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France : « Il y a des personnalités qui passent leur temps à insulter les musulmans à la télévision »

France : « Il y a des personnalités qui passent leur temps à insulter les musulmans à la télévision »

Le recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-Eddine Hafiz multiplie les sorties afin de tenter d’apaiser un tant soit peu les tensions en France autour de l’Islam et des musulmans dans un contexte de divisions nées de la guerre en Palestine.

Le recteur de la Grande mosquée de Paris a réitéré dans un entretien au Parisien, publié ce jeudi 23 novembre, ses messages de paix, notamment envers la communauté juive, affirmant sans ambages que République et Islam sont parfaitement compatibles. « L’islam n’est pas incompatible avec la République », a dit le recteur de la Grande mosquée de Paris, en réponse à Eric Zemmour qui a dit le contraire dans une tribune publiée dans le JDD, un journal d’extrême-droite.

Son absence à la marche contre l’antisémitisme le 12 octobre à Paris ne signifie nullement qu’il ne partage pas le combat contre cette forme de racisme ou qu’il en minimise l’ampleur en France.

Le recteur de la Grande mosquée de Paris explique clairement que s’il n’a pas manifesté, c’est seulement à cause de la présence de l’extrême-droite à cette marche qui a réuni quelque 200.000 personnes en France

« Je savais qu’il y aurait aussi dans cette marche des personnalités qui passent leur temps à insulter les musulmans à la télévision, à répéter que l’islam est « incompatible » avec la République. Vous m’imaginez marcher à leurs côtés ? », a expliqué le recteur, qui ajoute qu’il aurait marché si la marche avait pour objet le rejet de l’antisémitisme et du racisme.

Chems-Eddine Hafiz ne minimise pas la montée des actes antisémites en France, comme l’a fait un des imams de la mosquée de Paris, Abdelali Mamoun.

L’institution s’est démarquée des propos de ce dernier et son recteur réitère qu’il ne partage pas ce que l’imam a pu dire. Il explique que Mamoun ne fait pas partie des quatre imams de la Grande mosquée de Paris qui officient en permanence et qui ont un lien avec les fidèles.

« Je crois en sa sincérité. Il s’est excusé, il a été recadré et je ne l’ai pas écarté », fait savoir le recteur qui annonce que, du coup, « l’incident est clos », a dit le recteur de la Grande mosquée de Paris.

Légaliste, Chems-Eddine Hafiz s’en tient aux chiffres officiels et déclare qu’il n’est pas question pour lui de mettre sur un même pied d’égalité les 183 actes antimusulmans recensés depuis le début de l’année et la forte recrudescence de l’antisémitisme avec 1700 actes pendant la même période.

Dans l’interview, le recteur de la Grande mosquée de Paris a multiplié les messages de paix, de tolérance et du vivre-ensemble envers la communauté juive. « Il est anormal qu’un musulman soit antisémite », a -t-il répété. « Je ne veux surtout pas qu’on monte une communauté contre une autre », a assuré le recteur de la Grande mosquée de Paris.

A propos des relations avec les représentants de la communauté juive après la marche du 12 novembre, Hafiz assure qu’il y a « toujours des échanges », reconnaissant que le grand rabbin Haïm Korsia « n’a jamais fermé la porte ». Il y a peut-être de l’émotion et une crispation, dit-il, « mais aller jusqu’à la rupture, c’est inconcevable ».

Le recteur de la Grande mosquée de Paris a annoncé d’ailleurs une action commune avec le Grand rabbin afin de défendre la laïcité à l’école. À la demande du président Emmanuel Macron, les deux hommes de religion ainsi que les autres chefs de culte ont convenu de se « montrer ensemble » en allant à la rencontre des jeunes. Il n’a toutefois pas précisé la date ni le lieu de cette action.

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