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Djamel Ould Abbes : « Bouteflika, c’est comme le lion de la Savane »

Djamel Ould Abbes, secrétaire général du FLN, a poursuivi, ce mercredi 11 juillet, son travail promotionnel pour le 5ème mandat du président Abdelaziz Bouteflika mais d’une autre manière. Après avoir appelé à plusieurs reprises, l’actuel chef d’État à se présenter pour un autre mandat aux fins de « continuer son œuvre au service de la sécurité et de la stabilité du pays » en 2019, le SG du parti de la majorité parlementaire dresse le bilan des vingt ans de Bouteflika en commençant par ses relations avec l’Afrique.

« Bouteflika et l’Afrique, 60 ans d’amitié, de solidarité et de coopération » est le thème choisi pour une rencontre-débat en français, qui s’est tenu au siège du parti à Hydra à Alger, en présence de la presse, des cadres du parti et de diplomates africains. Se présentant comme « fidèle compagnon de Bouteflika depuis l’époque de la guerre de libération nationale », Djamel Ould Abbes a déclaré qu’il connait tout « ce qu’a entrepris le président de la République dans les relations de l’Algérie avec l’Afrique ».

Il a expliqué qu’il entendait répondre à Ravina Shamdasani, porte parle du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, à propos de la question des migrants. Le 22 mai 2018, Mme Shamdasani a déclaré que l’expulsion collective des migrants par l’Algérie était « profondément alarmante » et appelé les autorités algériennes à cesser cette reconduction forcée aux frontières des subsahariens.

« Je suis un médecin humanitaire »

« Elle était mal informée je pense par naïveté. Ce qui m’a surpris encore c’est la position des ONG qui n’ont d’ONG que le nom. Elles ont pris à partie l’Algérie et sa position vis-à-vis des africains. Ces organisations sont au service d’officines de certains gouvernements connus. Etant moi-même médecin humanitaire, je les connais. Je les ai côtoyés pendant les guerres où j’ai travaillé comme médecin en Irak, au Liban Sud, au Yémen et en Bosnie. Ces ONG nous ne dérangent pas », a-t-il affirmé.

D’après Ould Abbes, l’Algérie connait l’Afrique grâce à Bouteflika. Il a rappelé qu’au début des années 1960, la direction de la Révolution avait choisi Abdelaziz Bouteflika, alors âgé de 23 ans, d’ouvrir un nouveau front au Sud, au moment où les négociations avec les français buttaient sur la question de la séparation entre le Nord et le Sahara. Il était, selon lui, secondé de Draïa, Messadia et Belhouchet et installé à Gao, au nord Mali, puis à Bamako.

Les relations avec l’Afrique ont commencé, d’après ses dires, durant cette période. « Des relations « facilitées » par Frantz Fanon, alors représentant du FLN au Ghana », a-t-il dit.

L’Afrique doit à Bouteflika, selon le SG du FLN, l’expulsion de l’Afrique du Sud – alors sous l’apartheid- de l’assemblée générale de l’ONU à New York en 1974 en raison de sa politique raciale (Apartheid). « Elu en 1999, Bouteflika a organisé la première et grande manifestation en Algérie, le sommet de l’OUA (Organisation de l’unité africaine) avec quarante chefs d’États africains. Bouteflika est initiateur du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) avec d’autres chefs d’États. Le NEPAD a sauvé l’Afrique », a-t-il souligné.

« Soutien humanitaire aux frères africains »

« Croyez-moi, lorsque j’étais son ministre de la Solidarité nationale et de l’action sociale, je jure qu’ à chaque bobo, à chaque inondation, à chaque catastrophe naturelle, à chaque sécheresse, au Mali, au Niger, en Tanzanie ou Mozambique, le président me téléphonait personnellement et le lendemain, les avions décollaient. J’ai accompagné quelques vols au Darfour (Soudan) et au Kenya. Cela se poursuit jusqu’à maintenant. C’est la politique du président, le soutien humanitaire aux frères africains », a-t-il dit.

Ould Abbes a rappelé que Bouteflika a décidé d’effacer les dettes de tous les pays africains. « Il est le seul chef d’État à l’avoir fait. Ces éléments permettent de dire que nous ne pouvons pas en tant qu’africains se comporter mal avec nous frères africains en souffrance, les migrants. Les migrants sont des victimes. Une rumeur a couru ces derniers temps, outre Méditerranéen sur l’ouverture de centres de rétention fermés en Afrique du Nord (pour les migrants clandestins). Heureusement que Messahel, notre ministre des Affaires Étrangères, qui est un enfant de Bouteflika, de l’école de Bouteflika, a réagi immédiatement », a-t-il relevé.

Le 27 juin 2018, le chef de la diplomatie algérienne a déclaré à RFI (Radio France internationale) que l’Algérie excluait toute ouverture de « zones de rétention » pour les migrants clandestins sur son territoire. Le SG du FLN est revenu à l’Histoire pour dire que la France avait ouvert, en 1938, des centres pour endiguer le flux de migrants espagnols après la fin de la guerre civile.

« Et, ils veulent qu’on ouvre des centres fermés, comme eux ont présenté un africain à la foire coloniale de 1931 (exposition coloniale internationale de Paris). Ils ne connaissent pas l’Algérie. C’est un homme humain et sensible (Bouteflika) mais lorsqu’il s’agit de principes, il tranche. Bouteflika, c’est comme le lion de la savane. Il est là, regarde. Il n’a pas 180 degrés mais 360 degrés (champs de vision). Il ne bouge pas, mais le moment venu, il donne le coup de patte. Nous sommes heureux de dire que nous avons un vrai chef. Et, les frères africains le savent très bien», a déclaré le SG du FLN.

En juin dernier, Djamel Ould Abbes a soutenu à Oran que Bouteflika n’avait pas besoin de campagne électorale pour le 5ème mandat, au cas où il se présente. « Le dernier mot revient au président. Lui seul peut décider de la question. Quant, il donnera sa réponse, le SG du FLN vous le communiquera », a-t-il promis. À neuf mois de l’élection présidentielle, Bouteflika n’a encore rien dit sur sa volonté de se présenter pour un nouveau mandat en 2019 ou pas.

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