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Gaz de schiste : l’Algérie veut prendre son temps

Sidali djarboub/NewPress
Mustapha Guitouni, ministre de l’Énergie

Présent ce mercredi 17 janvier à Alger à l’occasion d’une conférence sur la stratégie de transition énergétique organisée par le FCE et Sonatrach, le ministre de l’Énergie Mustapha Guitouni a rappelé combien il était nécessaire pour l’Algérie de développer la production de gaz de schiste.

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Un destin inévitable ?

L’État algérien voit en l’exploitation du gaz de schiste une alternative de premier rang afin d’équilibrer la baisse de ses revenus pétroliers même si les recettes tendent à augmenter avec la hausse du prix du pétrole. Mais le gouvernement doit faire face à la réticence des populations vivant dans le secteur des gisements, craignant des impacts environnementaux. En 2015, plusieurs formations opposées à ce projet avaient appelé à des manifestations dans le sud du pays en solidarité avec les populations sahariennes où des forages expérimentaux avaient été réalisés par la Sonatrach et des partenaires étrangers.

Le ministre a néanmoins spécifié que le pays n’était pas « contraint à se précipiter pour lancer le développement et l’exploitation de ces ressources non conventionnelles d’hydrocarbures », expliquant qu’il est d’abord préférable de s’atteler à mieux connaître les caractéristiques de ce potentiel en vue d’assurer, à moyen et long terme, l’indépendance énergétique de l’Algérie. Peut-être s’y dirige-t-elle à pas feutrés, mais l’engagement du gouvernement vers la production du gaz de schiste semble un train déjà en marche et inarrêtable. « On va y aller et on doit y aller », avait d’ailleurs déclaré Mustapha Guitouni en octobre dernier, quand on lui demandait la position du gouvernement sur le gaz de schiste.

Le ministre a souligné l’intérêt économique que son exploitation présente. « Ces ressources non conventionnelles vont permettre la couverture des besoins énergétiques du pays à très long terme », a-t-il ainsi avancé.

Le défi de la transition énergétique

Au-delà des hydrocarbures, M. Guitouni a estimé que l’Algérie se doit de mobiliser toutes ses ressources notamment en ces énergies et ce, grâce au très vaste potentiel dont jouit le pays à travers le solaire, l’éolien ou la biomasse. Pour rappel, le programme du gouvernement adopté en 2011 et actualisé en 2015 prévoit au long cours le développement d’une capacité de 22.000 mégawatts (MW) d’électricité d’origine renouvelable. Un projet qui va permettre à l’État algérien de réaliser l’économie d’environ 300 milliards de m3 de gaz, soit un volume additionnel aux réserves du pays, équivalent de 7 à 8 années de consommation nationale actuelle de gaz.

Un potentiel à conquérir

Pour le ministre, aux réserves prouvées récupérables s’ajoute le potentiel appréciable de ressources d’hydrocarbures (probables et possibles) restant à découvrir, au vu du vaste bassin sédimentaire du pays, relativement peu exploré. Au-delà de ce potentiel, viennent s’ajouter, en termes de réserves conventionnelles d’hydrocarbures, celles résultant de l’accroissement du taux de récupération de gisements en exploitation. Une ressource estimée importante dont l’exploration permettrait d’améliorer le profil de production et les réserves nationales.

Par ailleurs, le pays dispose de réserves prouvées récupérables d’hydrocarbures de plus de 4000 milliards de Tonnes équivalent pétrole (TEP) dont plus de la moitié en gaz naturel. Selon le ministre, l’Algérie produit en moyenne ces dernières années autour de 150 millions de TEP dont environ 100 millions de TEP sont exportées. La capacité de production nationale devrait croître à moyen terme, au même titre que pour les exportations.

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