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Idir, la vie d’un artiste à la carrière exceptionnelle

Le chanteur Idir, de son vrai nom Hamid Cheriet, est décédé ce samedi à l’âge de 70 ans à Paris après avoir été hospitalisé vendredi suite à une fibrose pulmonaire dont il souffrait depuis plusieurs mois. Il a produit onze albums durant sa carrière qui s’est étendue sur plus de quarante ans.

Né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, à 35 kilomètres de Tizi-Ouzou, Idir fait des études de géologie. En 1973, il remplace au pied levé la chanteuse Nouara à Radio Alger. Alors qu’il effectue son service militaire, sa chanson en langue berbère « Vava Inouva » fait le tour du monde à son insu. Deux ans plus tard, Idir est sollicité par la maison de disques Pathé Marconi et il rejoint Paris afin de produire son premier album, intitulé « Vava Inouva » du nom de la chanson éponyme, qui sortira en 1976.

Idir sort son deuxième en 1979, intitulé « Ayarrach Negh ». Il disparait cependant de la scène publique en 1981 pour ne revenir que dix ans plus tard, en 1991, avec la sortie d’une compilation de 17 chansons de ses deux premiers albums. L’artiste sort en 1993 un album intitulé « Les chasseurs de lumière ». Il sort en 1999 un album intitulé « Identités », sur lequel participent à ses côtés des artistes tels que Manu Chao, Dan Ar Braz, Maxime Le Forestier, Gnawa Diffusion, Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’Orchestre national de Barbès.

Le chanteur algérien publie en 2002 l’album « Deux rives, un rêve » dans lequel participe notamment Jean-Jacques Goldman. En 2007, Idir sort l’album « La France des couleurs » en pleine campagne présidentielle française, dans lequel participent plusieurs artistes tels que Zaho, Grand Corps Malade, Akhenaton, Tryo ou encore Kenza Farah.

Il publie son dernier album en 2017. Intitulé « Ici et ailleurs », l’album voit la participation de plusieurs artistes tels que Francis Cabrel, Patrick Bruel, Charles Aznavour ou encore Maxime Le Forestier. Après 38 ans d’absence, Idir effectue son grand retour à Alger en janvier 2018 à l’occasion de Yennayer pour un concert qui fera figure d’adieux à son pays.

L’une des dernières interventions publiques d’Idir lui servira à faire part de son admiration pour le mouvement de contestation populaire ayant débuté en Algérie le 22 février 2019.

« J’ai tout aimé de ces manifestations : l’intelligence de cette jeunesse, son humour, sa détermination à rester pacifique (…) J’avoue avoir vécu ces instants de grâce depuis le 22 février comme des bouffées d’oxygène. Atteint d’une fibrose pulmonaire, je sais de quoi je parle. Si mes soins et mes dates de concert ne me maintenaient pas en France, je partirais rejoindre immédiatement ces manifestants que j’admire », affirmait l’artiste en avril 2019 dans les colonnes du JDD.

« De toute façon, nous sommes condamnés à réussir. Continuons donc à réfléchir en termes de nation algérienne vers le progrès. Si nous restons unis, rien ni personne ne pourra nous défaire », avait conclu Idir.

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