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France : malgré une campagne hostile, un Franco-Algérien élu maire dès le premier tour

Malgré une campagne hostile et un contexte difficile, un Franco-Algérien a été élu, dès le premier tour, maire d’une ville française.

France : malgré une campagne hostile, un Franco-Algérien élu maire dès le premier tour
Âgé de 50 ans, le Franco-Algérien Kadir Mebarek était le maire sortant de Melun, sans avoir été élu / Source : Instagram Kadir Mebarek pour TSA
Ali Idir
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Le Franco-Algérien Kadir Mebarek a réalisé l’exploit d’être élu maire de Melun, une ville de plus de 45.000 habitants en région parisienne, dès le premier tour des élections municipales 2026, tenu dimanche 15 mars.

Mebarek a pu surmonter un double obstacle : le climat général d’hostilité à l’égard de l’Algérie et des Algériens, et les attaques qui le ciblent personnellement depuis des propos tenus en 2024.

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Cela ne l’a pas empêché de rafler, sous l’étiquette du parti Horizons, 51,7 % des suffrages exprimés dès le premier tour malgré la présence de cinq autres candidats. Mieux, il est le premier candidat à réaliser une telle performance dans cette commune depuis plus de 40 ans, lorsqu’un ancien ministre du général De Gaulle a été élu au premier tour en 1983.

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Âgé de 50 ans, le Franco-Algérien était le maire sortant de Melun, sans avoir été élu. En 2023, il a remplacé le maire élu Louis Vogel, devenu sénateur. Cette fois, il est élu sous son nom et de fort belle manière.

« Avec Melun terre d’avenirs (le nom de sa liste, ndlr), nous continuerons à transformer Melun », a-t-il clamé après sa victoire.

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« Les Melunais m’ont choisi pour moi, Kadir Mebarek. J’ai été en tête dans tous les bureaux de vote, quels que soient les milieux sociaux. Je suis le candidat qui rassemble le mieux les habitants », a-t-il dit, cité par Le Parisien.

Kadir Mebarek : « Nous les Algériens… »

Le père de Kadir Mebarek est arrivé en France, en provenance d’Algérie, en 1962. Mebarek est né en 1975 et a grandi dans une HLM d’un quartier populaire de Melun. Il y a fait toute sa scolarité.

Malgré des conditions sociales difficiles, il a réussi dans les études, jusqu’à devenir avocat. « Je ressens une grande fierté. Mes parents ne savaient ni lire ni écrire. Mais ils nous encourageaient à travailler, à réussir. Merci à eux », dit-il, reconnaissant.

Mebarek a toujours gardé un lien avec l’Algérie et c’est ce que lui reprochent ses détracteurs de l’extrême droite anti-algérienne. En septembre 2024, il a été attaqué avec véhémence pour avoir assisté à une rencontre de la communauté algérienne de sa ville en présence du consul d’Algérie au lendemain de l’ouverture d’un consulat d’Algérie dans la région.

Dans une allocution prononcée pendant la rencontre, il s’est présenté comme « Algérien ». « Nous, les Algériens ici en France, on est une communauté qui est relativement ostracisée, y compris par rapport à nos frères tunisiens ou marocains, on nous trouve toujours des poux dans la tête, on est toujours les mauvais garçons ou les mauvaises filles », a-t-il déclaré.

Les propos de celui qui était déjà maire de Melun depuis une année étaient largement repris par la sphère extrémiste pour remettre en cause sa loyauté et la France. Ils ont été ressortis à l’occasion de ces municipales 2026.

Mais en région parisienne, le discours de haine a plus de mal à passer que dans le reste de la France. À Saint-Denis, un autre candidat d’origine immigrée, Bally Bagayoko, de La France Insoumise (LFI), a été élu lui aussi dès le premier tour.

À la mairie de Paris, la candidate de droite Rachida Dati est largement distancée par le socialiste Emmanuel Grégoire. L’arbitre du second tour sera la Franco-Algérienne Sophia Chikirou (LFI), qui a obtenu 11,72 % des voix dimanche dernier.

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