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France : la triple peine des lycéens « racisés » des banlieues

Le Syndicat national des magistrats déplore une répression policière brutale contre les lycéens « racisés » des banlieues qui manifestent depuis plusieurs jours en France.

France : la triple peine des lycéens « racisés » des banlieues
Le Syndicat national des magistrats déplore une répression policière brutale contre les lycéens en France/Par Jacob Lund / Adobe Stock
Rafik Tadjer
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Dans le mouvement des lycéens qui secoue la France, les élèves des banlieues subissent la triple peine : en plus des conditions déplorables dans leurs établissements et leurs quartiers, ils font face au racisme et subissent une répression policière brutale.

Un jeune lycéen de 15 ans a été grièvement blessé lors d’une manifestation, a déploré ce lundi le procureur général de Béthune. « Malheureusement, nous avons eu un lycéen de 15 ans qui a été blessé gravement au cours d’une manifestation. Il a vu sa main être arrachée. Ses jours ne sont pas en danger », a déclaré Étienne Thieffry.

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Les préjugés qui accablent les jeunes des banlieues françaises ne les lâchent pas. Dès qu’une manifestation débouche sur l’émeute ou la dégradation de biens publics, tout leur tombe sur le dos, même lorsqu’il s’agit, comme c’est le cas de la contestation en cours dans les lycées, d’un mouvement d’ampleur nationale.

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Syndicat des magistrats : la répression touche les jeunes racisés des quartiers populaires

Ce n’est pas La France Insoumise (LFI) ou un autre parti de gauche qui le dénonce, mais le Syndicat de la magistrature. Alors que le mouvement est composé essentiellement d’enfants, “dont la protection ne peut être à géométrie variable”, les autorités ont sorti tout l’arsenal répressif habituel, “gazage des élèves, interpellations brutales, utilisation d’armes sublétales mutilantes”, déplore le syndicat dans un communiqué.

Plus grave encore, les forces de l’ordre ciblent particulièrement une frange des lycéens, ceux des quartiers défavorisés. “Ces usages manifestement disproportionnés de la force publique touchent d’abord et avant tout les jeunes racisé·es issu·es des quartiers populaires”, dénonce l’organisation des magistrats.

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“Alors que l’État est mis face à ses propres défaillances par la jeunesse, l’usage de la violence ne permettra pas de rétablir la paix sociale”, lit-on dans le communiqué.

Ségolène Royal : c’est “barbare ce qu’on voit dans les rues de Paris”

Ce lundi, la candidate à la candidature socialiste pour les prochaines présidentielles, Ségolène Royal, a dénoncé le traitement réservé aux lycéens révoltés.

“Ce n’est pas un régime autoritaire de mettre des menottes à des gamins de 14 ans ?”, s’est-elle interrogée sur France Inter, qualifiant de “barbare ce qu’on voit dans les rues de Paris”.

Sur les médias bollorisés, la contestation est traitée sous le prisme de la jeunesse des banlieues, non sans les discriminations habituelles. Des accusations de ”manipulation” par LFI sont lancées, mais pas que. Sur Europe 1, le politologue Michel Fayad a évoqué sans sourciller une “manipulation islamiste”.

Les musulmans encore au banc des accusés 

“Dans le mouvement, on a vu qu’il y a des Étudiants Musulmans de France, c’est-à-dire la branche jeunes de l’ex-UOIF, la branche française des Frères musulmans. (…) Il n’y a pas qu’une bataille contre la gauche, il y a désormais une influence islamiste sur le terrain (…) Il y a une participation des islamistes, parce que c’est ce qu’ils sont, dans le cassage des lycées et collèges”, a accusé Fayad.

Il ne s’agit pourtant pas d’un mouvement sectaire ou communautaire, mais d’une contestation d’essence et d’ampleur nationales dont la revendication principale est l’amélioration des conditions de scolarisation dans tous les lycées de France. Les contestataires veulent les mêmes chances partout et pour tous les lycéens, “dans les beaux quartiers de Paris” et “à Montpellier, Marseille ou Mayotte”, comme l’a expliqué à Radio France le président de l’Union syndicale lycéenne, le Franco-Algérien Ryad Rani.

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