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Gazoduc TSGP Nigéria-Algérie : la guerre en Iran renforce son importance stratégique

La guerre en Iran représente une opportunité pour l’Afrique et confirme l’importance stratégique du gazoduc TSGP entre le Nigéria et l’Algérie via le Niger, analyse le SG de l'APPO Farid Ghezali.

Gazoduc TSGP Nigéria-Algérie : la guerre en Iran renforce son importance stratégique
« Le gazoduc transsaharien (TSGP) sera opérationnel en 2029 », selon l’APPO / Par Sergei Ryjkov | Dreamstime.com pour TSA
Badreddine Khris
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La guerre contre l’Iran fait trembler le marché énergétique mondial qui vit une « rupture historique », affirme le secrétaire général de l’Organisation africaine des pays exportateurs de pétrole (APPO), Farid Ghezali, qui souligne l’importance stratégique du gazoduc transsaharien TSGP entre le Nigéria et l’Algérie.

Dans un éditorial publié sur le site de l’APPO, Farid Ghezali revient sur les conséquences de cette guerre dans le Golfe sur les prix du pétrole et du gaz naturel qui commencent à prendre une courbe ascendante.

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Cette hausse des cours est essentiellement liée à la « paralysie » du détroit d’Ormuz, à cause de la guerre en Iran. Ce passage est considéré comme une « artère vitale », car il transporte 20 % du pétrole mondial, soit 17 millions de barils/jour, et un tiers du GNL (gaz naturel liquéfié), a-t-il expliqué.

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Les récents incidents sur la raffinerie saoudienne de Ras Tanura, d’une capacité de 550.000 barils/jour (b/j), actuellement à l’arrêt, et les installations de Qatar Energy, dont la production de GNL a été suspendue, ne font qu’aggraver « une crise d’approvisionnement sans précédent », constate Farid Ghezali.

Envol des cours de pétrole et du gaz

Le SG de l’APPO appuie son analyse par les statistiques qui prouvent l’envol enclenché par les cours. Ainsi, le baril du Brent se situe entre 80 et 82 dollars, en hausse de 13 % en 72 heures.

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« Le WTI (West Texas Intermediate) est à près de 72 dollars/b, le TTF gaz européen à 45 euros /MWh, tandis que le JKM Asie (Indice asiatique du GNL) a atteint 14,5 dollars/ Million de Btu », a précisé l’APPO dans son communiqué.

Si ce blocus perdure plus d’un mois, les cours vont encore augmenter jusqu’à 110, voire 150 dollars/b, avec une récession mondiale probable de -2 % du PIB global, a estimé la banque d’investissement américaine Goldman Sachs, citée dans l’édito de ce spécialiste algérien.

Le groupe des huit pays de l’OPEP+, dont l’Algérie, a augmenté ses quotas de 206.000 b/j dès avril, mais la compagnie pétrolière saoudienne Aramco ne peut exporter à cause de la situation de blocage du détroit d’Ormuz, a souligné le SG de l’APPO, qui a fait savoir que le fret via le Cap de Bonne-Espérance a connu une hausse de +300 %.

Pour Farid Ghezali, les chocs que subit en ce moment le marché mondial de l’énergie vont s’inscrire dans la durée et ne sont pas liés à la conjoncture actuelle. Ils sont le prélude des équilibres géopolitiques et commerciaux de l’énergie pour la décennie à venir, a-t-elle prévu.

Des opportunités pour l’Afrique

Dans cette conjoncture, l’Afrique devient l’élément central, estime le SG de l’APPO, citant les exportations atlantiques du Nigeria (1,8 Mb/j), de l’Algérie (1 Mb/j), de l’Angola (1,2 Mb/j), du Gabon et du Congo, qui ont été réalisées loin du conflit. Avec ses réserves gazières (8 % des réserves mondiales) et ses 125 milliards de barils pétroliers, le président de l’APPO qualifie l’Afrique de « variable d’ajustement indispensable ».

Le continent pourra bénéficier ainsi de revenus immédiats en hausse de +25 % sur le GNL spot du Nigeria et du Mozambique et de +18 % pour le brut de l’Algérie et de l’Angola, selon lui.

Cette situation de guerre au Moyen-Orient va également réorienter la demande, notamment de la part de l’Europe qui augmentera de 30 %, et celle de l’Asie de 40 % pour le spot Nigéria, selon le spécialiste. Ce qui donnera lieu à des excédents budgétaires et permettra à des pays comme l’Algérie d’augmenter son PIB de 3 points.

Autant d’opportunités qui se présentent ainsi à l’Afrique. « Face à une Europe touchée (stocks TTF à 75 % de capacité), une Asie en manque de produits (Chine : +20 % importations urgentes), et des USA mobilisant 600 millions de barils stratégiques, l’Afrique doit parler d’une seule voix », a plaidé le président de l’APPO dans son éditorial.

« Le gazoduc transsaharien (TSGP) sera opérationnel en 2029 », selon l’APPO

Une chance que doit saisir l’Afrique qui exige, toutefois, l’accélération dans la mise en place des infrastructures, remarque-t-il. De par son importance, il cite le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) traversant le Nigéria et l’Algérie via le Niger, dont les travaux seront lancés après le mois de Ramadan 2026.

La compagnie pétrolière algérienne Sonatrach entamera l’installation du pipeline dans la partie nigérienne, a annoncé le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le 16 février dernier, lors de la visite de son homologue nigérien en Algérie.

Sur une distance de 4.200 km, il n’en reste que 1.800 km à réaliser de ce gazoduc, avait indiqué le ministre algérien des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab.

Le projet qui s’étend, d’Abuja au Nigéria aux côtes algériennes, est destiné à l’exportation du gaz nigérian vers l’Europe. Un volume d’environ 30 milliards de m³ de gaz naturel sera ainsi acheminé du Nigeria vers l’Europe, via le Niger et l’Algérie. Le président de l’APPO a indiqué que ce projet sera opérationnel en 2029.

Farid Ghezali a cité deux autres projets gaziers stratégiques : « Le gazoduc ouest-africain : extension Ghana-Nigeria-Côte d’Ivoire (+10 milliards de m³/an) et le hub GNL : Mozambique (Rovuma 20 Mt/an), Nigeria (Train 7 Nigeria LNG), Sénégal (Sangomar) ».

Le projet utopique marocain de construire un gazoduc entre le Nigéria et le Maroc via plusieurs pays africains, dont le Sahara occidental occupé n’y figure pas.

« Nous ne nous contenterons pas de vendre des barils et du méthane. L’APPO orchestre une souveraineté énergétique panafricaine », a relevé Farid Ghezali.

Chaque baril nigérian vendu, chaque mètre cube algérien commercialisé et chaque cargaison angolaise acheminée « doit bâtir des routes, des écoles, des hôpitaux, des usines, le futur prospère des enfants en Afrique », a-t-elle conclu.

Lien permanent : https://tsadz.co/1s20l

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