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Gara Djebilet, son fer et son train : pourquoi tant de jaloux ?!

Dans cette contribution, l’ancien ministre des Transports Amar Tou, répond aux critiques qui ciblent le projet du gisement de minerai de fer de Gara Djebilet.

Gara Djebilet, son fer et son train : pourquoi tant de jaloux ?!
Gisement de Gara Djebilet : l’ancien ministre des Transports Amar Tou répond aux critiques. | DR
Amar Tou
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CONTRIBUTION. Devant le brouhaha,  le capharnaüm ‘’d’économisme’’  de conjoncture ‘’tik tokerique’’, actuellement ‘’en irritation’’ face aux larges manifestations de joie des populations algériennes, au sujet de la mise en exploitation du gisement de fer de minerai de fer Gara Djebilet et de la mise en service de la ligne de chemin de fer  pour le transport du minerai de fer vers les complexes sidérurgiques du Nord du pays, je me sens personnellement interpellé en ma qualité d’ancien ministre des Transports.

J’ai supervisé, de très près dans tous ses détails, de  juin 2008 à juillet 2010 date de sa mise en service, l’essentiel de la construction-rénovation de la ligne de chemin de fer  Arzew-Oran-Sidi Bel Abbès- Ras El Ma-Mécheria-Naâma- Ain Sefra-Béni Ounif-Béchar, longue de quelques 700 km qui vient d’être rejointe par la nouvelle et historique ligne ferroviaire Béchar-Tindouf-Gara Djebilet longue, elle, de 950 km et réalisée en un temps chimérique.

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           Je m’y sens également interpellé en ma qualité d’économiste spécialisé en politiques économiques et sociales comparées, précisément en politique d’industrialisation dans un pays, l’Algérie, en voie d’émergence.

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       Maintenant que la voie ferroviaire Béchar-Gara Djebilet est opérationnelle rejoignant à Béchar le réseau des chemins de fer de l’Algérie jusqu’en pleine Tunisie et que l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet est effectivement entré dans sa phase opérationnelle avec l’arrivée à Oran des premiers trains de minerai de fer, devrions-nous, naïvement, dormir sur nos lauriers en croyant définitivement abandonnés les  macabres calculs d’adversité à une réelle diversification de l’économie algérienne devant  solidement et irréversiblement consacrer la sacralité de sa souveraineté nationale dans son acception la plus large ?

    Ne s’avouant jamais vaincus, les tenants de l’Algérie définitivement sous développée et congénitalement dépendante de ‘’l’étranger’’, ne désarment jamais. Ils ne font que changer de fusil d’épaule pour espérer mieux faire mouche dans leur diatribe faute de pouvoir détourner l’Algérie de la poursuite acharnée de sa course vers la consolidation de sa souveraineté.

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 Désormais, ils portent leur action  sur le dénigrement  des avantages de cet historique exploit en un temps record :  

     Certaines argumentations dénigrantes se focalisent  sur la teneur en phosphore dans le minerai de fer qu’ils jugent excessif ce qui affecte, prétendent-ils, la qualité et l’utilisation du minerai en sidérurgie ;

     Tout autant désavoués par les faits et sans avouer leur total égarement, d’autres détracteurs désabusés par les faits, se reconvertissent opportunément en ‘’conseil économique’’ et en exclusive expertise  en microéconomie s’arrogeant, même, le monopole de prononcer l’impossible rentabilisation des infrastructures (voies ferroviaires et gares y compris les frais de leur entretien et de leur maintenance ainsi que ceux liés aux diverses énergies et traitement des eaux, etc…) ;

     D’autres encore, voulant certainement amortir la lourdeur de la précipitation de leur jugement réprobateur du succès réalisé, prônent la continuation de la voie ferrée Oran-Gara Djebilet en territoire mauritanien pour rejoindre la voie  ferroviaire transportant le minerai de fer mauritanien de Zouerate vers le port de Nouadhibou ; comme si les pouvoirs publics algériens étaient en panne de visions hautement prospectives.

             Des opportunistes  donneurs de leçons, impuissants devant l’éclatant succès de ce gigantesque projet, se voient contraints  à tout expliquer par le recours de l’Etat  algérien  au  principe de ‘’souveraineté industrielle‘’ au sein du plus large concept de ‘’souveraineté économique’’ pour, expliquent-ils, faire passer en second plan, le critère de rentabilité financière du projet qu’ils jugeaient irréalisable dans leur concept ‘’primitif’’ camouflant leur désaveu en faisant radicalement fi du concept d’intégration globale de l’économie;

Faut-il garder le gisement aux générations futures ? 

       D’autres ‘’esprits’’, par  « Eurêka » opportuniste à l’occasion, remettent sur la table le vieux débat autrefois fondamental  notamment dans la Charte nationale de 1976,  de tout mettre dans le concept de préservation des richesses nationales aux générations futures ; pourtant ce concept est actuellement  dépassé tel que développé dans notre contribution «Les Minéraux Industriels : entre thésaurisation et exploitation immédiate » du 5 janvier 2024, pour jouer sur la corde sensible des Algériens  en négation du pragmatisme qui, depuis, gagne de plus en plus profondément,  le jugement des Algériens.

      « At last but not least », des donneurs  de leçons  en  relations internationales tenant, eux aussi, à priver l’Algérie de tout atout  gagnant à la défensive et à l’offensive, vont jusqu’à qualifier de maladresse lourde de conséquences géopolitiques et sécuritaires, la mise en exploitation du gisement de fer en la considérant, étonnement,  comme  aggravante des tensions dans la région, voulant, dans leur reproche,  priver l’Algérie de toute garde d’auto défense et de la dépouiller de toutes armes offensives, drôlement en la conseillant de se dessaisir de ses biens miniers par leur non exploitation.

     Dans cette drôle de logique, des voix, aussi dénigrantes, se font, même, fortes d’une lecture sélectivement  biaisée, de dispositions de l’accord   du début des années 1970 relatif au tracé définitif  des frontières Ouest de l’Algérie, pourtant ratifiées et enregistrées à l’ONU.

        La présente contribution tentera de répondre à un ensemble de ces contrevérités et d’apporter l’éclairage nécessaire autour de l’événement historique que constitue la mise en exploitation effective du gisement de fer de Gara Djebilet et de la mise en service de la voie ferroviaire Béchar-Gara Djebilet inaugurant une étape hautement prometteuse dans l’histoire économique, sociale et géostratégique future de l’Algérie.

  Nous rappelons, à  cet effet, que l’année 2022 connut une ferme volonté  du président de la République à engager l’exploitation de ressources minières du pays et notamment les gisements de fer de Gara Djebilet dans la wilaya de Tindouf, de phosphate de Blad El Hadba à Djebel Onk dans la wilaya de Tébessa, de zinc et plomb de Thala Hamza-Oued  Amizour dans la wilaya de Béjaïa, de bentonite de Maghnia dans la  wilaya de Tlemcen, de baryte de Ain Mimoun dans la wilaya de Khenchela et  de Boukaid dans la wilaya de Tissemsilt, du gisement de manganèse de Kettara dans la wilaya de Béni-Abbès, d’or principalement dans la wilaya de Tamanrasset.

     Postérieurement en 2025, l’exploitation des terres rares vint s’y ajouter en donnant la priorité au lithium pour l’industrie des batteries électriques à l’effet, d’un côté, d’accompagner l’industrie des voitures en cours en Algérie et, de l’autre côté, pour s’intégrer dans le mouvement mondial en la matière, tout en préservant l’essentiel des autres terres rares aux générations futures.

  Nous nous limiterons ici, à cet effet, à répondre aux ‘’opportunismes’’ désapprouvant la stratégique décision d’engager immédiatement l’exploitation du gisement de minerai de fer  de Gara Djebilet qui ont, subitement, surgi dès que les signes probants de la fermeté avec laquelle les pouvoirs publics sous la houlette du président de la République, menaient, tambour battant, la construction de la voie ferroviaire Gara Djebilet-Béchar sur 950 kilomètres et devant acheminer le minerai de fer vers les régions Nord du pays pour y alimenter l’industrie sidérurgique qui, jusqu’à présent, était approvisionnée à partir de matières premières importées en devises fortes.

     Nous rappelons que ce gisement a été découvert en 1952. Sa non exploitation, jusqu’en 2021, peut, par hypothèse,  s’expliquerait par quatre handicaps  abusivement colportés en public et en privé : (a) l’éloignement du gisement des régions d’industrialisation et d’exportation de presque 1800 km des côtes Ouest de l’Algérie et de presque 2400 km du complexe sidérurgique d’El Hadjar-Annaba ; (b) la faible teneur, toute relative, en fer dans le minerai de fer brut ; (c) la teneur élevée, toute relative aussi, du phosphore dans ce minerai et ce, en raison des limites des technologies d’extraction et de traitement qui étaient disponibles durant les étapes précédentes, même si l’Algérie connaissait ses années fastes d’industrialisation durant la décennie 1970  dont, notamment, l’édification du complexe sidérurgique d’El Hadjar à Annaba et, enfin, (d) l’approche de développement économique depuis 1979 qui est en opposition totale avec celle des années 1967-1978  sous la haute ambition visionnaire de Houari Boumediene.

     Quant à la frilosité défaitiste que manifestent les opposants à l’exploitation du gisement de Gara Djebilet dans le seul mobile de priver l’Algérie de tout levier de diversification économique garante de son indépendance des hydrocarbures et de l’intégration de son économie, en se barricadant derrière les risques de déflagrations sécuritaires dans la région de Tindouf, trouve son pendant dans la remontée à la surface de ce qui était caché au sujet des relations algéro-marocaines, eu égard aux données géopolitiques relatives au droit du peuple du Sahara Occidental à l’autodétermination et à l’indépendance.

Ce que dit la convention algéro-marocaine de 1972

    Ce droit a toujours constitué un fond sournois chez le Maroc dans ses relations de coopération économique avec l’Algérie. Tout particulièrement, dans ses rapports avec la convention conclue le 15 juin 1972 entre les ministres des affaires étrangères du Maroc et de l’Algérie en application de « l’accord historique » intervenu à Tlemcen le 27 mai 1970 entre le Roi du Maroc Hassan II et le Président du Conseil de la Révolution, Président du Conseil des Ministres de la République Algérienne Démocratique et Populaire Houari Boumediene.

    L’option, consacrée dans la convention de 1972,  pour la création d’une Société Mixte algéro-marocaine (S.A.M) pour l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, propriété de l’Algérie et se situant sur son territoire, s’inscrivait, outre l’esprit coopératif et altruiste de l’Algérie, dans le nouveau climat des relations entre les deux pays qui  avait été  profondément gâté à la suite de l’agression expansionniste  marocaine de 1963 sur le territoire algérien dans la région.

      La convention, après ratification, fut publiée en date du 17 mai 1973(1), sous forme d’ordonnance, au journal officiel de la République Algérienne Démocratique et Populaire en date du 15 juin 1973.

Cette convention stipule, dans le quatrième paragraphe de ses attendus, faut-il le rappeler, que : « considérant que l’Algérie est propriétaire du gisement minier de fer de Gara Djebilet, situé sur son territoire et relevant de sa pleine et entière souveraineté ».  (2) Ainsi la désinformation  délibérément entretenue par la partie adverse non officielle en occultation de cette disposition phare et sinéquanone de cet accord, pourrait en constituer la grande manifestation de mauvaise foi. Car cette disposition hisse, tout haut, l’exclusive propriété algérienne du gisement de fer de Gara Djebilet pour barrer la voie à toute cupidité de quelque nature que ce soit.

     Cette convention maroco-algérienne n’évoque pas l’industrialisation (la transformation) du minerai de fer brut de Gara Djebilet. Elle met l’accent sur l’exportation de ce minerai par l’un des ports marocains du moment, situés sur  sa côte atlantique. Par contre,  le discours courant du côté algérien, en plus de l’exportation par cette voie d’une partie du brut du minerai, était d’industrialiser l’autre partie dans la logique de la politique d’industrialisation lourde qui atteignait son apogée durant la décennie 1970 sous la direction du défunt président Houari Boumediene et de son ministre de l’énergie et des mines, le défunt Bélaid Abdessalem.

       Quant aux dimensions du  gisement de minerai de fer,  ses réserves  prouvées  sont évaluées à 3,5 milliards de tonnes (parmi les trois plus grands au monde) pour la seule superficie qui a été étudiée.

Ce qui approximativement, représente, quelques 10 à 14 milliards de dollars d’exportations annuelles en contrepartie de quelques 40 à 50 millions de tonnes annuellement et progressivement extraits à compter de 2026.

Ceci  représente quelque 15 à 20 % de la valeur des exportations algériennes annuelles actuelles des hydrocarbures. En y ajoutant  la valeur des exportations en produits phosphatiers de Bled El Hadba (Tébessa) à compter de l’année prochaine (2027) et celles du zinc et plomb prévues à partir des gisements de Thala Hamza-Oued Amizour ( Béjaïa) à compter de la même année, la balance basculera, avec les exportations déjà réalisées à ce jour en d’autres produits, à plus de 50 % du total exporté aux dépens des exportations des hydrocarbures.

Des investissements de 20 milliards de dollars

Il est projeté que les investissements globaux pour l’exploitation du gisement s’élèveront à quelque 20 milliards de dollars pour extraire les 3,5 milliards de tonnes susvisés.

Quant à la teneur de fer et de phosphore dans le minerai brut de fer, de nombreuses recherches ont été faites jusqu’à 1964 puis en 1966 et qui furent reprises entre 1977 et 1979, en 1988, en 2007 et en 2008.

Les études effectuées en laboratoires permirent  de relever la teneur de fer de 57 % à 65 % et de réduire celle du phosphore à 0,30 % et même à 0,17 % qui demeuraient, toutefois, insuffisantes, principalement pour la teneur en phosphore.

Mais aujourd’hui, dans beaucoup de pays qui possèdent d’importants  gisements de minerai de fer, des instituts et laboratoires réussirent à développer des méthodes et systèmes innovants en direction de l’enrichissement en fer de ces minerais et de les débarrasser du phosphore pour atteindre les normes souhaitées. 

Le choix par l’Algérie de la Chine, comme partenaire ayant développé ses technologies dans ce domaine, pour l’exploitation du gisement de Gara Djebilet, vise, assurément, à atteindre cet objectif d’enrichissement de sa teneur en fer et de réduction de celle du phosphore. (3)

        Ainsi, les gesticulations abusives de spécialistes technologues et experts en économie trop expéditifs dans leurs jugements, doivent être actualisées et assorties d’excuses à l’adresse de l’opinion publique du peuple algérien.

        À ce jour, l’Algérie n’a pas abandonné sa conviction stratégique quant à l’option d’industrialiser, en très bonne partie, en attendant de le faire en totalité,  tout le minerai de fer brut extrait du gisement de Gara Djebilet, en exportant dans l’attente, une partie du minerai sous sa forme brute.

Cette industrialisation est actuellement rendue permissible par les grandes capacités industrielles sidérurgiques installées en Algérie d’une part et, d’autre part, par l’accroissement de la demande mondiale sur le minerai de fer et sur les produits sidérurgiques.   À cet effet :

         1.1- Le complexe sidérurgique projeté à Béchar dont les capacités ne sont pas encore déterminées, destiné à la production du fer à béton et, notamment, à la production des rails pour le chemin de fer (actuellement importés) nécessaires à satisfaire les besoins colossaux du plan stratégique national fort ambitieux pour l’extension du réseau ferroviaire au niveau national à plus de 15000 kilomètres à l’horizon 2030.

     Ce projet, éventuellement, entraînerait dans sa dynamique, la remise en exploitation du gisement de houille de Minounet (4) situé dans la région d’Abadla, mitoyenne de la ville de Béchar et qui fut fermé en 1962 comme celui de Kenadsa et d’autres, en préférence de l’énergie électrique produite à base de gaz à celle produite à base de charbon.

Il importe de souligner, à cet égard, que le complexe sidérurgique d’El Hadjar, récemment ressuscité, a recours à l’importation de charbon. Ce qui pourrait confirmer la nécessité de ressusciter ce gisement de charbon, en excluant l’idée de recourir à ce produit pour la production de l’électricité, comme tentait de le promouvoir quelques irrationnelles hypothèses ; ignorant que 99 % de l’électricité, utilisé actuellement en Algérie, sont produits à base de gaz.(5)  

        1.2- De leur côté, les besoins en minerai de fer du complexe sidérurgique Tosyali implanté à Bethioua (wilaya d’Oran), augmentent sensiblement, du fait de l’extension récente de ses capacités  destinées à la production de l’acier plat, en rapport avec les nouveaux besoins algériens que suscite l’industrie des voitures actuellement en fort développement  en Algérie.

Ce complexe industriel se classe parmi les sites sidérurgiques les plus grands au monde avec le traitement de plus de 6 millions de tonnes. Désormais, le complexe emploie les technologies les plus avancées au monde notamment en production de fer de réduction directe (DRI). 

Il a globalement créé quelque 6.000 emplois directs et indirects. Comme il importe de souligner que les exportations du complexe ont atteint un niveau de l’ordre de 1,5 milliard de dollars pour 2024.

        1.3- Viennent s’ajouter à ces capacités de production, celles que fournit le complexe sidérurgique algéro-qatari de Bellara situé à Jijel. A ce jour, le complexe fournit déjà quelque 2,5 millions de tonnes de différents produits en production de fer de réduction directe (DRI), en attendant la réception, sous peu, des capacités équivalentes pour atteindre des capacités totales  de production de l’ordre de 5 millions de tonnes.

         Il importe de rappeler que les complexes d’Arzew et de Bellara utilisent actuellement, comme matières premières, des déchets de fer de récupération en pellets importés, d’un tonnage de l’ordre de 12 millions de tonnes et d’une valeur estimée à un milliard de dollars, en attendant l’utilisation du minerai de fer du gisement de Gara Djebilet (6) en raison de la baisse du rendement des gisements de minerai de fer  de Ouenza-Boukhadra situés dans la wilaya de Tébessa et qui, en raison de la baisse de sa teneur notamment, ne peut même pas satisfaire  les besoins du complexe d’El Hadjar une fois remis en production à ses capacités nominales de l’ordre de 2 millions de tonnes d’acier.

         Ce qui portera les capacités de production d’acier de l’Algérie, déjà installées, à quelques 12 à 13 millions de tonnes en dehors des capacités de production attendues du complexe sidérurgique projeté à Béchar et des petites unités de production mixtes ou individuelles dont notamment celle de Naâma et Ain Témouchent.

Ceci augmentera d’autant, leur équivalent en besoins en minerai de fer qui ne saura être satisfait que par l’exploitation pleine du gisement de Gara Djebilet. Ce qui remet radicalement l’altruisme algérien qui caractérise la convention algéro-marocaine sus rappelée ; ne pouvant, d’un côté, exporter des matières premières pour, de l’autre côté, les importer.

     Quant aux absurdités liées à la soit-disant inadaptation des wagons au transport du minerai de fer, elles ne relèvent que de l’ignorance de leurs auteurs, ridiculement  instrumentées par des commanditaires, eux aussi, encore accrochés à de vieilles notions en la matière et totalement dans l’ignorance des phases retenues dans l’exploitation, le transport et le traitement industriel du minerai de de fer de Gara Djebilet et qui sont constituées de  trois phases :

         – une usine déjà en réception au niveau du gisement-même, destinée au prétraitement  du minerai brut pour le débarrasser de ses impuretés majeures ;

          – une usine située au niveau de Béchar qui est également en cours de livraison et qui est destinée à ‘’pelletiser’’ le minerai prétraité au niveau du gisement-même  (cad le mettre en forme de sphères agglomérées ou boulettes   dont le diamètre standardisé  se situe généralement entre 8 et 18 millimètres). Ces pellets en constituent la vraie matière première ; et, enfin,

     –  l’acheminement de ces pellets vers le complexe sidérurgique Tosyali de Bethioua  pour les différents usages sidérurgiques. 

         Durant ces trois phases, c’est une matière première nécessitant des wagons ‘’fermés’’, loin du transport du minerai en vrac tel que le croient les absurdités et ignorances qui se sont manifestées quand les paris de l’’impossible exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet se sont  avouées  ridicules ; les premiers trains de minerai n’étant que d’ordre expérimental créditant le défi qu’avait lancé le président de la République quant à l’exploitation du gisement de fer et à la mise en service du train devant transporter  ce minerai vers le Nord du pays

      Les détracteurs, commettant, aussi, dans leur diatribe, la maladresse primaire d’affecter ces infrastructures à la seule exploitation du gisement de fer, font la preuve de leur  ignorance que les infrastructures, dans leur acception universelle, sont largement financées sur dépenses budgétaires définitives  des Etats au profit de  l’économique, du social et de la sécurité de toute la collectivité  nationale.

A fortiori quand il s’agit de sortir toute une immense région du pays de sa relative excentricité géographique, de son enclavement et de tenir compte de sa haute  sensibilité géopolitique aux effets spécifiques sur les conditions de vie des populations.

  Ils commettent, aussi, dans leur précipitation, que la voie ferrée transportera les populations et les différents approvisionnements en carburants, en différents produits au profit des civils et des militaires, ainsi que toutes exportations vers l’Afrique de l’Ouest, lieux d’affrontements commerciaux de plus en plus fratricides moyennant la réalisation de grandes capacités de stockage et de logistiques.

         Accusant par ailleurs l’exploitation du gisement de minerai de fer de faire  fi de  l’impératif de rentabilité financière, les dénigreurs s’imposent une approche biaisée en n’y  intégrant que très partiellement les incidences financières de l’exploitation du gisement de Gara Djebilet.

Pourtant, les cas d’école de comparaison dans le monde occidental  nous interpellent de façon permanente, comme si, dans les mêmes formes et  selon les mêmes us,  l’exploitation de ce gisement excluait  cet impératif que consacre aussi bien le nouveau code des investissements de 2022 que la nouvelle loi monétaire et bancaire de 2023.

       Pour les mêmes motifs de dénigrement, nous nous attendons à revenir à la charge dans environ une année à l’occasion de la mise en exploitation du gisement de phosphate de Blad El Hadba-Djebel Onk  de Tébessa et la mise en service de la nouvelle ligne ferroviaire  électrifiée de 422 kilomètres qui y est en cours de réalisation  en double voies  et devant mener au port d’Annaba pour des usages industriels et d’exportation et pour le transport des personnes.

     Même si nous savons que les appréciations élogieuses des médias européens et américains spécialisés à l’égard de ces réalisations historiques de l’Algérie ne rentrent pas dans la grille de lecture des différentes catégories de dénigreurs alors qu’elles ont toujours leurs seules références, nous invitons, toutefois, tout le monde à en prendre connaissance, car c’est très rare que ces moyens médias disent du bien de notre pays. 

*Economiste, ancien ministre

Important : Les tribunes et contributions publiées sur TSA ont pour but de permettre aux lecteurs de participer au débat. Elles ne reflètent pas la position de la rédaction de notre média.

Notes

(1) Ordonnance n°73-21 du 14 Rabiâ Thani 1393 correspondant au 17 mai 1973, portant ratification de la convention de cooperation ente le Maroc et l’Algérie pour l’exploitation du gisement de Gara Djebilet signee à Rabat le 3 Joumadi Oula 1392 correspondant au 15 juin 1972

(2) Le journal Ec Chourouk. Interview avec un ancien ambassadeur algérien au Maroc

 (3) Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Agence thématique pour la recherché en technologies. Département de programmation des projets de recherché: traitement du minerai de Gara Djebilet. Code du projet: PEM012017:

(4) Algérie Eco. Gisement Minounet- Béchar-facebook/ https//www.elmoudjahid….

(5) Mohamed Arkab. Ministre algérien des l’énergie et des mines. Oran le 24 juin 2019. https//www.algerie-eco.com

(6)  Prix du fer de récupération importé est de 0,19 euro le kg ou l’équivalent de 190 euros la tonne ou 176,7 dollars au cours du 6 décembre 2023.

 

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