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Festival d’Annaba du film méditerranéen : pas de films turcs, deux nouvelles productions algériennes en compétition

Festival d’Annaba du film méditerranéen : pas de films turcs, deux nouvelles productions algériennes en compétition

Le 3e Festival d’Annaba du film méditerranéen a débuté mercredi soir au Théâtre régional Azzeddine Medjoubi d’Annaba, en présence d’un public nombreux.

Le festival se déroulera jusqu’au 27 mars avec la projection d’une soixantaine de films dont vingt en compétition officielle longs-métrages et documentaires.

L’Algérie est en course pour l’Annab d’or avec « Until the end of time » (« Jusqu’à la fin du temps ») de Yasmine Chouikh et « En attendant les hirondelles » de Karim Moussaoui.

Yasmine Chouikh, présente à Annaba, signe ainsi son premier long-métrage. Il a été projeté en avant-première mondiale au Festival international de Dubaï en décembre 2017.

Le film, qui explore l’idée de la vie dans un endroit de mort, a été présenté en avant-première algérienne lundi 19 mars à la salle El Mouggar à Alger.

Il sera distribué dans les salles par l’ONCI à partir de lundi 26 mars. Le dernier long-métrage d’Ahmed Rachedi, « Les sept remparts de la citadelle », qui a été également projeté en avant-première nationale à l’Opéra d’Alger Boualem Bessaieh mardi 20 mars, sera présenté au public d’Annaba, en soirée spéciale le samedi 26 mars, en présence du comédien Hassan Kechache, qui a eu le rôle principal.

« En compétition, il faut noter des films tels que “Été 93” d’Espagne, “À Ciambra” d’Italie, “Nos patriotes” de France, “Raja Bent Mlah” du Maroc, “El djaida” de Tunisie, “Sheikh Jackson” d’Égypte et “La chasse aux fantômes” de Palestine. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé de bons films turcs cette année. Ils s’inscrivent dans un discours qui est très utile en Turquie ou qui sont destinés à l’exportation.

« Cette année, on est loin des films turcs où le réalisateur oublie à qui il s’adresse. Pour moi, le réalisateur qui pense au public rate la moitié de son histoire. Habituellement, le cinéma turc cherche toujours des sujets originaux qui ont un impact universel. C’est le cas notamment du cinéma libanais », explique à TSA Said Ould Khelifa, commissaire du festival.

Selon lui, la location des films devient de plus en plus chère à cause de l’arrivée des vendeurs internationaux. « Cela commence à 1.500 euros et quand on pleure, on arrive à 400 euros », déplore-t-il.

Le jury « longs-métrages » est présidé par le scénariste français Jacques Fieschi.

La Belgique pays invité d’honneur

L’openning film a été « Une famille syrienne » (Insyriated) du belge Philippe Van Leeuw, projeté en hors compétition. Le long-métrage, tourné totalement en arabe, raconte l’histoire d’une famille piégée dans une ville syrienne où les bombardements sont quotidiens et les dangers permanents.

L’actrice palestinienne Hiam Abbas interprète le rôle d’Oum Yazan, la mère qui veut protéger la famille des dangers extérieurs. Après le Chili et l’Iran, lors des précédentes éditions, la Belgique est le pays invité d’honneur cette année.

« Nous voulons élargir l’éventail hors-méditerranée. Il y a une belle moisson dans le cinéma belge actuellement. Des films qui s’adressent à toutes les communautés », justifie Said Ould Khelifa.

« La méditerranée regarde le monde »

L’équipe de Said Ould Khelifa a ouvert, cette année, une nouvelle section, « La Méditerranée regarde le monde ».

« Dans cette section, nous avons essayé de sélectionner ce qui nous a le plus touchés comme le film philippin “Les femmes de la rivière qui pleure” (de Sheron Dayoc). C’est dans la lignée des premiers cinéastes philippins des années 1970 qui avaient bouleversé le cinéma asiatique. Un cinéma de fond, pas de forme », souligne le commissaire du festival, qui est également critique de cinéma.

Dans la même section sera projeté le documentaire « Le vénérable W » du franco-suisse Barbet Schroeder. Le film tente de comprendre le racisme et la haine bouddhistes contre les musulmans en Birmanie, où les Rohingyas se font massacrer par l’armée birmane.

« Barbet Schroeder, qui se déplace rarement dans les festivals, est parmi nous ici à Annaba. Il est né en Iran, vécu en Colombie. Il a réalisé plusieurs longs-métrages et des documentaires. À chaque fois, ses films ne passent pas inaperçus. Il est l’un des fondateurs de la nouvelle vague française », détaille Said Ould Khelifa.

Barbet Schroeder a notamment réalisé « More », « Général Idi Amin Dada : autoportrait », « Koko, le gorille qui parle » et « L’avocat de la terreur ».

Hommage au Tunisien Ridha Béhi

Le réalisateur tunisien Ridha Béhi, qui est également présent à Annaba, est honoré par le festival pour toute sa carrière.

« Je suis heureux par cet hommage même si cela me rappelle que j’ai avancé un peu dans l’âge. Il y a 32 ans, j’ai projeté ici à Annaba mon film “Champagne amer” (1986). Youcef Chahine était ici présent avec nous. À mon avis, le cinéma est une responsabilité. Chaque génération donne à l’autre. En Tunisie, malgré les difficultés, nous arrivons à produire de 15 à 20 longs-métrages par an. Les jeunes tunisiens sont en train de réinventer les méthodes de production et de réalisation des films », affirme Ridha Béhi.

« Fleur de Alep », son dernier film, sera projeté à Annaba. Autant que « Soleil des hyènes ».

Les organisateurs du festival d’Annaba ont décidé de rendre hommage, à titre posthume, au cinéaste tunisien Taïeb Louhici, disparu le 21 février dernier, en présentant au public son dernier long-métrage « La rumeur de l’eau ».

Les 50 ans du cinéma palestinien, un autre événement également célébré à Annaba avec la projection de plusieurs films. Des ateliers de formation professionnelle sont prévus notamment sur l’écriture d’un scénario, d’un documentaire et sur la relation entre le directeur photo et le réalisateur. Ils seront animés, entre autres, par le directeur photos Charlie Van Damn, qui a contribué aux premiers films de l’Algérien Abdelkrim Bahloul.

 

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