Consommation

Émission de CO2 et carences nutritionnelles : l’Algérie dans la zone rouge

Une étude de l’Université de Harvard a démontré que la concentration en CO2 réduit la qualité nutritionnelle des aliments consommés, impactant la santé des populations, rapporte, ce dimanche 7 octobre, Francetvinfo.

L’Algérie, se retrouve en tête des pays menacés par les carences nutritionnelles dues à la pollution. « A l’Instar de l’Inde, (…) trois autres (pays) doivent s’inquiéter tout autant du phénomène : l’Algérie, la Guinée et Djibouti. » explique Matthew Smith, co-auteur de l’étude « Impact des émissions anthropiques de CO2 sur la nutrition », cité par la même source.

L’Algérie particulièrement exposée

En cause, des cultures sensibles au taux de CO2 dans l’air et une pollution atmosphérique en nette augmentation. En effet, rien que pour l’année 2018, l’Algérie a enregistré une variation de 3,20% de taux d’émission de CO2 que l’on peut consulter sur le site Perspective Monde de l’Université de Sherbrooke. En plus de l’activité humaine, c’est sa position géographique et un climat semi-aride qui la rend d’autant plus vulnérable aux émissions de CO2.

C’est pourquoi l’Algérie se retrouve en rouge sur la carte des pays à risques car « fortement tributaire des aliments qui perdent en nutriments quand la concentration de CO2 augmente dans l’air (…) Les Algériens tirent leurs nutriments d’un mélange de blé et d’orge : environ la moitié de leur zinc et de leur fer en provient », précise Matthew Smith.

Risques de carences en fer, zinc et protéines dans le monde liées à l’augmentation des émissions de CO2 © «Impact des émissions anthropiques de CO2 sur la nutrition (Impact of anthropogenic CO2 emissions on global human nutrition)»


Mises en garde sur les conséquences sanitaires

Dans la suite de l’entretien, Matthew Smith explique les risques sanitaires encourus : « La déficience en zinc affecte le système immunitaire et l’une des conséquences quand on manque de fer, c’est l’anémie ou la réduction des capacités cognitives. Cela peut être à l’origine de complications pendant l’accouchement, aussi bien pour les futures mamans que les bébés. La déficience en protéines génère, quant à elle, des problèmes de croissance. Les déficiences existantes vont effectivement s’aggraver. ».

Avant de conclure à une prise de conscience de la nécessité de réduire au plus vite les émissions de CO2 et d’opter pour des cultures moins sensibles à la pollution atmosphérique.

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