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Francophonie : la candidature de l’Arabie saoudite divise

Le prochain sommet de la Francophonie, qui se tiendra les 11 et 12 octobre à Erevan (Arménie), étudiera la candidature de l’Arabie saoudite pour son entrée dans l’Organisation sous le statut d’« observateur ».

L’Arabie saoudite a déjà vu sa demande rejetée en 2016 par le Conseil ministériel de la Francophonie (CMF), officiellement pour « dossier incomplet ».

La demande de Riyad « divise les États membres »

En effet, l’organisation attend des pays candidats un « intérêt réel pour les valeurs défendues par la Francophonie », notamment en matière de droits de l’Homme, d’égalité homme-femme et de libertés. Or, l’Arabie saoudite est aujourd’hui classée parmi les pires pays en matière de droits de l’Homme, souligne France 24. C’est pourquoi « l’adhésion de l’Arabie saoudite divise les États membres », précise Pascal Airault du journal L’Opinion.

Bien que des efforts aient été entrepris par le royaume saoudien en matière de libertés (droit de vote des femmes aux municipales notamment), sa candidature continue à faire l’objet de blocages, malgré le soutien du Maroc, du Sénégal, du Bénin et du Gabon qui œuvrent pour son intégration.

Le financement d’écoles coraniques et d’universités islamiques soupçonnées de diffuser l’idéologie wahhabite est aussi un marqueur de réticences des membres étudiant les candidatures, explique France 24.

Malaise et silence des diplomates

Pour l’heure, aucun membre de l’organisation n’a voulu s’exprimer sur la candidature de l’Arabie saoudite.

La France, quant à elle, se retrouve en position délicate du fait des intérêts économiques qu’elle souhaite préserver avec le royaume saoudien. C’est pourquoi elle se refuse pour l’instant de préciser sa position quant à la candidature saoudienne : « Nous aurons à travailler avec le secrétariat général et les autres États membres pour nous exprimer sur ce sujet. Je ne vais donc pas le préempter plusieurs semaines avant Erevan », avait déclaré le président français Emmanuel Macron, lors de sa conférence de presse à l’ONU en date du 25 septembre.

Pour l’Arabie saoudite, intégrer l’OIF permettrait d’élargir sa zone d’influence dans la sphère francophone. À noter que le Qatar et les Émirats arabes unis font déjà partie de l’OIF. Les Émirats en tant que membre « observateur », le Qatar ayant obtenu contre toute attente le statut de « membre associé », sans passer par celui d’« observateur ».

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