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Gaid Salah dévoile le plan de sortie de crise de l’armée

Gaid Salah dévoile le plan de sortie de crise de l’armée

Le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, a réaffirmé ce lundi la volonté de l’institution militaire à ce que soient organisées des élections présidentielles « dans les plus brefs délais », rejetant une nouvelle fois l’éventualité d’une période de transition.

Il a également estimé que c’est au « nouveau président » de mener les réformes auxquelles aspire le peuple algérien, tout en laissant entendre que ces élections ne seront pas organisées avant « l’affranchissement de l’Algérie du vice de la corruption et des corrupteurs ».

« Nous ne nous lasserons jamais de dire que la priorité aujourd’hui consiste à accélérer l’élection d’un président de la République dans les délais possibles constitutionnellement et acceptables dans le temps. Ces délais ont atteint aujourd’hui leur limite et il appartient aux Algériens fidèles à leur patrie de trouver maintenant, la voie la plus efficace pour y aboutir », a affirmé le chef d’état-major dans une allocution prononcée en marge d’une visite de travail et d’inspection à Béchar, en 3e Région militaire, citée par un communiqué du ministère de la Défense nationale diffusé ce lundi.

C’est la première intervention publique du chef d’état-major depuis près de trois semaines.

« Ces voies qui mèneraient aux présidentielles ne peuvent se faire qu’à travers le dialogue dont les résultats pourront satisfaire la majorité du peuple algérien, soit des résultats consensuels pour aboutir à une solution consensuelle au service de l’Algérie et de ses intérêts », a indiqué le général de corps d’armée.

« L’organisation des élections présidentielles dans les brefs délais et dans les meilleures conditions de transparence et de crédibilité constitue un élément fondamental que requiert la véritable démocratie à laquelle ne croient pas, malheureusement, certains adeptes de la surenchère politique et idéologique qui considèrent les élections comme un choix plutôt qu’une nécessité », a déploré le vice-ministre de la Défense, estimant que « c’est là le summum du paradoxe intellectuel et politique, car il n’y a guère de démocratie sans élections libres et intègres, sauf si la démocratie signifie s’enliser dans le bourbier de la cooptation ».

« Pour rejoindre la rive d’une démocratie réelle dans toute sa mesure et sa dimension, il serait plus judicieux de dire qu’il y a lieu de réunir toutes les conditions nécessaires pour tenir des élections pluralistes, précédées par des discussions constructives et un dialogue serein et calme permettant au citoyen d’accorder sa voix à celui qu’il considère apte à conduire le pays sur la voie de la prospérité et du progrès », a préconisé le chef d’état-major de l’ANP, considérant qu’il s’agit de « l’axe principal autour duquel devront se fédérer toutes les énergies, avec détermination et résolution, voire avec abnégation, de façon à ne pas décevoir les attentes du peuple algérien ».

Ahmed Gaïd Salah a en outre invité le peuple algérien à « faire attention et prendre ses gardes de certaines personnes et entités qui continuent à faire montre d’une opposition fondée uniquement sur le dénigrement d’autrui ou la formulation de nouvelles revendications et de propositions qui ne sont guère adéquates voire pas du tout objectives, qui s’inscrivent dans le cadre des pratiques non constructives tendant sciemment à faire perdurer la crise que nous confrontons ».

« C’est au nouveau président seul que revient la tâche de traduire concrètement sur le terrain le programme détaillé et précis des réformes, sur lequel il aurait fondé sa candidature et que le peuple algérien élirait suivant le contenu de son programme », a affirmé dans ce cadre le chef d’état-major.

Lutte contre la corruption avant la tenue de la présidentielle

Évoquant les dossiers de corruption lancés par la justice, Ahmed Gaïd Salah a indiqué que « permettre à la justice de traiter les lourds dossiers de corruption et mener ses missions à terme, est un devoir national dont l’institution militaire ressent, devant Allah, l’histoire et le peuple, l’impératif d’accomplir, quelles que soient les circonstances ».

« Il apparaît clair aujourd’hui au peuple algérien à travers tous ces dossiers présentés devant la justice qu’il a été procédé par le passé et de manière délibérée, à la mise en place des conditions propices à la pratique de la corruption », a constaté le chef d’état-major.

« Partant du fait que la lutte contre la corruption n’admet aucune limite et qu’aucune exception ne sera faite à quiconque, cette voie sera celle que l’institution militaire veillera à entreprendre avec détermination, posant ainsi les jalons de l’affranchissement de l’Algérie du vice de la corruption et des corrupteurs avant la tenue des prochaines élections présidentielles », a affirmé Gaïd Salah, laissant ainsi comprendre que les élections présidentielles n’auraient lieu qu’après la conclusion de l’opération menée par la justice depuis plus d’un mois.

« L’heure des comptes est arrivée et le temps d’assainir notre pays de toute personne malhonnête qui s’est laissée tentée de troubler la vie quotidienne du peuple algérien par de telles pratiques et de tout ce qui a obstrué les horizons face aux Algériens et semé la peur, voire le désespoir en l’avenir », a soutenu le chef d’état-major.

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