption dans le Plan d’action du gouvernement. Même le Premier ministre n’a rien dit aujourd’hui sur cette question. Que prévoit donc le gouvernement pour lutter contre la corruption ? Qu’en est-il de la séparation entre l’argent et la politique comme évoqué dans le précédent plan d’action (du gouvernement Tebboune) ?Quels sont les moyens mis pour combattre l’évasion fiscale ? Qu’en est-il des crédits bancaires accordés à l’époque de l’opulence financière et non remboursés ? », s‘est interrogé le député de l’opposition.

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Abdelhamid Si Afif (FLN)

« Nous n’avons pas d’autres solutions que le financement non conventionnel »

« Le Premier ministre a présenté, défendu et expliqué cette modalité de financement de l’économie nationale (financement non conventionnel). Il a cité des pays comme le Royaume Uni, le Japon et les États-Unis qui ont recouru à cette solution par le passé pour faire face à leurs crises monétaires. Nous n’avons pas d’autres solutions que le financement non conventionnel pour ne pas recourir aux Clubs de Paris ou de Londres (endettement). Cela veut dire qu’on revient à la case départ. C’est mauvais pour notre économie surtout que nous n’avons pas de moyens pour faire face », s’est alarmé Abdelhamid Si Afif, député du FLN. Le président de la République a, selon lui, interdit le recours à l’endettement extérieur. « C’est une ligne rouge. Le président a dit : « Débrouillez vous, utilisez les moyens locaux que vous avez ». Le Premier ministre est venu avec cette vision. Nous la défendons. Nous sommes obligés parce que l’option a eu l’aval du président de la République. Et le président de notre parti est Bouteflika. Nous soutenons mais nous attirons l’attention du gouvernement sur la recherche d’autres sources de financement. Il est navrant que nous continuons à chercher toujours, et ce depuis des dizaines d’années, une économie diversifiée et des sources de financement autres que la fiscalité pétrolière », a-t-il noté.

Mohcine Belabbas (RCD)

« C’est la première fois que nous entendons un Premier ministre noircir la situation»

« J’ai eu à écouter Ouyahia présenter des programmes du gouvernement avant la Constitution de 2008. Pour l’essentiel, je dirais à 80 %, c’est la même titraille, les mêmes slogans : consolidation de la sécurité, la paix, la réforme de la justice… Il y a toutefois une nouveauté. C’est la première fois que nous entendons un Premier ministre noircir la situation. C’est de la tactique. Il veut faire passer le recours au financement non conventionnel comme une solution intelligente qui l’aurait trouvée. Ouyahia a évité de parler des problèmes que le recours à la planche à billets va créer. C’est de la fausse monnaie », a déclaré Mohcine Belabbas, président et député du RCD. Il a évoqué l’augmentation de prix sur le marché « d’une manière exponentielle ». « La valeur du dinar ne cesse de baisser. On sait aujourd’hui qu’un salaire de 60.000 dinars, c’est l’équivalent d’un salaire de 35.000 dinars d’il y a une année ou deux ans. Les citoyens qui ont de l’argent disponible en dinars vont au Square Port Saïd (Alger) pour le transformer en devise. Cela va réduire le taux de l’épargne au niveau national et une perte de confiance plus accrue de l’investisseur étranger en économie algérienne. Tout cela va mener à une inflation à trois chiffres vers 2019. Nous sommes déjà à 7,7% », a-t-il analysé.

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