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Impact de la crise politique entre les deux pays qui dure depuis 18 mois ? Le nombre d’entreprises françaises qui exportent vers l’Algérie est en nette baisse, même si le volume global des exportations se maintient, note une étude…
L’étude fait état de la réduction continue du déficit de la France dans ses échanges avec l’Algérie, à 1,4 milliard d’euros en 2024 contre 2,6 milliards en 2023. La baisse du déficit est due au recul des cours des hydrocarbures, principal produit vendu par l’Algérie à la France.
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Sur les trois premiers trimestres de 2025, le solde a continué à s’approcher de l’équilibre du fait de la baisse des importations françaises d’Algérie, qui s’élèvent à 3,4 milliards d’euros, contre 4,8 milliards sur la même période en 2024. Dans le même temps, les exportations françaises vers l’Algérie n’ont enregistré qu’une légère baisse : 3 milliards € contre 3,5 milliards sur les trois premiers trimestres de 2024.
Des hydrocarbures contre des équipements
Avec 12% de part de marché en 2023, sans grand changement par rapport à 2016 (11%), la France demeure le deuxième fournisseur de l’Algérie derrière la Chine. L’Algérie est pour sa part le quatrième fournisseur de la France en hydrocarbures.
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Les importations françaises d’Algérie se sont élevées à 6,2 milliards d’euros en 2024, constituées à 90% d’hydrocarbures et de produits pétroliers raffinés.
Les exportations françaises vers l’Algérie pendant la même année, d’une valeur de 4,8 milliards €, se composent de produits industriels (4,1 milliards €), notamment du matériel de transport (quasi exclusivement des produits de l’industrie automobile), des produits chimiques, parfums et cosmétiques, machines, produits pharmaceutiques et produits agricoles et agroalimentaires.
Si les matériels de transport et les produits chimiques connaissent une croissance soutenue depuis 2016, les exportations de produits agricoles, notamment de blé, ont subi un recul significatif, souligne l’étude.
Le blé français, symbole du recul de la France sur le marché algérien
Le blé français a perdu du terrain en Algérie, avec des exportations de 280 millions en 2023 contre 700 millions € en 2016.
La part de marché algérien du blé français a dégringolé de 41% en 2016 à 9% en 2023. Entre 2018 et 2023, cette part a suivi une courbe sans ascendante passant de près de 70% à moins de 10%. Pour l’automobile, la France a exporté pour 1,1 milliard d’euros (véhicules et équipements) vers l’Algérie en 2024.
L’étude s’intéresse aussi à la structure des entreprises françaises exportatrices vers l’Algérie. Elles étaient au nombre 5.200 en 2023. Plus de la moitié des exportations françaises vers l’Algérie sont réalisées par 2.700 entreprises dépendantes à moins de 25% de l’Algérie (c’est-à-dire celles qui ont moins de 25% de leurs exportations totales destinées à l’Algérie). En outre, 1.300 entreprises françaises n’ont exporté que vers l’Algérie.
Ces dernières sont entièrement dépendantes du marché algérien dans leurs exportations et ont réalisé 11% des exportations totales françaises vers l’Algérie.
Les entreprises faiblement à modérément dépendantes de l’Algérie (moins de 50%) sont celles des secteurs du commerce de gros et de l’industrie. Celles ayant un niveau de dépendance de 50% à 100%, activent dans le commerce de gros et le commerce de véhicules.
Les chiffres de 2025 font état de la baisse du nombre d’entreprises exportatrices vers l’Algérie. Les montants des exportations reculent (3 milliards € d’exportations sur les neuf premiers mois, contre 3,5 milliards sur la même période de 2024) mais le nombre d’entreprises ne cesse de reculer, contrairement à la tendance observée en 2023 et 2024. En août 2025, il y avait 385 entreprises qui exportaient vers l’Algérie de moins par rapport à août 2024.
De janvier à octobre 2025, le nombre d’entreprises françaises exportatrices vers l’Algérie a baissé en moyenne de 150 entreprises chaque mois. Toutefois, souligne l’étude, cette baisse a moins impacté les entreprises ayant une forte dépendance au marché algérien.