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France : la fièvre extrémiste gagne Paris

Jusque-là épargnée par la montée de l'extrême-droite en France, Paris commence à céder à la fièvre extrémiste.

France : la fièvre extrémiste gagne Paris
L'extrême-droite gagne du terrain à Paris. | Par BRIAN_KINNEY / Adobe Stock
Riyad Hamadi
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Jusque-là épargnée par la forte montée de l’extrême-droite dans tout le territoire, la capitale française semble faire elle aussi de plus en plus de place au courant extrémiste.

À quelques mois des élections municipales de mars 2026, l’entrée du RN ou même du parti d’Eric Zemmour au conseil de Paris n’est plus exclue. La nouvelle est inquiétante pour l’issue du scrutin et de ceux qui suivront en 2027.

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Un sondage commandé par le Parisien, et dont les résultats ont été publiés samedi 13 décembre, crédite chacun des candidats des deux partis extrémistes de 7% des voix au premier tour. 

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Thierry Mariani (RN et UDR d’Éric Ciotti) et Sarah Knafo (probable candidate de Reconquête) obtiendraient à eux deux 14% des voix des Parisiens.

 Ils restent, certes, loin des favoris : le candidat que présentera la gauche sans LFI, donné en tête, et Rachida Dati des Républicains, deuxième. 

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Néanmoins, les deux partis d’extrême-droite, avec leurs voix réunies, feront mieux que la candidate LFI Sophia Chikirou et celui d’Horizons, Pierre-Yves Bournazel, soutenu par le camp présidentiel. 

Quatorze pour cent des voix peut paraître peu pour un courant qui pèse au moins le tiers de l’électorat français, mais à Paris, cela signifie beaucoup.

 Ville multiculturelle et concentrant une grande partie de la population d’origine immigrée dans sa périphérie et ses banlieues, la capitale française vote historiquement à gauche ou pour la droite traditionnelle. 

Ce sont les voix de Paris qui manquaient jusque-là au courant extrémiste. 

Une comparaison avec les dernières municipales permet d’illustrer l’importance des résultats du sondage de cette semaine et l’évolution du RN : en 2020, le candidat du parti des Le Pen avait fait à peine 1,5%. 

En six ans, le RN a fait une évolution fulgurante, passant à 7% des intentions de vote, et même au double en cumulant les voix du parti d’Eric Zemmour.  

France : montée inquiétante du courant extrémiste à Paris 

Les conséquences pourraient être d’abord sur la configuration du prochain conseil de Paris où 10% des voix sont nécessaires pour siéger. 

Avant même la publication du sondage, le sénateur communiste de Paris Ian Brossat a alerté sur le risque de voir la ville gérée par une alliance de droite et extrême-droite si aucune liste n’obtient la majorité absolue. 

Les déclarations de nombreux personnages des LR et du RN le laissent penser et les observateurs décèlent chaque jours des signes de ”porosité” entre les deux camps qui, sur plusieurs questions comme l’Algérie, l’immigration, l’islam ou la colonisation, ne font plus qu’un désormais.  

“Le cordon sanitaire semblait solidement ancré dans notre culture politique. Pour combien de temps ?”, s’alarme pour sa part le journal de gauche Libération. 

Paris et sa région constituent un enjeu crucial pour l’extrême-droite. Le journal Le Monde rappelait en février dernier qu’au lendemain des législatives de l’été 2024, un délégué du RN s’est plus réjoui de la première place décrochée à Plessis-Robinson, “la seule des trente-six villes des Hauts-de-Seine à avoir placé le parti extrémiste en tête”, que du record national de plus de 31% des voix réalisé par la liste menée par Jordan Bardella. 

Ceux qui s’inquiètent de cette montée de l’extrême-droite dans la capitale française songent évidemment aux législatives et à la présidentielle 2027.

 Les chiffres dévoilés signifient tout simplement que ce courant est en train de conquérir le dernier fief, le plus important, qui se dressait sur sa route vers le pouvoir. 

Le dernier verrou psychologique risque de sauter. 

Aussi, si Paris se met à votre RN ou Reconquête, ce serait un argument politique de moins à opposer au discours extrémiste.

 Jusque-là, il est relevé avec justesse que ceux qui connaissent et côtoient les immigrés ne cèdent pas aux mensonges du courant xénophobe sur l’immigration. 

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