
L’affaire fait grand bruit dans certains pays musulmans et suscite des grincements de dents jusque chez certains dirigeants.
En Azerbaïdjan, ancienne république soviétique à majorité musulmane, le voile islamique n’est visiblement pas le bienvenu à l’école. En vertu d’une décision des autorités datée du 21 septembre dernier, les élèves et les enseignants sont sommés de se conformer à l’uniforme scolaire.
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Selon Courrier international, les autorités azerbaïdjanaises interdisent depuis quelques semaines les vêtements « qui rompent l’uniformité de l’uniforme scolaire imposé ou qui ne sont pas conformes au principe de la laïcité ».
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Résultat : des manifestations ont éclaté dans plusieurs endroits du pays, notamment à Bakou, la capitale, ainsi que dans certains quartiers de la périphérie de la capitale. Il y a quelques jours, les contrôles vestimentaires dans les établissements scolaires ont dégénéré en affrontements avec la police.
Des manifestants ont tenté d’incendier des véhicules et des bâtiments, selon des informations parcellaires qui filtrent de ce pays fermé et repris par les médias étrangers. Plusieurs personnes ont été arrêtées.
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Interdiction du voile à l’école en Azerbaïdjan : une décision qui fait désordre
Le lendemain, de nouveaux affrontements ont été signalés autour de certaines écoles alors que des poursuites pénales pour troubles à l’ordre public ont été engagées contre plusieurs dizaines de manifestants, selon ces sources.
La polémique a pris de l’ampleur après la diffusion d’une vidéo montrant deux écolières en pleurs, auxquelles l’accès à leur établissement a été refusé en raison de leur voile, d’après plusieurs médias.
Cette interdiction, justifiée par les autorités au nom de la laïcité, suscite d’autant plus de réactions que l’Azerbaïdjan est un pays où plus de 97 % de la population est musulmane.
La controverse a rapidement franchi les frontières, suscitant la réaction notamment du voisin turc, pourtant l’un des principaux alliés de Bakou.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué les restrictions visant le port du voile dans les établissements scolaires azerbaïdjanais.
Lors d’un discours prononcé aux Nations unies le 22 septembre, il avait dénoncé « les interdictions du voile mises en place dans les écoles de certains pays, qui sont une atteinte aux droits les plus fondamentaux ».
Même si le dirigeant turc ne cite pas expressément les autorités azerbaïdjanaises, il reste que l’allusion ne souffre d’aucune équivoque. Signe de tension : le 3 octobre, des manifestants s’étaient rassemblés devant le consulat azerbaïdjanais à Istanbul pour protester contre cette décision.
« Notre voile n’est pas un uniforme scolaire. Il ne s’agit même pas simplement d’une question de droits humains. Le voile constitue l’identité même de la femme musulmane », a déclaré une organisatrice du rassemblement dont les propos ont été repris par les médias.
Une mobilisation qui illustre les tensions qu’engendrent souvent ce genre de décisions qui touchent à la fois à la liberté religieuse et à la place de l’islam dans l’espace public, sujets encore très sensibles, voire tabous, particulièrement dans les sociétés musulmanes.
Le voile, un sujet qui divise au-delà de l’Azerbaïdjan
Le problème divise parfois même les sociétés occidentales où la laïcité est profondément ancrée dans les mœurs politiques. En France, par exemple, le port de signes religieux ostensibles par les élèves dans les établissements scolaires publics est interdit depuis la loi de 2004.
Mais la question du voile continue d’alimenter les tensions politiques, notamment autour des propositions de l’extrême droite visant à étendre les interdictions à d’autres espaces de la vie publique.
En Suisse également, le port du voile fait régulièrement l’objet de débats politiques et juridiques, même si les règles varient selon les situations et les institutions concernées.
Face au tollé soulevé par la décision, les autorités azerbaïdjanaises vont-elles lâcher du lest ? Pas sûr compte tenu de la nature du régime. Le 4 octobre dernier, le chef de l’État, Ilham Aliev a adressé un avertissement à ceux qui contestent les choix de son pays : « Qu’ils ne se mêlent pas de nos affaires, qu’ils ne mettent pas leur nez dans notre mode de vie et qu’ils ne nous disent pas ce que nous devons faire ». Ilham Aliev est au pouvoir depuis 2003.