Consommation

Hausse des prix de l’eau minérale et d’autres produits de large consommation

La hausse des prix des produits de consommation se poursuit, ce qui met à rude épreuve le pouvoir d’achat des Algériens, dans un contexte de crise économique sans précédent.

Ifri, Guedila, Saïda, Toudja, Lalla Khedidja, Messerghine,  Ovitale… Il y a la petite bouteille minérale de 50 cl en plastique qu’on achète chez l’épicier du coin lorsqu’on a une petite soif, dehors. Il y a les packs des six grandes bouteilles (d’un litre et demi chacune) qu’on transporte à la maison pour la consommation quotidienne de notre famille.

Il y a quelques jours, en passant à la caisse, les consommateurs ont eu la désagréable surprise de constater une augmentation de 20 % sur leur bouteille ou pack d’eau.

Une hausse qu’ils ont du mal à « digérer »  et à comprendre surtout qu’elle vient s’ajouter à la longue liste des hausses observées ces dernières semaines sur la quasi majorité des produits de large consommation tels que le lait, les huiles de tables, les pâtes alimentaires…

Mohamed Deramchi, directeur général de l’Agir, (Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau), en avait fait l’annonce vers la mi-janvier : les producteurs d’eau minérale devront s’acquitter d’une redevance de 2 DA par litre, pour l’utilisation du domaine public hydraulique naturel. Voilà, c’est fait ! Et ces mêmes producteurs n’ont pas tardé à répercuter cette augmentation sur les eaux minérales qu’ils commercialisent. Toutes les marques sont concernées : Ifri, Guedila, Saida…

La petite bouteille de 50 cl d’Ifri, Guedila, Saida se vend jusqu’à 30 DA. Les fardeaux de 6 bouteilles d’un litre et demi passent, quant à eux, de 180 à 200 DA et même à 220 DA dans certaines superettes. La bouteille d’un litre d’eau pétillante se vend 50 DA l’unité au lieu de 40 DA.

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Tout flambe

Les consommateurs que nous avons rencontrés dans des superettes d’Alger sont dépités par ces hausses qu’ils n’arrivent pas à expliquer. « Ces eaux proviennent de sources naturelles. Je ne comprends pas pourquoi elles coûtent si cher », s’interroge une dame.

Un autre client se résigne : « Je me méfie de l’eau du robinet. J’ai une peur bleue de chopper des maladies. Je continuerai donc à acheter de l’eau minérale même si je dois la payer plus cher ».

Un sexagénaire trouve quant à lui ces augmentations révoltantes : « La grande bouteille de Saïda qu’on achetait 25 DA autrefois a connu une majoration de 10 DA, c’est énorme et c’est révoltant. Si la qualité de l’eau du robinet était bonne comme dans certains pays, nous n’aurions pas eu besoin de nous ruiner pour notre consommation journalière ! »

D’autres produits de large consommation ont connu une importante envolée ces derniers jours, à l’instar des produits laitiers. Par exemple, le pack de lait « Soummam » a augmenté de 15 DA, passant de 85 à 100 DA. Les produits dérivés de cette marque comme les yaourts, crèmes desserts ou fromages-régime ont également fait le grand écart avec une hausse de 5 DA.

Le label Candia avait déjà augmenté, fin décembre : le prix du pack de lait de 90 DA est passé à 100 DA. Certains commerçants véreux le proposent même à 110 DA, avons-nous constaté durant notre tournée dans les superettes de la capitale.

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Ça frite pour l’huile de table

Au rayon pâtes, les prix montent également en flèche. Un paquet de 500 gr de spaghettis, coquillettes, pennes, torsades (marque Sim et Mama) qui coûtait 55 DA auparavant, se vend actuellement entre 75 et 80 DA. La marque  Garrido caracole quant à elle à 125 DA le paquet de 500 grs.

La hausse des prix des pates est due principalement à la décision du gouvernement prise en septembre dernier de supprimer la subvention au blé dur utilisé dans la fabrication des pâtes, et au blé tendre destiné à la fabrication du pain normal. Cette mesure, qui a été supprimée deux mois après, a obligé les fabricants à utiliser du blé non subventionné pour fabriquer leurs pâtes.

En plus, les difficultés du groupe Benamor, qui était le leader national des pâtes alimentaires, ont réduit l’offre sur le marché. Les dérivés des céréales du groupe Benamor, dont les moulins rencontrent des difficultés pour s’approvisionner en blé, ont quasiment disparu du marché.

Toutes ces augmentations qui s’enchaînent, et qui touchent de plus en plus de produits de première nécessité,  mettent à mal le budget des familles aux ressources modestes.

A cela il faut ajouter les légumes, les fruits et les viandes dont certains n’ont pas vu la couleur depuis très longtemps dans leurs assiettes. Jusqu’à quand cette inflation qui déstabilise le pouvoir d’achat des citoyens ? A l’approche du ramadhan, la mercuriale risque de s’emballer encore plus vite.

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