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Espagne : le Maroc qualifié de « dictature », Pedro Sanchez décrié

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez continue de subir les retombées de son alignement sur la position marocaine concernant le conflit au Sahara occidental.

Pedro Sanchez doit justement comparaître ce mercredi 19 avril devant le congrès des députés espagnols où il devrait répondre de ses décisions sur le Maroc et le Sahara occidental.

Pedro Sanchez est attendu de pied ferme par les députés de l’opposition de droite mais aussi une partie de la coalition de gauche qui forme son gouvernement.

Au-delà de la pression des parlementaires, Pedro Sanchez est décrié au sein même de son gouvernement.

En effet, la deuxième vice-présidente de l’exécutif Yolanda Diaz a tenu des propos très durs à propos des décisions prises par Pedro Sanchez sur le Sahara occidental.

Yolanda Diaz a affirmé, dans une interview accordée dimanche à la Sexta, qu’elle n’hésiterait pas à remettre en cause la nouvelle position de Sanchez sur le Sahara occidental.

Le 18 mars 2022, l’annonce du revirement espagnol sur le Sahara occidental a été faite dans un communiqué du cabinet royal marocain.

S’en est suivi une crise sans précédent entre l’Espagne avec l’Algérie. En signe de protestation contre la décision du gouvernement espagnol, Alger a rappelé samedi 19 mars son ambassadeur à Madrid avant de geler le traité d’amitié et le commerce avec l’Espagne en juin de la même année.

Maroc – Espagne : Pedro Sanchez décrié au sein de son propre staff

À ce jour, les pertes des entreprises espagnoles se chiffrent à plus de 800 millions d’euros suite au blocus algérien selon la presse espagnole.

Devant ce constat de crise, Yolanda Diaz a affirmé qu’elle reviendrait à une position équilibrée sur la question du Sahara occidental. « Je reviendrais à la position initiale de l’Espagne sur le Sahara occidental », a-t-elle déclaré.

Yolanda Diaz, qui est également ministre Travail et de l’Économie sociale, n’a pas mâché ses mots en évoquant le Maroc qu’elle a qualifié de « dictature ».

Les déclarations fortes de Diaz interviennent juste avant la comparution de Pedro Sanchez devant les députés.

Les propos de Yolanda Diaz ont été plutôt bien accueillis par le Front Polisario qui s’est exprimé par le biais de son délégué en Espagne Abdulah Arabi. Le diplomate Sahraoui a salué sur Twitter la « clarté » et la « fermeté » avec lesquelles s’est exprimée Yolanda Diaz sur le Sahara occidental.

La charge de Yolanda Diaz contre Pedro Sanchez survient à quelques mois des élections générales en Espagne en fin d’année. Le chef du gouvernement espagnol dirige une coalition fragile formée par des républicains connus pour leurs positions en faveur du Sahara occidental.

Il sera très difficile à Pedro Sanchez de gouverner sans ses alliés de gauche d’autant plus que l’opposition de droite se prépare à le renverser en raison notamment de ses décisions qui ont fortement impacté les relations de l’Espagne avec son entourage immédiat dont l’Algérie.

D’autant que l’alignement de Sanchez sur les thèses marocaines sur le Sahara occidental n’a pas calmé les ambitions du Royaume concernant Sebta et Melilla. Le 7 avril, le président de la Chambre des Conseillers du Maroc, Enaam Mayara a appelé à la rétrocession de ces deux esclaves au Maroc par l’Espagne. Trois jours après, la ministre espagnole de la défense Margarita Robles a rappelé à qui appartiennent Sebta et Melilla.

De son côté, l’Algérie n’entrevoit aucune solution à la crise avec l’Espagne tant que Pedro Sanchez est au pouvoir à Madrid. Alger mise sur une défaite du chef du gouvernement espagnol aux prochaines élections pour espérer un retour de l’Espagne à une position de neutralité sur le Sahara occidental.

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