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Guerre contre Gaza : l’image d’Israël s’effondre dans le monde

En mettant la bande de Gaza aux bombardements et sa population à la famine, Israël paraît comme un monstre aux jeux des opinions publiques dans le monde.

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L’image d’Israël s’effondre dans le monde | source : Adobe Stock
Karim Kebir
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Jamais, sans doute, depuis sa création, l’image de l’entité sioniste, engagée depuis bientôt deux ans dans une entreprise génocidaire à Gaza, n’a semblé aussi abîmée.

À quelques jours de l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies, où nombre de pays s’apprêtent à reconnaître l’État palestinien, Israël, qui bénéficiait jusqu’ici d’un soutien sans faille de la part de l’Occident, se retrouve aujourd’hui confronté à des critiques croissantes, à un isolement diplomatique et à la menace de sanctions économiques.

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En raison de son jusqu’au-boutisme dans la guerre qu’il mène contre l’enclave palestinienne de Gaza, et de son entêtement à poursuivre cette offensive au mépris de la légalité internationale, Israël voit son image complètement écornée, y compris parmi ses soutiens traditionnels. Premier à faire ce constat amer : le président américain Donald Trump, longtemps perçu comme l’un des plus fervents soutiens de Tel-Aviv.

Dans une interview accordée au site Daily Caller, il a estimé que la poursuite de la guerre à Gaza « nuit à l’image d’Israël » et que, si ce dernier « peut remporter la guerre sur le plan militaire, il est en train de perdre ses relations internationales ».

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Trump a rappelé que l’influence israélienne au Congrès américain a considérablement reculé par rapport à il y a vingt ans : « Israël avait autrefois le lobby le plus puissant à Washington. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas », a-t-il affirmé, en soulignant que le soutien populaire, notamment chez les jeunes républicains, s’effritait rapidement.

 

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Un déclin qui s’accélère

 

Ses propos trouvent écho dans un sondage du Pew Research Center publié en mars : 53 % des Américains ont désormais une vision négative d’Israël, contre 42 % en 2022.

Chez les Républicains de moins de 50 ans, la moitié expriment une position défavorable, alors qu’ils n’étaient que 35 % trois ans auparavant. Même constat chez le quotidien israélien Yediot Aharonot. Dans un rapport, repris par le journal « El Qods », il relève que le statut international d’Israël, déjà fragilisé depuis octobre 2023, est entré dans une phase de déclin plus aigu.

Et à mesure que l’armée israélienne, sourde aux appels à la raison, intensifie ses opérations, les critiques émanant de ses soutiens traditionnels s’accentuent.

Les accusations de « génocide » formulées à Paris par la vice-présidente de la Commission européenne, Teresa Ribera, se déclinent, à ce titre, comme un tournant.

Plusieurs pays européens — la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Espagne et même l’Italie — ont, en effet, durci leurs positions vis-à-vis d’Israël en brandissant des sanctions économiques et des restrictions diplomatiques ou en dénonçant les bombardements et la colonisation.

À cela s’ajoute la rupture décidée par la Turquie, qui a suspendu ses relations économiques et fermé son espace aérien aux avions israéliens.

Cette détérioration de l’image d’un pays présenté par l’Occident jusqu’il n’y a pas si longtemps comme un modèle de démocratie tient en grande partie à la poursuite de la guerre à Gaza, une région dévastée soumise à la pire des souffrances par le gouvernement de Benyamin Netanyahu.

Les images de famine touchant notamment les enfants, les destructions massives d’infrastructures comme les hôpitaux, les assassinats de journalistes, les milliers de victimes civiles et l’empêchement de l’aide humanitaire internationale ont fini par alimenter une vague de condamnations et susciter l’indignation des opinions publiques dans le monde.

De plus en plus de gouvernements, y compris parmi les plus complaisants, dénoncent désormais le caractère « disproportionné » des opérations israéliennes et la « folie meurtrière » d’Israël.

 

Tournant

 

Cette remise en cause intervient alors qu’une séquence diplomatique cruciale doit s’ouvrir à l’ONU le 22 septembre prochain : une conférence sur la « solution à deux États », coprésidée par le président français Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. On s’attend à une vague de reconnaissances de l’État palestinien.

De nombreux pays ont déjà exprimé leur intention de franchir le pas : la France, la Belgique, l’Australie, le Canada, ainsi que l’Espagne et le Royaume-Uni.

Dans les déclarations européennes, cette reconnaissance est souvent assortie de l’exigence d’un « changement de cap » de la part d’Israël.

Mais il est peu probable que Tel-Aviv y consente : un arrêt de la guerre exposerait Benyamin Netanyahou à des poursuites judiciaires tant au plan national qu’international.

Les Américains connaissent bien la psychologie des faucons de Tel-Aviv. Récemment, le secrétaire d’État Marco Rubio a mis en garde Paris et ses partenaires : la reconnaissance de la Palestine pourrait pousser Israël à riposter par une annexion de territoires en Cisjordanie.

Mais avec le recul de son influence au sein de l’opinion américaine, l’hostilité croissante dans le monde, les sanctions potentielles et le changement de ton de nombreux pays occidentaux, Israël apparaît plus que jamais isolé.

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