
La poursuite d’une forte contestation populaire dans la rue pourrait amener l’armée à reporter le scrutin présidentiel prévu le 12 décembre prochain, a estimé Abdallah Djaballah dans un entretien accordé cette semaine au magazine Jeune Afrique.
« Si la contestation reprend massivement, il est fort probable que l’armée ajourne le scrutin », a affirmé le président du Front pour la justice et le développement (FJD-Adala), un parti ne présentera pas de candidat à l’élection présidentielle.
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Pour Djaballah, deux scénarios sont possibles pour l’élection présidentielle du 12 décembre.
Premier scénario, selon le chef du FJD : « Le pouvoir peut, sous la direction de l’institution militaire, réussir à organiser le scrutin, comme ça a été le cas en 1995. Dans ce cas, le système actuel restera en place et le peuple poursuivra sa révolution, soutenu par les forces du changement, jusqu’à la réalisation de ses revendications ».
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Deuxième scénario : « Le hirak peut aussi se renforcer et imposer ses solutions. Et il y a beaucoup d’indices qui vont dans ce sens. Depuis quelques vendredis, la mobilisation monte en cadence. Le 4 octobre en particulier, le mouvement a pris de l’envergure, que ce soit dans la capitale ou dans de nombreuses autres régions du pays. Si les événements se poursuivent à ce rythme, et si l’ampleur revient à ce qu’elle était en février ou mars derniers, il est fort probable que l’institution militaire réponde favorablement aux revendications du peuple et ajourne le scrutin présidentiel. À ce moment-là, un dialogue souverain et global sera entamé, aboutissant à de vraies réformes politiques et des mécanismes effectifs qui puissent garantir une élection transparente », explique-t-il.
Mais « l’armée nationale pourrait aussi s’obstiner à organiser le scrutin présidentiel, quels que soient les sacrifices. Ce qui laissera les portes grandes ouvertes à l’inconnu », explique-t-il.
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Toutefois, Abdallah Djaballah privilégie la première issue. « Personnellement, je privilégie le scénario du report du scrutin et ai préféré entamer un dialogue alternatif et global », précise-t-il.