
L’Algérie se dote d’une plateforme numérique dédiée au suivi des opérations relatives aux biens détournés par les ex-oligarques, puis récupérés sur décision de justice.
C’est le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir qui a présidé, lui-même, lundi la cérémonie de lancement, en présence des points focaux et des représentants des secteurs concernés, a indiqué un communiqué du ministère.
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« Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant la modernisation de l’administration publique, le renforcement de la numérisation et la promotion de la transparence, outre l’amélioration des mécanismes de suivi et de coordination entre les différents secteurs intervenant dans la gestion des biens récupérés », est-il expliqué dans le communiqué rendu public par le ministère de l’Industrie .
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L’Inspection générale du ministère de l’Industrie est chargée de superviser l’activation de cette plateforme, et ce pour « assurer l’unification des règles de traitement, l’exploitation optimale de la plateforme numérique et le suivi, en temps réel et avec précision, de la situation des biens récupérés », a précisé le communiqué.
Le ministre de l’Industrie a réaffirmé « l’engagement constant » de son département à « ancrer la bonne gouvernance » et à « soutenir la transformation numérique en tant que choix stratégique pour l’amélioration de la performance publique ».
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Lors d’une visite à Guelma, le ministre de l’Industrie a déclaré que la relance des unités industrielles récupérées dans le cadre de la lutte contre la corruption « n’est pas simplement la relance d’une activité à l’arrêt, mais un véritable projet économique ».
Transformer les actifs industriels recouvrés en véritable levier de production
Le ministre, qui intervenait dans la commune d’El Fedjoudj dans les locaux de la filiale Céréales et Conserveries de l’Est qui appartenait auparavant au groupe Amor Benamor avant d’être rattachée au groupe public agro-industries Agrodiv, a rappelé la « forte volonté de l’État de transformer les actifs industriels récupérés en véritable levier de production fondé sur une bonne gouvernance ».
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réitéré le mois d’octobre dernier, devant les hauts responsables de l’Armée nationale populaire, réunis au siège du ministère de la Défense nationale, sa volonté d’aller « jusqu’au dernier souffle » dans la récupération des richesses spoliées par l’ex-oligarchie. « L’État récupérera jusqu’au dernier centime volé », a-t-il assuré, dans un discours ferme et sans équivoque.
Lors de cette rencontre, le président a révélé des avancées concrètes dans le dossier de restitution des fonds et biens détournés, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger.
Parmi les exemples cités figure un hôtel de luxe en Espagne, classé cinq étoiles, repris récemment par l’État. « Ce n’est qu’un élément d’une longue liste de biens mal acquis que nous sommes en train de récupérer», a-t-il précisé. Parallèlement à ces actifs à l’étranger, d’importantes usines et infrastructures stratégiques saisies à l’ère de la corruption ont été réintégrées dans le patrimoine national.
30 milliards de dollars déjà récupérés, selon le président
Selon le président de la République, l’Algérie a récupéré 30 milliards de dollars de fonds détournés par les ex-oligarques, preuve que « la justice algérienne a retrouvé sa force et sa crédibilité ».
Pour le chef de l’État, cette bataille ne se limite pas à la restitution des fonds. Elle s’inscrit dans une démarche de reconstruction nationale. La « nouvelle Algérie n’a pas de place pour les corrompus », a-t-il tranché
Le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, avait relevé, en juillet dernier, que la justice algérienne a adressé 335 commissions rogatoires internationales à 32 pays pour traquer, geler et saisir les avoirs criminels, et 53 demandes de restitution des avoirs à 11 pays, dont un pays africain, dans le cadre de ses efforts pour récupérer les fonds d’origine criminelle gelés ou transférés à l’étranger.